LE GARÇON DE THEATRE
Eles-vous fous? C'est l'acteur Pclfeu^ qui joue ce soir le Ministre incognito ; c'est le premier rôle de notre troupe. Moi, je suis le régisseur !
MCODÈME.
Oh!
TOCS.
Oh!
GRIPPESOC, pleurant.
Ah ! mon pauvre argent !
BENJAMIN
Qui veut acheter ce papier à cinquante pour cent de perte ?
GRIPPESOU, furieux.
Rendez-moi mon argent? Vous m'avez trompé, coquin I
PELFEU.
Hein? — N'ai-je pas dit tout à l'heure encore que je n'étais pas une Excellence ?
GRIPPESOU.
Rendez-moi, mon argent, ou je meurs I
PELFEU.
Meurs donc, cher ami! Pourtanl, je veux payer ton compte : c'est vingî-lrois fraucs! Voilà! (il les lui donne.)
LE iMir^ISTRE INCOGNITO. 155
GRIPPESOU.
Ah ! le gueux! il me paye avec mon propre argent!
PELFEU.
Tenez, je vais être généreux ; partageons la somme, si vous voulez, cela vous va-t-il?
GRIPPESOU.
Au fait! c'est toujours cinq mille francs de retrouvés!
TOUS
Mais nous, nous autres? Que ferez-vous avec nous?
PELFEU.
Je vous invite tous à assister à la comédie! — Vous aurez des entrées de faveur au paradis! à la condition cependant que vous applaudirez chaque fois que je ferai avec la main
droite un geste comme celui-là. (il lève la main droite d'une cprtaine façon.)
TOUS
Oui ! oui ! volontiers !
PELFEU.
Régisseur! monsieur le régisseur! mon chapeau et mon manteau! Attendez, avant de partir, voyons si je me souviens bien de la dernière réplique de mon rôle, (avcc emphase, au public.) «Très-honorable public, le ministre vient auprès de vous vous demander humblement si vous clés satisfaits; si vous rétes, je le suis aussi, bonsoir donc. Pensez quelquefois à moi, et surtout au proverbe : L'habit ne fait pas le
moine! )» (U s'incline. La toile tombe.)
NATHALIUS
NATHALIUS