‹ Contes de la veillée (volume 4)Chapitre 5 sur 22 · JEAN-FRAXÇ0IS-LES-15AS-BLEUS · texte numérisé non relu

JEAN-FRAXÇ0IS-LES-15AS-BLEUS

sans l'aimer ; cependant, pénétré de l'impossibilité de s'élever jusqu'à elle, il paroit avoir cherché à se distraire d'une passion invincible qui ne s'est trahie que dans les premiers moments de sa maladie, en se livrant à des études périlleuses pour la raison, aux rêves des sciences occultes et aux visions d'un spiritualisme exalté; il devint complètement fou, et renvoyé de Corbeil, séjour de ses protecteurs, avec tous les soins que demandoit son état , aucune lueur n'a éclairci les ténèbres de son esprit depuis son retour dans sa famille. Vous voyez qu'il y a peu de fond à faire sur ses rapports, et que nous n'avons aucun motif de nous en alarmer. —

Cependant on apprit le lendemain que la reine étoit en jugement , et deux jours après, qu'elle ne vivoit plus.

Mon père craignit l'impression que devoit me causer le rapprochement extraordinaire de cette catastrophe et de cette prédiction. Il n'épargna rien pour me convaincre que le hasard étoit fertile en pareilles rencontres , et il m'en cita vingt exemples, qui ne servent d'arguments qu'à la crédulité ignorante , la philosophie et la religion s'abstenant également d'en faire usage.

Je partis peu de semaines après pour Strasbourg , où j'allois commencer de nouvelles études. L'époque étoit peu favorable aux doctrines des spiritualistes , et j'oubliai aisément Jean-François au milieu des émotions de tous les jours qui tourmentoient la société.

Les circonstances m'avoient ramené au printemps. Un matin (c'étoit, je crois, le 3 messidor), j'étois entré dans la chambre de mon père pour l'embrasser, selon mon usage, avant de commencer mon excursion journalière à la recherche des plantes et des papillons. — Ne plaignons plus le pauvre Jean-François d'avoir perdu la raison, dit-il en me montrant le journal. Il vaut mieux pour lui £trc fou que d'apprendre la mort tragique de sa bienfaitrice, de son élève, et de la jeune demoiselle qui passe pour avoir été la première cause du dérangement de son

esprit. Ces innocentes créatures sont aussi tombées sous la main du bourreau.

— Seroit-il possible! m'écriai -je... — Hélas! je ne vous avois rien dit de Jean-François, parce que je sais que vous craignez pour moi l'influence de certaines idées mystérieuses dont il m'a entretenu... — Mais i est mort !

— Il est mort ! reprit vivement mon père; et depuis quand ?

— Depuis trois jours , le 29 prairial. Il avoit été immobile, dès le matin, au milieu de la place, à l'endroit môme où je le rencontrai , au moment de la mort de la reine. Beaucoup de rcjnde l'entouroit à l'ordinaire, quoiqu'il gardât le plus profond silence , car sa préoccupation é.toit trop grande pour qu'il pût en être distrait par aucune question. A quatre heures enfin, son attention parut redoubler. Quelques minutes après, il éleva les bras vers le ciel avec une étrange expression d'enthousiasme ou de douleur, fit quelques pas en prononçant les noms des personnes dont vous venez de parler, poussa un cri et tomba. On s'empressa autour de lui, on se hâta de le relever, mais ce fut inutilement. Il étoit mort.

— Le 29 prairial, à quatre heures et quelques minutes? dit mon père en consultant son journal. C'est bien l'heure et le jour !. .. — Écoute, continua-t-il après un moment de réflexion , et les yeux fixement arrêtés sur les miens, ne me refuse pas ce que je vais te demander ! — Si jamais tu racontes celte histoire, quand tu seras homme, ne la donne pas pour vraie, parce qu'elle t'exposeroit au ridicule.

