‹ Contes de La FontaineChapitre 25 sur 93 · COMMENT L’ESPRIT · texte numérisé non relu

COMMENT L’ESPRIT

Qu’importe-t-il ? Sans s’arrêter au nom,

Ni badiner là-dessus davantage,

Je vais encor vous en dire un usage :

11 fait venir l’esprit et la raison ;

Nous le voyons en mainte bestiole.

Avant que Lise allât en cette école,

Lise n’étoit qu’un misérable oison; Coudre et filer c’étoit son exercice,

Non pas le sien, mais celui de ses doigts ; Car que l’esprit eut part à cet office,

Ne le croyez : il n’étoit nuis emplois Où Lise put avoir l’ame occupée;

Lise songeoit autant que sa poupée.

Cent fois le jour sa mere lui disoit : Va-t’en chercher de l’esprit, malheureuse. La pauvre fille aussitôt s’en alloit Chez les voisins, affligée et honteuse,

Leur demandant où se vendoit l’esprit.

On en rioit ; à la fin on lui dit :

Ail ez trouver Pere Bonaventure,

Car il en a bonne provision.

Incontinent la jeune créature S’en va le voir, non sans confusion;

Elle eraignoit que ce ne bit dommage

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