LES TRUQUEURS
Et n’y étois , mais la vérité pure
Est que Curés y manquent peu souvent.
Le Clerc non plus ne lit du sien remise :
Rien ne se perd entre les gens d’Église.
Les permuteurs ne pouvoient bonnement Exécuter un pareil changement Dans ce village à moins que de scandale : Ainsi bientôt l un et l’autre détale,
Et va planter le piquet en un lieu Où tout fut bien d’abord, moyennant Dieu. C’étoit plaisir que de les voir ensemble.
Les femmes même, à Lenvi des maris, S’entredisoient en leur menus devis :
Bon fait troquer, commere ; à ton avis:'
Si nous troquions de Valet ? Que t’en sein ble Ce dernier troc, s’il se fit, fut secret.
L’autre d’abord eut un très bon effet;
Le premier mois très bien ils s’en trouvèrent Mais à la lin nos «eus se déboutèrent.
Compere Etienne, ainsi qu’on peut penser, Fut le premier des deux à se lasser,
Pleurant Tiennette ; il y perdoit sans doute. Compere Cille eut regret à sa soute :
11 ne voulut retroquer toutefois.