‹ Contes bleus: (volume 3)Chapitre 17 sur 33 · LES OIES DU BON DIEU · texte numérisé non relu

LES OIES DU BON DIEU

Tandis que Wcntzel nous contait les aventures de Sswanda, je m'amusais à regarder Nanynka. Debout, en face de moi, les bras croisés, les yeux fixés sur le conteur, elle ne perdait pas un mot de ce récit fait dans une langue qu'elle n'entendait pas. L'histoire de Sswanda n'était pas nouvelle pour la grande fille;

chaque lois que revenait le nom du héros elle faisait des mines effroyables, comme pour me montrer qu'elleaussi étail de la maison et qu'elle avait sa pari

de nos plaisirs.

— A la santé de Wentzel ! dit Stéphane, et maintenant à qui la parole?

— ANanynka, clis-je en levant mon verre; elle doit savoir quelque beau conte; Stéphane, vous me le traduirez.

— Bravo ! dit Stéphane.

Et il se fit mon interprète auprès de la servante étonnée.

Nanynka rougit jusqu'aux oreilles, agita ses grands bras, et enfonça ses deux mains dans les poches de son tablier, droite comme une cariatide.

Cela voulait dire, je suppose :

a On se moque de moi. » Mais, encouragée par sa jeune maîtresse , elle poussa un grand soupir, me regarda en riant, et nous conta ce qui suit avec des inflexions de voix et des gestes à dérider un sénateur, s'il y a des sénateurs en Bohème.

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