‹ Contes de La FontaineChapitre 47 sur 93 · LE ROI GAN DALLE · texte numérisé non relu

LE ROI GAN DALLE

Nous trouvant trop bien du premier Pour n’en pas ménager un autre,

Très résolus tous deux de ue nous rien devoir.

— La résolution, dit le Docteur, est belle.

Je saurois volontiers quelle est cette donzelle. L’écolier repartit : Je ne l’ai pu savoir,

Mais qu’importe? Il suffit que je sois content d’elle.

Dès-à-présent je vous réponds Que l’époux de la Dame a toutes ses façons;

Si quelqu’une manquoit, nous la lui donnerons, Demain, en tel endroit, à telle heure, sans faute.

On doit m’attendre entre deux draps, Champ de bataille propre à de pareils combats.

Le rendez-vous n’est point dans une chambre haute;

Le lo gis est propre et paré.

On m’a fait à l’abord traverser un passage Où jamais le jour n’est entré;

Mais, aussitôt après, la vieille du message M’a conduite en des lieux où loge, en bonne foi, fout ce qu’Amour a de délices :

On peut s’en rapporter à moi.

A ce discours jugez quels étoient les supplices Qu’enduroit le Docteur. Il forme le dessein ! )e s’en aller le lendemain

ET LE MAITRE EN DROIT

Au lieu de l’Écolier, et, sous ce personnage, Convaincre sa moitié, lui faire un vasselage Dont il fut à jamais parlé.

N’en déplaise au nouveau Confrère,

Il n’étoit pas bien conseillé;

M ieux valoit pour le coup se taire,

Sauf d’apporter en temps et lieu Remede au cas, moyennant Dieu.

Quand les épouses font un Récipiendaire Au benoît état de Cocu,

S’il peut en sortir franc, c’est à lui beaucoup faire ;

Mais, quand il est déjà reçu,

Une façon de plus ne fait rien à l’affaire.

Le Docteur raisonna d’autre sorte, et fit tant Qu’il ne fit rien qui vaille. 11 crut qu’en prévenant Son parrain en Cocuage,

Il feroit tour d’homme sage :

Son parrain, cela s’entend Pourvu que sous ce galant Il eût fait apprentissage,

Cl îose dont, à bon droit, le lecteur peut douter. Quoi qu’il en soit, l’époux ne manque pas d’aller Au logis de l’aventure,

Croyant que l’allée obscure,

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