‹ Contes de La FontaineChapitre 11 sur 93 · LH ER MITE · texte numérisé non relu

LH ER MITE

Car c’est ainsi que le Ciel vous l’ordonne.

Ne craignez point, je conduirai vos pas;

Luce est bénin. Toi, Veuve, tu feras Que de ta fille il ait la compagnie ;

Car d eux doit naître un Pape, dont la vie Réformera tout le peuple Chrétien.

La chose fut tellement prononcée Que dans le lit l’une et l’autre enfoncée Ne laissa pas de l’entendre fort bien.

La peur les tint un quart-d’heure en silence. La fill e enfin met le nez hors des draps,

Et puis tirant sa mere par le bras,

Lui dit d’un ton tout rempli d’innocence :

Mon Dieu, maman, y faudra-t-il aller?

Ma compagnie, hélas, qu’en veut-il faire ?

Je ne sais pas comment il faut parler;

Ma cousine Anne est bien mieux son affaire Et retiendroit bien mieux tous ses sermons.

— Sotte, tais-toi, lui repartit la mere ;

C’est bien cela ; va, va, pour ces leçons

Il n’est besoin de tout l’esprit du monde :

Dès la première, ou bien dès la seconde.

Ta cousine Anne en saura moins que toi.

— Oui ? dit la fille; hé ! mon Dieu ! menez-moi

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