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à ce mol. « Vous me le promettez, » s'écria-t-i! en faisant un bond de joie. Celle foisj'enlondis un oui très-distinct. Sur les lèvres d"où il s'exhalait, les lèvres du jeune homme appliquèrent un sonore baiser, puis tous deux s'éloignèrent.
Je me levai avec une sorte de frénésie. J'arrachai de mon sein le foulard qu'elle m'avait donné ; je le déchirai en morceaux, je le broyai à mes pieds; puis, sans même tourner la tête vers la maison qu'elle habitait, je me remis en route; je marchai toute la nuit. J'étais dans un état de surexcitation qui ne me laissait éprouver ni besoin, ni fatigue. Le malin je rentrai à Besançon, et je tombai dans une telle prostration, que je ne sentais plus en moi aucune force vitale, que je n'avais plus aucune idée. Deux jours après, je me réveillai de cette espèce de léthargie. Le souvenir de la lettre de mon père me saisit en même temps que le souvenir de l'odieuse Reinette. Je maudis mon funeste penchant, ma coupable erreur, et, pour la réparer autant qu'il était en moi, je partis pour Trouville. Quand j'arrivai là, mon père était mortî mort depuis vingl-qualre heures, mort en prononçant mon nom à chaqne minute, en m'appelant près de lui jusqu'au dernier moment. Oh! monsieur! monsieur, comment ai-jc osé vous raconter cette cruelle histoire!... Comme vous devez me mépriser! Mais moi, je me méprise encore plus. A ces mots, le jeune soldat mit ses mains sur ses yeux et poussa des sanglots qui m'effrayaient.
J'essayai de calmer son agitation; je lui dis qu'il ne devait point se croire si coupable, qu'il n'avait pas su que son père était en si grand danger, et que l'entraînement d'un amour comme le sien n'était pas, à son âge et avec les idées honnêtes qu'il y attachait, une action si répréhensible.
Il tourna vers moi son visage baigné de larmes, et, sans répondre aux paroles que je venais de lui adresser, il me dit d'une voix interrompue à chaque mot par un soupir : « Que vous apprendrai-je encore, monsieur? Depuis le moment où j'ai conduit au cimetière mon pauvre père dont les yeux s'étaient fermés sans me revoir, dont les lèvres s'étaient closes sans me donner une dernière bénédiction, dont les bras s'étaient roidis sans m'enlacer encore une fois, depuis ce moment je n'ai fait que languir et dépérir. Je suis revenu à Besançon, comme une machine qui obéit à un ressort. J'ai suivi mon régiment qui était envoyé à Givet. On m'a dit ensuite que je devais me faire réformer. Je vais à Mézières par cet ordre de mes chefs. Naguère celte sentence de réforme m'eût rendu à mon père. A présent, je n'ai plus de père, je n'ai plus rien au monde, qu'importe ce que l'on fera de moi? La maladie dont autrefois je me plaignais est devenue ma consolation. J'espère que bientôt elle m'emportera dans un autre monde »
Ce pénible récit nous avait conduits jusqu'aux portes de Mézières. En descendant de diligence, je demandai à
mon malheureux compagnon de voyage où il comptait loger. « Je ne sais, me répondit-il; je crois qu'il est trop tard pour pouvoir me présenter avec ma feuille de roule à riiôpital, mais un peu de paille sous la remise de l'administration des diligences me suOîra; demain malin, de bonne heure, j'irai chercher un autre gîte. »
Le plus simple sentimenldecharilé humaine m'ordonnait de ne pas laisser cet infortuné dans un tel abandon. Je le conduisis dans mon hôtel, je le décidai, non sans peine, à prendr'' part à mon souper; je lui fis préparer un lit, en répétant à la maîtresse de la maison que je me chargeais de sa dépense, car, quoiqu'il ne me l'eût pas dit, l'avais tout lieu de croire que sa bourse était fort dégarnie.
Le lendemain matin, il entra dans ma chambre pendant que je dormais encore, s'assit sur une chaise, et, lorsque je m'éveillai, me demanda pardon de sa hardiesse, en disant qu'il n'avait pas voulu quitter l'hôtel sans prendre congé de moi et sans me remercier.
« Je vous sais gré, lui répondis-je, de votre visite. Je pars dans quelques heures, mais je reviendrai bientôt ici, et je m'informerai de vous : laissez-moi voire nom.
— Vous ne me retrouverez plus, répliqua-t-il en remuant la tête, mais n'importe. Je m'appelle Auguste Bonnefoi. »
Quinze jours après, je revenais à Mézières. Quinze heureux jours avaient écarté de mon esprit l'impression
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que m'avall faite Thisloire du pauvre soldat. Je voulus savoir ce qu'il était devenu.
Je me rendis à l'hôpital; l'infirmier auquel je m'adressai tourna le feuillet dun registre sur lequel il écrivait, et me montra du doigt deux lignes : « Auguste Bonnefoi, de Trouville, voltigeur au 32*= d'infanterie légère, entré le 24, mort le 27 d'un anévrisme. »
Fl>- Dt rRE-lIItU ^0LLME,
CHEZ TOtS .%'OS CORRESPOTVD.ftlVT».
Comme ^ers celle époque le Muséum Litléraire s'enrichit, tradilionnellement. d'abord de nouveaux souscripteurs, el ensuite de eharmanles nouveaulés littéraire^, nous venons d'ouvrir selon noire habitude une nouvelle souscription chez nos correspondants {2^ sérieoupériod' d'hiver.)
Les avantages attachés aux intérêts de cette deuxième série de souscripteurs n'élanl que temporaire!^., nous invitons nos correspondants à presser leurs client: et leurs ordres ( nouvelles demandes. )
En lisant allentivemenl les conditions ins(irées au nouveau prospectus qui vient de paraître, on c(.mpre!idr.i aisément l'importance eirulililc denoi^e recomiiandation
En ce qui concerne les intérêts el privilèges di^ anciens souscripteurs, rien n'a été changé.
tt.r. I.EBKGl'K.
Bruxelles, le lô Décenildc 1831.