‹ Contes de La FontaineChapitre 66 sur 93 · LES AMOURS · texte numérisé non relu

LES AMOURS

L’éclat de ses habits fait honte à l’œil du jour;

Sans cela^ fit-on mordre aux géants la poussière.

Il est bien malaisé de rien faire en amour.

En peu de temps Mars emporta la Dame.

Il la gagna peut-être en lui contant sa flamme : Peut-être conta-t-il ses sièges, ses combats,

Parla de contrescarpe, et cent autres merveilles Que les femmes n’entendent pas,

Et dont pourtant les mots sont doux à leurs oreilles. Voyez combien Vénus, en ces lieux écartés,

Aux yeux de ce guerrier étale de beautés !

Quels longs baisers ! La Moire a bien des charmes Mais Mars en la servant ignore ces douceurs.

Son harnois est sur l’herbe : Amour pour toutes armes Veut des soupirs et des larmes ;

C’est ce qui triomphe des cœurs.

Phébus pour la Déesse avoit même dessein,

Et, charmé de l’espoir d’une telle conquête,

Couvoit plus de feux dans son sein Qu’on n’en vovoit à l’entour de sa tête.

C’étoit un Dieu pourvu de cent charmes divers.

11 étoit beau; mais il faisoit des vers,

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