‹ Contes arabes. Histoire des dix vizirsChapitre 24 sur 59 · QUATRIÈME JOURNÉE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME JOURNÉE

De la douceur et de la temporisation.

Le quatrième jour, le quatrième vizir qui s'appelait Rouchâd a4 se présenta devant roi, se prosterna et dit : « Seigneur, ne te laisse pas tromper par les récits de ce jeune homme; car, tant qu'il restera vivant, le peuple ne cessera de parler de lui et ton cœur en sera préoccupé. »

« Par Dieu, répondit le prince, tu as raison; je vais le faire venir aujourd'hui et mettre à mort devant moi. » Puis il donna Tordre d'amener le prisonnier qui comparut enchaîné. « Malheur à toi, s'écria Azâdbakht; crois-tu donc pouvoir me séduire par tes récits et passer tes jours à parler. Je

vais te faire exécuter aujourd'hui et je serai débarrassé de toi. »

« Sire, répliqua le jeune homme, tu peux me faire mourir quand tu voudras, mais la précipitation n'amène rien de bon, et la patience est le propre des hommes généreux.

Si tu me tues , tu t'en repentiras et , quand tu voudras me faire revivre, tu ne le pourras pas; quiconque agit avec précipitation éprouve les mêmes infortunes que le prince Behzâd a5 . »

« Qu'est-ce que l'histoire du prince Behzâd et de sa précipitation? » demanda le roi.

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