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LA CHANSON DU HUSSARD

J'ai fait en physique une admirable découverte, qui éclipsera l'invention de Niepce et de Daguerre. Grâce

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aux phénomènes que j'ai étudiés et classés, toutes ces vieilleries qu'on nomme morale, politique, littérature, feront désormais partie des sciences naturelles; la physique sera la loi suprême de l'humanité. Le mémoire que je destine à l'Académie des sciences n'est pas achevé ; ce grand œuvre est encore un secret, mais je compte sur la discrétion du lecteur. J'espère qu'on ne me trahira pas.

Il résulte de mes nombreuses observations, poursuivies durant plus de trente ans, que l'espèce humaine, hommes et femmes, forme deux grandes familles qui vivent mêlées, mais qui sont entièrement distinctes, et plus opposées que le jour et la nuit. A la première catégorie, que provisoirement j'appelle lumineuse, appartient, la race qui s'imprègne de soleil, ce qui explique comment les individus de cette race électrisent ce qu'ils approchent et répandent autour d'eux la chaleur, l'éclat et la vie. Ce sont les poètes, les artistes, les inventeurs, les apôtres, les patriotes, les amoureux et autres fous de même sorte. La seconde catégorie, qui n'a de nom dans aucune langue, mais qu'on pourrait appeler réfractaire, comprend ces individus que je crois pétris de terre et de

neige fondante, car ils distillent partout l'humidité,

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le froid, le brouillard et l'ennui. Ce sont les impuissants, les envieux, les critiques, qui n'ont de force que pour mordre, les femmes incomprises, les sceptiques, les dédaigneux, les jeunes gens blasés, les importants, les hommes graves, les personnages solennels, les... Mais ne parlons pas politique.

Wentzel avait l'âme faite d'un rayon de soleil. Depuis son entrée, le sombre parloir où nous causions resplendissait. Tout riait autour de nous, jusqu'à la

table même, où les fleurs, les bougies et les verres brillaient d'un joyeux éclat.

— Ne soupons pas encore, disait la jeune fille, chantons!

— Soit, reprît Stéphane qui ne descendait jamais de son dada; chantons, mais une chanson bohème. J'en expliquerai le sens à notre ami. 11 tant que notre bote prenne goût à cette langue sonore qui, de nos paroles les pins simples, fait un chant mélodieux.

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- Dites-nous la chanson du hussard, ajouta L'aïeule. J'aime Ce dialogue où la voix de Cathinka se marie si bien à civile de Wentzel.

Chantez, mes enfants!

Cathinka était déjà au jj piano, jouant une espèce de mazurka, tantôt sautillante, tantôt plaintive; et voici ce que disaient les paroles qui accompa-

gnaient cet air original

Excusez les fautes du copiste; il ne peut donner que la traduction d'une traduction :

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