Contes chinois
JjR P. DentrecoUes , memlire de l'aiicienite mission de la Chine, MM. Da^is et .Tlioms^ deux Anglais qui résident actuellement à Canton , ont 'tiré des i^cueils originaux et traduit du .chinois la plupart des nouvelles qui composent les tcois volumes de jCC recueil. Le mérite de les avoir choisies dans des collections qui en. contiennent plusieurs milliers , celui de les avoir fait passer dans les langues de l'Europe, appartiennent en entier à ces auteurs ; nous ne sau^ rions en réclamer la moindre partie, et c'est la première chose dont les lecteurs doivent être prévenus.
Le public a montré quelque disposition à ancueillir les tableaux de la Société de la Cbîoe « tels que les écrivains de ce pays les ont, tracés dans les romans de mœurs. On désire que le nombre de ces romans, rendus accessibles aux lecteurs européens , devienne |^q4. considérable. Mais et travail présente quelques dif&-
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cultes de plus que la traduction des œuvres de Sir Wialter Scott ou de Wanderwelde , et, en attendant que le zèle des sayans puisse contenter la curiosité des amateurs , on a jugé qu'il serait agréable à ceux-ci de posséder quelques échantillons du goût des Chinois dans un genre secondaire, celui des Contes Moraux et des nouvelles. Les morceaux de cette espèce , généralement peu étendus , ne sauraient , sous le rapport de l'art, entrer en comparaison avec les grandes compositions des romanciers; mais si la contexture de la foble et la peinture des caractères y sont ordinairement plus négli* gées , <m y tronve en revanche une multiplicité d'incidetts et de tlétails propres à soutenir l'attention, et à faire de plus en plus connaître l'intéiîeup de la Tie privée, et les habitu*des domestiques dans les conditions inférieures de la Société. Certains lecteurs ont été frappés , dans les conversations des Deux Cousines ^ d'une sorte d'uniformité provenant de ce que l'auteur s'est proposé surtout de représenter les manières et le langage des honnêtes gens , des gens bien élevés, des hommes de bonne compagnie , et des femmes d'im esprit cultivé. On a trouvé que les personnages de ce roman étaient trop délicats , et s'exprimaient avec trop d'élégance. Le même reproche ne pourra s'adresser aux récitai::^! forment cette collection; on y verra figurer de» bateliers , des artisans , des
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usuriers ; on y observera des complots de frt* pons et des scènes de iNri^uds ; et comme il y a de tout cela , même dans, une natiaot d* Asie 9 ces traits compléteront la peinture des habitudes chinoises. Laaarille de Tormes et la prin* cesse de Clèves sont également des tableaux d*ap près nature » et Vart du romancier a de quoi satisfaire tous les goûts.
La nouvelle qui ouvre ce recueil n'atalt ja* Buds été publiée; le sujet eu est bizarre pour des Européens, et il faut s*étre bien pénétré des idées Chinoises pour en apprécier le mérite.
Une femme exposée pendant plusiewrs années à d'odieuses persécutions , sans jamaia perdre de vue la vengeanee qu'elle doit à ses parens, et dès qu'elle Ta <^tenue 9 quittant sans regret la vie qu'elle ne supportait que par devoir y est auxyenx des Chinois un modèle d'héroïsme , et Texemiple de la piété filiale. On ne vcmdrait pas chez nous que le crime et le châtiment de Sextna fussent séparés par un aussi long intervalle. La nouvelle qui retrace cet étrange dévoàment ofEre encore une autre singularité. Elle a été mise en latin par un Chinois y disciple de quel* qu'un de nos missionnaÎRes 9 et nommé Abel Yan. Ce traducteur d'une espèce nouvelle n'avait £ût que de médiocres progrès dans la connaissance dui rudiment ; il écrivait la langue' de Cicéron à-pea-pi*à8 comme ce capucin qui regardait la théologie comme une science trop