‹ Contes de la reine de Navarre;Chapitre 10 sur 62 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

les Précédentes, BABIÉÇA, sortant de la porte à gauche, tenant sous le bras un portefeuille , et à la main un mouchoir, des gants et une aumônière.

babiéça , Rapprochant vivement de Marguerite. Madame, Madame, vous qui êtes mon bon ange, ne pourrais-je

obtenir de vous un moment d'audience ?...

marguerite , avec dépit.

Me demander une audience, à moi qui n'en puis obtenir \...{M

Babiéça.) Tout à l'heure, Babiéça, je suis à vous. (A Eléonore.)

Quoi, si le conseil se prolonge jusqu'à ce soir, personne ne pourra

entrer dans la salle des séances ?

ÉLÉONORE

Que les grands d'Espagne.

babiéça, s'avancant.

Et moi...

marguerite , le regardant d'un air gracieux. Ah!... ce cher Babiéça!

babiéça, lui montrant les objets qu'il tient. Pour porter à l'Empereur son portefeuille , ses gants, son mouchoir et son aumônière !

marguerite, se mettant vivement à la fable et écrivant. Je suis à toi. {Ecrivant.) Sire , en vous avouant hier soir que je brodais cette aumônière pour le plus loyal des chevaliers ,

c'était vous dire qu'elle était destinée à Votre Majesté!... Or un loyal chevalier ne refuse rien aux dames... {Se retournant vers Babiéça d'un air aimable. ) Eh bien , parle... je t'écoute. babiéça , se penchant vers Marguerite qui écrit, et lui

parlant à demi-voix.

Tout'à l'heure en rentrant chez moi, j'ai regardé, comme tout le monde... par le trou de la serrure...

marguerite , écrivant toujours.

Très-mauvaise habitude... qui doit porter malheur.

■ babiéça.

C'est ce qui est arrivé... car le verrou était mis et Fanchette écrivait.

marguerite , vivement.

Je sais à qui !

babiéça , de même.

En vérité?

marguerite , se levant.

Je vous le dirai plus tard... L'Empereur attend! Mais vous lui portez là une aumônière.

babiéça.

A laquelle il tient... car elle sert depuis longtemps !...

MARGUERITE

Et n'est pas digne d'un puissant monarque tel que lui!... Vous lui remettrez en échange celle-ci, (Prenant celle qu'elle a à son côté. ) et lui direz... (Mettant dans l' aumônière talettre qu'elle vient d'écrire) que c'est un cadeau d'une dame...

BABIÉÇA. .

J'ajouterai : d'une noble et jolie dame.

MARGUERITE

Si vous voulez. Partez vile !

BABIÉÇA.

Oui. Madame, mais Votre A liesse me dira...

marguerite , le suivant des yeux.

Sans doute. (Babiéça sort.) Que le ciel }e conduise, et surtout hâte son retour.

ÉLÉONORE

On vient ! c'est Guattinara !

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