‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 95 sur 221 · DE TROIS ANS ET DEMI · texte numérisé non relu

DE TROIS ANS ET DEMI

Cor RACE, allons , bonne Liline j

Ta genrille petite mine

Promet *et tiendra, je le crois.

De trois printemps et tpielques mois

Ton existence se compose,

Et de'jà ton cœur se dispose

A nous enchaîner sous ses lois !

C'est fort bien ; marclie sur les traces

De celle dont tu tiens le jourj

Imite son esprit, ses grâces ,

Comme elle captive l'Amour j

Mais abandonne , sans retour ,

Ton penchant à la jalousie :

Vivre avec cette frénésie,

C'est vivre et mourir tour à tour !

Ne puis-je donner à ta mère

Le doux baiser qui part du cœur ,

Sans que , d'un petit air colère ,

Tu me dises : Hé bien^ monsieur?

Ne puis-je enfin, seul avec elle, Causer un moment en secret, Sans que , Toeil et Toreille au guet.

Tu sois, se'vère sentinelle, Le seul être qui nous décèle.

Et rende notre amour muet ?

Je puis , sans blesser la constance , Te voir et la voir chaque jour.

Les baisers qu'on donne à Tenfanco Ne sont pas les baisers d'amour j Ils sont la douce récompense D'un cœur pur, franc, plein de pitié > L'hommage fait à l'innocence Et le tribut de l'Amitié.

Pour toi je n'en suis point avare ; Tu l'éprouves quand je te vol....

Mais dis-moi donc aussi pourquoi.

Et par quel caprice biîarre , Dans mes écrits quand je compare Ta mère a la reine des fleurs , Sembles-tu répandre des pleurs ?

Que te font œeis vêts et ma prose.

Dictés sur l'un ou Tautre ton ?

Crois-tu qu'on puisse aimer la rose , Et ne pas aimer le bouton?

Allons , Allons , sois moins sévère , Et cesse enût de t'alarmer

Des soins que l'on rend à ta mère.

Ta surveillance aurait beau faire j Dès qu'on la voit, il faut l'aimer.

Pour ses amis toujours la même, Bonne et belle sans le savoir, Elle nous plaît sans le vouloir.

Aussi sans le vouloir on l'aime.

Tu lui ressembleras un jour, Tu connaîtras du dieu d'Amour La loi tant douce et tant cruelle ; Avec franchise et sans de'tours Tu seras aimable comine elle.

Comme elle on t'aimera toujours ; Mais abandonne ta chimère.

Et cesse , à peine à trois printemps, D'être jalouse de ta mère, Car tu le serais trop long-temps.

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