— Y a-t-i! des raisons qui puissent dispenser un homme de publier hautement ce qu'il reconnoît pour la Vérité? repartis- je avec respect.

— Il y en a une qui les vaut toutes, dit mon père en secouant la tète. La vérité est inutile.

HISTOIRE D'HÉLÈNE G1LLET

L'hiver sera long et triste. L'aspect de la nature n'est pas joyeux. Celui du monde social ne l'est guère. Vous craignez l'ennui des spectacles. Vous craignez l'ennui des concerts. Vous craignez surtout l'ennui des salons. C'est le cas de faire chez vous un grand feu, bien clair, bien vif et bien pétillant, de baisser un peu les lampes devenues presque inutiles, d'ordonner à votre domestique, si par hasard vous en avez un, de ne rentrer qu'au bruit de la sonnette; et, ces dispositions prises, je vous engage à raconter ou bien à écouter des histoires, au milieu de votre famille et de vos amis, car je n'ai pas supposé que vous fussiez seul. Si vous êtes seul cependant, racontez-vous des histoires à vous seul. C'est un autre plaisir encore, et il a bien son prix. J'ai goûté un peu de tout, et je ne me suis jamais réellement amusé d'autre chose.

Mais si vous êtes curieux d'histoires fantastiques, je vous préviens que ce genre exige plus de bon sens et d'art qu'on ne l'imagine ordinairement; et d'abord, il y a plusieurs espèces d'histoires fantastiques.

Il y a l'histoire fantastique fausse, dont le charme résulte de la double crédulité du conteur et de l'auditoire, comme les Contes des fées de Perrault, le chef-d'œuvre trop dédaigné du siècle des chefs-d'œuvre.

Il y a l'histoire fantastique vague, qui laisse l'âme

suspendue dans un doute rêveur et mélancolique, l'endort comme une mélodie, et la berce comme un rôve.

Il y a l'histoire fantastique vraie, qui est la première de toutes, parce qu'elle ébranle profondément le cœur sans coûter de sacrifices à la raison; et j'entends par Y histoire fantastique vraie, car une pareille alliance de mots vaut bien la peine d'être expliquée, la relation d'un fait tenu pour matériellement impossible qui s'est cependant accompli à la connoissance de tout le monde. Celle-ci est rare, cà la vérité, si rare, si rare que je ne m'en rappelle aujourd'hui d'autre exemple que l'histoire d'Hélène Gillet.

A une histoire vraie, le mérite du conteur est sans doute peu de chose. Si son imagination vient s'en mêler, la broderie risque fort de me gâter le canevas. Son principal artifice consiste à se cacher derrière son sujet. Quand on examine, il doit éclaircir; quand on discute, il doit prouver. Alors l'émotion va croissant, comme celle du spectateur d'une scène d'illusions, dont la main s'étend machinalement pour détourner un fantôme, et s'arrête, glacée d'horreur, sur un corps vivant qui palpite et qui crie; mais l'histoire d'Hélène Gillet demanderait à ce compte un volume de développements écrits, et j'ai une excellente raison pour ne pas le faire : c'est qu'il est fait, et supérieurement fait, par un des hommes les plus instruits de l'époque où nous vivons1. Il en a puisé les documents dans le XIe tome du vieux Mercure français deRicher et Renaudot, dans la Vie de Vabbesse de Notre-Dame du Tart, madame Courcelle de Pourlans 2, et dans les manuscrits authentiques de la chambre des comptes et de la mairie de Dijon, de sorte qu'il n'y a

1 Histoire d'Hélène Gillet, ou Relation d'un événement extraordinaire tt tragique surienu à Dijon dans le dix-septième sièele, par un ancien a%ocat. Dijon, Lagier, 1829; in-8 de 72 pages.

