DE MARS ET DE VENUS
Avoit un peu trop de doctrine.
Et qui pis est, savoit la médecine.
Or soyez sûr qu’en amours,
Entre l’homme d’épée et l’homme de science,
Les dames au premier inclineront toujours,
Et toujours le plumet aura la préférence.
Ce fut donc le guerrier qu’on aima mieux choisir. Phébus, outré de déplaisir,
Apprit à Vulcan ce mystère;
Et dans le fond d’un bois voisin de son séjour Lui fit voir avec Mars la Reine de Cythère,
Qui n’avoient en ces lieux pour témoins que l’Amour
La peine de Vulcan se voit représentée,
Et l’on ne diroit pas que les traits en sont feints :
11 demeure immobile, et son ame agitée Roule mille pensers qu’en ses yeux on voit peints Son marteau lui tombe des mains ;
Il a martel en tête, et ne sait que résoudre,
Frappé comme d’un coup de foudre.
Le voici dans cet autre endroit Qui querelle et qui bat sa femme.
Voyez-vous ce Galant qui les montre du doigt?
Au palais de Vénus il s’en alloit tout droit,