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Contes de J. Cazotte

Je prétends bien qu'à toujours il soit dit Que je lâchais la bride à mon esprit.

C AZOTTK.

E Diable amoureux est demeuré le chefd/œuvre de Caiotte dans un domaine fantastique de caractère ■:f\ essentiellement his- ' pano-germanique. I^a postérité, qui aime à faire son tri dans le fatras du, passé, et qui pour y mieux voir clair met souvent de lourdes besicles sur

II Notice sur la Vie

son nei de vieille sibylle^ la postérité, qui porte fréquemment ses jugements à V aventure, ne s'est point trompée cette fois. Parmi les meilleurs romans de notre littérature^ r affabulation étrange de la diabolique Blonde t ta et du chevalier Alvare doit être classée aux premiers rangs. Biondetta la sirène est bien la créature trois fois femme sous ses diverses apparences d'ange déchu ; femme par son esclavage et sa soumission à Vinjiexible volonté du maître qu'elle s'est donné, plus femme encore par sa satanique transfiguration de Béeliébuthy au moment même où, l'autorité de son amant faiblit dans un baiser sensuel et un aveu d'amour trop longtemps comprimé.

La gloire littéraire de Caiotte repose tout entière sur cette nouvelle espagnole si originale de fond et si élégante de facture. En réunissant aujourd'hui dans cette collection une série de petits contes oubliés de Caiotte, dont la plupart sont empreints de l'exquis mauvais goût des mille et une fadaises du siècle dernier, nous ne prétendons pas apporter un élément nouveau à la renommée de l'auteur dOllivier, mais simplement rester dans la logique du plan que nous nous sommes tracé, au début de cette publication de petits conteurs.

Caiotte est l'un des conteurs les plus féconds du xviii^ siècle. Il nous a légué un bagage de menus

ec les Œuvres de Cazotte. m

ouvrages j qui. pour être badins^ n'en sont pas moins curieux à inventorier. Après Petis de la Croix^ la comtesse d'Aunoy et le bon abbé Blanchet. il est peu d'écrivains qui aient autant contribué que lui à enrichir les nombreuses Bibliothèques des fées et des génies, d'encombrante mémoire. Près de trois volumes de ses œuvres complètes sont remplis de ses contes orientauXj nouvelles et apologues d'un genre qui touche beaucoup au merveilleux et aux procédés de la Cabale; et cependant ^V éditeur . justement effrayé de la profusion de ces écrits, ri a cru devoir donner que le simple argument de quelques-unes de ces histoires magiques et renoncer à l'impression d'une œuvre manuscrite qui formait une suite aux Mille et une heures de l'avocat Thomas Simon Gueulette.

Nous avons lu et annoté avec conscience les moindres œuvres de Ca^otte^ nous efforçant de choisir les plus originales pour les classer dans ce volume. — a Un choix bien fait, disait non sans raison Jules Janin^ ^ nous délivre à jamais des œuvres complètes ^ espèce de tombeau banal, dans lequel des éditeurs sans goût et sans mission vont jetant pêle-mêle, à la façon des ignorants de bas étage, le bon; le mauvais, le médiocre et le pire. » — Ce choix judicieux nous

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