2 Tar Edme-Bernard Bourrée, oratorien. Lyon , Jean Ccrte, 1699; in-8 de 511 pages.

histoire d'hélène gillet. *21

rien de mieux démontré, rien de plus exact d'analyse, rien de plus complet de détails, dans les procès-verbaux si pittoresques et si animés du sténographe des cours d'assises. Et le livre de mon ami, c'est un livre que je vous recommande en passant.

Ceci, c'est tout bonnement ce que je vous ai promis : un conte de la veillée, une de ces causeries dont vous me pardonnez quelquefois la longueur, quand elles vous intéressent; une histoire fantastique vraie, arrangée, récitée à ma manière, avec aussi peu de latitude qu'en puisse prendre l'imagination dans la disposition d'un tableau extraordinaire qu'elle n'aurait pas osé inventer. — Rangez donc ces tisons prêts à crouler, bercez un peu dans vos bras les enfants qu'ils ne s'éveillent, fermez le tric-trac, s'il vous plaît ; et mettez vos chaises en rond, pendant que je vous dirai ce qui me reste à vous dire avant de commencer.

C'est qu'il faut que je vous en prévienne, l'histoire d'Hélène se passe presque tout entière sur un théâtre dont le seul aspect révolte les organisations délicates, et il m'a fallu triompher, pour arriver à l'écrire, des répugnances de mon propre cœur. Vous pourrez me suivre sans danger maintenant, si vous êtes aguerris, par le drame ou par le roman de nos jours, à des impressions d'une certaine nature. Autrement, passez au piano, faites cercle à l'écarté, ou entretenez-vous de pensées gracieuses avec le farfadet domestique, en faisant jaillir par gerbes et par fusées les étincelles du brasier. Vous voilà bien avertis.

En 1624 , le châtelain ou juge royal de Bourg-en- Bresse, au pied de nos chères montagnes du Jura et du Bugey, s'appeloit Pierre Gillet, homme noble, droit, sévère et de bonne renommée. Il avoit une fille du nom d'Hélène, âgée de vingt-deux ans, qu'on adoroit pour sa beauté, qu'on admiroit pour son esprit et pour ses grâces, qu'on respectoit pour sa piété et pour sa vertu. On ne

voyoit guère Hélène qu'à l'église; mais l'église même est pour un mauvais esprit un lieu de mauvaises pensées. Elle eut le malheur d'être aimée d'un de ces hommes violents qui sacrifient tout à leur passion, jusqu'à la femme qui en est l'objet, quand ils ne peuvent espérer de l'épouser ni de lui plaire, et je vous dirois son nom, si l'histoire me l'avoit dit. Entraînée chez une fausse amie apostée pour sa perte, sous le prétexte de quelque action de charité chrétienne, elle y fut fascinée, comme les victimes du Vieux des Sept-Montagnes, par un breuvage narcotique. Dieu sait quels rêves de volupté inexplicable et inconnue elle fit pendant ce temps-là ! l'infortunée n'a jamais pu se les rappeler. Elle ignoroit, dans son innocence, les joies qui ouvrent la porte de l'enfer.

Cet événement ne lui avoit laissé qu'une tristesse vague et sans remords, car aucune pensée du crime ne se mêloit à ses souvenirs. Cependant les chuchotements ricaneurs des passants, le rire grossier des libertins, le regard attentif et profond des vieilles femmes, aiguisé par une curiosité amère, et surtout l'abandon journalier de ses plus chères compagnes l'avertirent peu à peu qu'elle étoit déchue de sa réputation aux yeux du monde, et que la société la repoussoit. Bientôt il ne lui resta qu'une amie, et elle cacha sa tête dans les bras de sa mère pour pleurer, parce qu'elle n'avoit rien à lui confier. Le mystère de son infortune commençoit à peine à se révélera son esprit qu'elle fut saisie des angoisses de l'enfantement, ou plutôt qu'elle tomba dans un long évanouissement causé par la honte, le désespoir et la douleur. Ce fut u%i sonçe encore, un sonse indéfinissable dont elle ne conserva pas plus l'idée que du premier. Épouse et mère, il ne lui restoit de ce double titre que l'opprobre de l'avoir porté sans la permission de la religion et de la loi. Ces deux immenses joies de la nature, si chèrement payées par les femmes, n'avoient été pour Hélène que des supplices stériles, dont rien ne rachetait l'horreur, pas même

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le souvenir d'un instant d'ivresse, pas même le sourire d'une innocente créature qui s'éveille à la vie ! Elle ne s'étoit point connu d'amant, et son en Tant, elle ne le connut pas.

