LA NUIT DES QUATRE-TEMPS
Il y avait, une fois, une demoiselle, noire comme l'âtre, et vieille, vieille comme un chemin. Plus elle vieillissait, plus elle se croyait jeune et jolie. Cette demoiselle n'avait qu'un valet, appelé Bourtoumieu. Tous deux vivaient au milieu des bois, dans un grand château ruiné, plein de chauves-souris et de hiboux. Pourtant, la vieille avait en cave sept tonneaux, regorgeant de quadruples d'Espagne. Chaque matin, elle faisait sécher son or aux rayons du soleil levant.
Un matin qu'elle travaillait comme de coutume, vint à passer un beau seigneur sur son cheval noir.
— Bonjour, Demoiselle. Que faites-vous là?
— Beau seigneur, je fais sécher mon douaire aux rayons du soleil levant.
— Demoiselle, le douaire est beau. Mais la fille est plus belle encore. — Voulez-vous de moi pour mari?
— Beau seigneur, file ton chemin. — File ton chemin, et reviens me chercher durant la nuit des Quatre-Temps
Un an plus tard, à minuit, le beau seigneur frappait à la porte du château.
— Hô! Demoiselle, levez-vous. 11 est temps de nous marier.
— Beau seigneur, quel temps fait-il?
— Demoiselle, il pleut à grand déluge.
— Beau seigneur, file ton chemin. — Je ne me marie pas encore.
Un an plus lard, à minuit, le beau seigneur frappait encore à la porte du château.
— Ho! Demoiselle, levez-vous. Il est temps de nous marier.
— Beau seigneur, quel temps fait-il?
— Demoiselle, il pleut à grand déluge.
L'orage gronde à rendre sourd.
— Beau seigneur, file ton chemin. — Je ne me marie pas encore.