SCÈNE III
GUATTINARA, seul, regardant sortir Charles-Quint.
0 grand et habile monarque , qui par vos espions ou vos ambassadeurs croyez connaître les secrets de tous les souverains de l'Europe , que vous êtes peu au fait de ce qui se passe chez vous, et surtout {Montrantson cœur.) de ce qui se passe là! Ah ! vous croyez que je ne pense à aucune femme , moi qui volontiers les aimerais toutes! Ah! vous croyez qu'elles conduisent un homme d'État à sa perte!... Moi qui espère bien leur devoir mon élévation!... A vous, d'abord, gentille Sanchette, ma première passion, que j'ai mariée au seigneur Babiéça et placée auprès de la future reine d'Espagne ; à vous aussi , vous que je n'ose plus nommer, fleur inconnue, qui végétiez dans l'ombre, à la cour de-Lisbonne, négligée de tous, excepté de moi.' . noble princesse... aussi nulle que belle, aussi niaise qu'imprudente;... car déjà, les serments, les lettres mêmes avaient été échangées entre nous... et c'est alors, ô puissant Empereur, que, non content de toutes vos conquêtes, vous êtes venu m'enlever la mienne, quand un trône l'attendait, et vous prétendez que j'y dois renoncer à jamais et sans indemnités
préalables?... Non, non, quoi que vous on disiez, c'est par los femmes, c'est par la vôtre que je parviendrai, que j'arriverai à votre insu, à une fortune dont vous serai le complice, el dont elle sera la cause... (La porte du fond s'ouvre.) C'est elle... et la princesse Marguerite l'aooonipagne... Qu'ont-elles donc à se dire?