En effet, et comme elle étoit surprise encore de ce sommeil des sens qui ressemble à la mort, mais qui ne la vaut pas, un jeune homme qui guettoit depuis longtemps , et dès le point du jour, l'époque de l'accouchement clandestin, pénétra dans la chambre d'Hélène entre sa mère anéantie et une vieille servante qui dormoit. Il courut au lit, car on n'avoit pas préparé de berceau, enveloppa le nouveau-né dans le premier linge qui lui tomba sous la main, déposa un baiser frénétique au front de la malade ou de la morte , et puis disparut. L'enquête prouva à n'en pas douter que c'étoit un étudiant des environs de Bourg, « demeurant au logis d'un sien oncle , » et qui avoit servi quelques mois de répétiteur aux jeunes frères d'Hélène. On ne l'a jamais retrouvé.

Lorsque Hélène se réveilla et qu'elle apprit toute sa misère, elle chercha sans doute son enfant, qui n'y étoit plus. Elle n'osa le demander, parce qu'il ne lui sembloit pas qu'elle dût avoir un enfant. Et tout cela s'accumula dans son esprit comme les caprices d'une vision.

Cependant quelque temps après , elle reparut dans la ville et à l'église, accompagnée de sa mère, comme elle avoit fait par le passé. On remarqua seulement qu'elle paroissoit malade, que ses flancs s'étoient abaissés, et (jue sa physionomie portoit une étrange expression d'étonnement et de terreur. Le châtelain de Bourg-en- Bresse avoit des ennemis comme tous les hommes puissants ; mais cette belle et douce Hélène, elle n'avoit point d'ennemis. On passa quelques jours à recueillir, à échanger , à propager des conjectures sinistres , et bientôt on n'en parla plus. L'instruction que la justice avoit commencée, sur la foi des bruits populaires, s'étoit

subitement interrompue à défaut de preuves. Hélène sentoit pourtant que sa destinée de malheur n'étoit pas complète, et que la Providence lui réservoit des épreuves plus rigoureuses ; mais elle s'y résignoit avec constance au pied des autels , parce qu'elle étoit sans reproche et qu'elle avoit foi en Dieu.

Or il arriva qu'un soldat qui se promenoît hors de la ville , en attendant sa maîtresse , fut frappé de l'action d'un corbeau qui plongeoit au pied d'une certaine muraille, à chutes réitérées, remuant et fouillant la terre de son bec, et l'éparpillant sous ses pieds, et remontant vers sa branche avec quelques lambeaux de linge sanglant; puis sautilloit de rameau en rameau, le cou tendu et l'œil fixe à l'endroit où il étoit descendu d'abord , et retomboit là comme une pierre pour se remettre à fouiller. Le soldat s'approcha, l'écarta d'un revers de sabre, agrandit de la pointe le trou que le corbeau avoit commencé de creuser, et en tira le cadavre d'un enfant roulé dans les restes d'une chemise marquée au nom d'Hélène Gillet. Là-dessus le présidial reprit ses informations ; et, par sentence du 6 février 1625, Hélène Gillet fut condamnée, comme infanticide, à avoir la tête tranchée, car on sait que notre pauvre Hélène étoit noble, et on croyoit alors que le fer ennoblit le supplice. 11 est devenu plus populaire depuis.

