ET DE SON VIZIR
Prince, que Dieu éternise ta puissance, Il existait dans le Thabaristân 3o un roi appelé Dâdbin qui avait deux vizirs; l'un se nommait Zoukhân, l'autre Kerdân 3 \ Le premier était père d'une fille qui n'avait pas sa pareille au monde pour la beauté, la chasteté et la piété; elle passait sa vie a jeûner, à prier et à adorer Dieu très haut. Son nom était Aroua. Le roi Dâdbin eut connaissance de ses qualités ; son cœur s'attacha à elle, il la demanda en mariage à son père :
a Je désire épouser ta fille, • lui dit-il.
« Prince, répondit le vizir, permets-moi
de la consulter, et, si elle y consent, je te la donne. »
« Hâte-toi, » reprit le roi.
Zoukhân alla la trouver et lui fit connaître la demande de Dâdbin.
o Mon père, répliqua la jeune fille, je ne veux pas d'époux; mais, si tu me maries, que ce ne soit qu'à un homme qui soit mon inférieur et que je surpasse en noblesse ; de la sorte, il ne me quittera pas pour une autre et ne s'enorgueillira pas devant moi. Autrement, je ne serais près de lui qu'une esclave. »
Son père alla rapporter au prince ce qu'il avait entendu ; toutefois l'amour et la passion du roi ne firent qu'augmenter, il dit à Zoukhân : « Si tu ne la maries pas de bon gré avec moi, je la prendrai de force. »
Le vizir retourna vers sa fille et lui fît connaître ces paroles, mais elle répliqua :
« Je ne veux pas me marier. » Le père alla encore rapporter ce refus à Dâdbin qui s'irrita contre lui et lui adressa des menaces.
Le vizir emmena sa fille et prit la fuite. A cette nouvelle, le prince fit partir des troupes pour'les poursuivre et les ramener : luimême sortit pour les rejoindre, s'empara