‹ Contes arabes. Histoire des dix vizirsChapitre 49 sur 59 · DEUXIEME JOURNEE · texte numérisé non relu

DEUXIEME JOURNEE

16. Le texte arabe porte Behroun, qu'il faut probablement corriger en Behrévan fBon esprit). Le nom du vizir n'est pas donné dans les textes persans.

17. Dans toutes les rédactions persanes, ce conte est placé dans la huitième journée, en réponse aux arguments du huitième vizir. Le texte de Habicht, où il occupe les nuits 444-448, et celui du British Muséum s'accordent avec l'édition de Knœs. Les deux enfants n'y portent pas de noms, tandis que dans les autres versions, sauf peutêtre celle en ouïgour, ils sont appelés Rouzbeh et Behrouz (Jour heureux et Heureux jour). On peut aussi relever quelques différences dans les détails : ainsi le joaillier n'obtient pas la permission de retourner dans sa patrie : il fait venir sa femme et ses deux fils, et c'est en allant audevant d'eux qu'il rencontre au matin ces derniers, non sur un bateau, mais au bord de la mer, près de l'endroit où, la veille, il a oublié une bourse d'or. Behrouz est adopté par un roi, à qui il succède ; Rouzbeh, devenu plus tard son favori, n'est pas victime de la perfidie des courtisans : il

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est arrêté par les gardes qui le trouvent armé sur la terrasse du palais, près du roi endormi ; son supplice est différé à cause d'une guerre que Behrouz a à soutenir contre un prince voisin. On remarquera que, pour le fond, cette histoire ne diffère guère de celle qui sert de cadre à ces récits.

18. Le rédacteur anonyme de ce conte a peut-être imité le passage de Kalilah et Dimnah (chap. v, éd. de Boulaq), où Dimnah, par ses calomnies, met en garde l'un contre l'autre le lion et le taureau et sème ainsi la division entre eux. Une aventure semblable arriva sous le règne du Khalife El Motaouakkel, lorsque ses courtisans cherchèrent à perdre dans son esprit Boghâ l'aîné, un des chefs de la milice turke (cf. Maçoudi, Prairies d'or, éd. Barbier de

Meynard, t. VI, chap. cxvn. pp. 259-262). On sait qu'une

perfidie de ce genre amena l'assassinat de l'empereur Aurélien (Flavius Vopiscus, Vie d'Aurélien, dans l'Histoire auguste, ch. xxxvi).

19. La situation du fils du joaillier, devenu roi et sur le point de tuer son frère qu'il ne connaît pas, se retrouve dans un chant populaire grec : Les deux frères, dont l'un, devenu capitaine de voleurs, tue son frère qui s'est fait muletier (Marcellus, Citants populaires de la Grèce moderne, p. 146). Les reconnaissances de frère et de sœur, d'enfants et de parents, font le sujet de nombreux contes et chansons en russe, en espagnol, en français, en grec, en allemand, etc. Cf. de Puymaigre, Les vieux auteurs castillans, t. II, chap. xn. Dans un conte berbère que j'ai recueilli à Frendah, d'un individu de Bou-Semghoun, qsar du sud oranais, toute une famille, dispersée depuis des années, se retrouve et ne se reconnaît que par le récit fait par chacun de ses aventures.

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