LES AMOURS
L’éclat de ses habits fait honte à l’œil du jour;
Sans cela^ fit-on mordre aux géants la poussière.
Il est bien malaisé de rien faire en amour.
En peu de temps Mars emporta la Dame.
Il la gagna peut-être en lui contant sa flamme : Peut-être conta-t-il ses sièges, ses combats,
Parla de contrescarpe, et cent autres merveilles Que les femmes n’entendent pas,
Et dont pourtant les mots sont doux à leurs oreilles. Voyez combien Vénus, en ces lieux écartés,
Aux yeux de ce guerrier étale de beautés !
Quels longs baisers ! La Moire a bien des charmes Mais Mars en la servant ignore ces douceurs.
Son harnois est sur l’herbe : Amour pour toutes armes Veut des soupirs et des larmes ;
C’est ce qui triomphe des cœurs.
Phébus pour la Déesse avoit même dessein,
Et, charmé de l’espoir d’une telle conquête,
Couvoit plus de feux dans son sein Qu’on n’en vovoit à l’entour de sa tête.
C’étoit un Dieu pourvu de cent charmes divers.
11 étoit beau; mais il faisoit des vers,