COMMENT L’ESPRIT
Qu’importe-t-il ? Sans s’arrêter au nom,
Ni badiner là-dessus davantage,
Je vais encor vous en dire un usage :
11 fait venir l’esprit et la raison ;
Nous le voyons en mainte bestiole.
Avant que Lise allât en cette école,
Lise n’étoit qu’un misérable oison; Coudre et filer c’étoit son exercice,
Non pas le sien, mais celui de ses doigts ; Car que l’esprit eut part à cet office,
Ne le croyez : il n’étoit nuis emplois Où Lise put avoir l’ame occupée;
Lise songeoit autant que sa poupée.
Cent fois le jour sa mere lui disoit : Va-t’en chercher de l’esprit, malheureuse. La pauvre fille aussitôt s’en alloit Chez les voisins, affligée et honteuse,
Leur demandant où se vendoit l’esprit.
On en rioit ; à la fin on lui dit :
Ail ez trouver Pere Bonaventure,
Car il en a bonne provision.
Incontinent la jeune créature S’en va le voir, non sans confusion;
Elle eraignoit que ce ne bit dommage