‹ Contes de la familleChapitre 10 sur 31 · LE VOLEUR FIANCÉ · texte numérisé non relu

LE VOLEUR FIANCÉ

— Tu es ma fiancée» et jamais pourtant tu ne viens me voir.

La jeune fille répondit:

— Je ne sais pas où est votre demeure.

A quoi le jeune homme repartit:

— Ma maison est dans la sombre profondeur du bois.

, Celle-ci tâcha de s'excuser en disant qu'elle ne connaissait pas le chemin .

Le fiancé reprit :

— Viens me voir dimanche prochain; j'ai déjà invité nos convives» et pour que tu reconnaisses la route, j'aurai soin d'y répandre des cendres.

Quand le dimanche fut arrivé, et que la jeune fille fut sur le point de partir, elle ressentit une vive inquiétude dont elle ne put se rendre compte ; elle remplit ses poches de pois et de lentilles. Dans le bois, elle trouva la trace de la cendre qui devait lui montrer son chemin; elle marcha donc dans cette direction, en ayant soin toutefois de jeter à droite et à gauche du sentier quelques grains de pois et de lentilles. Elle marcha ainsi presque tout le jour, et arriva enfin à la maison qui se trouvait à Fendroit le plus sombre et le plus épais du bois. Cette maison ne lui plut DjQint, tant «lie était obscure et mystérieuse. Elle entra cependant, mais il n'y avait personne à Tintérieur, et le plus profond silence y régnait. Tout à coup elle entendit une voix qui lui dit :

Retourne-t'en, retourne-t'en, ô jeune fiancée! Tu es dans la maison des assassins!

Elle regarda autour d'elle, mais elle n'aperçut qu'un oiseau dans une cage accrochée contre le mm*. L'oiseau chanta de nouveau:

Retourne-t'en, retourne-t'en, ô jeune fiancée ! Tu es dans la maison des assassins !

Toutefois, la jeune fille, continuant d'avancer, passa d'une chambre dans une autre, et parcourut ainsi toute la maison; mais la mais(m entière était vide, et elle ne rencontra pas âme qui vive. Elle arriva enfin dans la cave, où elle trouva une femme vieille comme les pierres et dont la tête branlait.

^— Pourriez-vous m'apprendre, lui dit la jeune fille, si c'est ici que demeure mon fiancé?

— Hélas ! ma pauvre enfant, où t'es-tu laissé entraîner I tu es dans une caverne d'assassins. Tu crois être une fiancée dont les noces se feront bientôt, mais tu ne sais pas que tu n'es que la fiancée de la mort I Ton futur veut t'ôter la vie. Vœs plutôt ; on m'a commandé de remplir d'^u cette grande chaudière; dès qu'ils t'auront en leur puissance, ils te couperont en morceaux sans pitié, te feront cuire et te mangeront, car ce sont des anthropophages. Tu es perdue si je n'ai compassion de toi et si je ne te sauve.

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