DEUX JUMEAUX ET LES DEUX FÉES
IL y avait, une fois, deux frères jumeaux, beaux comme le jour, forts et hardis comme des Césars. Un soir ces deux jumeaux revenaient de la foire de Mirande. Il leur fallut traverser un grand bois. C'était au mois de juillet, vers les neuf heures du soir. La lune brillait dans tout son plein. Tout à coup, ils entendirent des rires sortir d'un épais fourré d'épines.
— Hi! hi! hi!
— Hi! hi! hi!
Les deux jumeaux tirèrent sur la bride de leurs chevaux.
— Entends-tu, frère, dit l'aîné?
— Oui, frère. Ce sont des rires de jeunes filles.
En ce moment, sortirent de l'épais fourré) d'épines deux jeunes filles, vêtues d'or et de/ soie, et belles comme des anges. /
— Bonsoir, jeunes gens. )f
— Bonsoir, demoiselles. j
— Demoiselles nous ne sommes pas. — Vous! êtes deux frères jumeaux. Nous sommes deuKj Fées jumelles. — Si vous voulez nous épouser, 1 nous vous ferons riches comme la mer, et nous vous donnerons des fils beaux, forts et hardis I comme vous.
— Marions-nous. Je prends l'aînée.
— Marions-nous. Je prends la cadette.
— Eh bien, dirent les Fées jumelles, nous nous marierons demain matin. Rentrez chez vous. Mais, à la pointe de l'aube, soyez à la porte de l'église qui se trouve à l'entrée du grand bois. — En attendant, gardez-vous de rien manger ni de rien boire. Sinon, il arriverait de grands malheurs.
— Fées, vous serez obéies.
Les deux jumeaux saluèrent les deux Fées, rentrèrent chez leurs parents, et ne leur parlèrent de rien. Ils allèrent se coucher, strnà manger ni boire. Mais, à deux heures de U