‹ Contes de La FontaineChapitre 32 sur 93 · LES TROQUE U RS · texte numérisé non relu

LES TROQUE U RS

Ma foi, c’est bâme. — Et Tiennette est amhroise, Dit son époux; telle je la maintien.

L’autre reprit : Compere, tiens-toi bien;

Tu 11e connois Jeanne ma villageoise;

Je t’avertis qu’à ce jeu... m’entends-tu ?

L’autre Manant jura : Par la vertu,

Tiennette et moi nous n’avons qu’une noise, C’est qui des deux y sait de meilleurs tours;

Tu m’en diras quelques mots dans deux jours.

A toi, compere. Et de prendre la tasse,

Et de trinquer : Allons, sire Oudinet,

A Jeanne. Top. Puis : A Tiennette. Masse. Somme qu’enfin la soute du mulet Fut accordée, et voilà marché fait.

Notre Notaire assura l’un et l’autre

Que tels traités alloient leur grand chemin.

Sire Oudinet étoit un bon Apôtre,

Qui se fit bien payer son parchemin.

Par qui payer? Par Jeanne et par Tiennette :

Il ne voulut rien prendre des maris.

Les Villageois furent tous deux d’avis Que pour un temps la chose fut secrete;

Mais il en vint au Curé quelque vent.

11 prit aussi son droit ; je n’en assure,

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