L'avocat d'Hélène appela de ce jugement au parlement de Dijon; car sa famille n'intervint point, et le vieux châtelain défendit même expressément qu'il lui fut jamais parlé d'elle, tant l'austérité des mœurs et de la justice pouvoit prévaloir dans ce cœur romain sur la plus douce des inclinations naturelles. Deux archers la conduisirent de Bourg-en-Brcsse à la conciergerie du palais des États, sans autre compagnie qu'une malheureuse femme qui n'avoit pas voulu la quitter. J'ai à peine besoin de dire que c'étoit sa mère.

Ce n'étoit pas que madame Gillet comptât beaucoup

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sur l'effet de ses pleurs auprès de messieurs les juges de la Tournelle. Trop peu de temps s'étoit écoulé depuis qu'elle l'avoit essayé en vain sur messieurs les juges du présidial. Elle comptoit sur un juge qui réforme, quand il lui plaît, les jugements de la terre, et en qui les malheureux n'ont jamais placé inutilement leur espérance ; mais la pieuse femme ne se croyoit pas digne de communiquer avec Dieu sans intermédiaire. Elle venoit donc se placer au couvent des Bernardines de Dijon , sous la protection des prières de la communauté, et particulièrement de sa noble parente, la mère Jeanne de Saint- Joseph, qui avoit quitté le nom de Courcelle de Pourlans pour devenir abbesse du saint monastère. Ce fut certainement un spectacle sublime et fait pour attirer les bénédictions du Seigneur, si nos vaines douleurs parviennent jamais jusqu'à lui, que celui de ces vierges prosternées sur les pavés du chœur, qui imploroient sa pitié, avec des gémissements et des larmes, en faveur d'une fille mère que la loi avoit proclamée coupable d'assassinat sur son enfant , et obligées d'articuler dans leurs pensées, pour désarmer les vengeances du ciel, les syllabes presque blasphématoires qui désignent je ne sais quels crimes inconnus. Madame Gillet n'étoit pas à genoux comme les autres , mais étendue la face contre terre, et on auroit cru qu'elle étoit morte si elle n'avoit sangloté.

Il faut le dire toutefois, car on ne l'imagineroit pas, il manqua quelque chose à la solennité de cette imposante cérémonie. Une des religieuses n'y avoit point paru, la sœur Françoise du Saint-Esprit, qui s'étoit appelée auparavant dans le monde madame de Longueval, et que ses infirmités empèchoient depuis longues années de descendre au sanctuaire. Elle avoit alors plus de quatre-vingt-douze ans , s'il faut en croire les biographies hagiologiques , qui la font mourir en 1633, plus que centenaire, encodeur de sainteté. La sœui Françoise

du Saint-Esprit étoit tombée, pour se servir des paroles du vulgaire, dans cet état de grâce et d'innocence qui ramène la vieillesse aux douces ignorances des enfants. Elle ne savoit plus des choses de la vie commune que celles qui se rapportent à l'autre, car elle vivoit d'avance dans cette éternité où elle entroit déjà de tant de jours, et comme son langage s'étoit empreint peu ta peu des sciences de l'avenir, les grands esprits de ce temps-là doutoient de sa raison; mais ses paroles passoient encore pour des révélations d'en. haut dans le couvent des Bernardines. Pourquoi Dieu n'auroit-il pas accordé la prévision de ses mystérieux desseins à quelques âmes éprouvées par un long exercice de la vertu? Moi-même, à l'heure où je vous raconte cela, je ne demanderois pas mieux que de le croire. Heureusement la mère d'Hélène le croyoit.

Elle ne quitta le sanctuaire que pour monter à la cellule où sœur Françoise du Saint-Esprit reposoit sur un sac de paille, les deux mains dévotement croisées sur un crucifix. Comme elle pensa que la sœur dormoit, parce qu'elle étoit immobile, madame Gillet s'agenouilla dans un coin, en retenant son souffle pour ne pas la réveiller; mais elle n'y fut pas longtemps qu'elle s'entendit appeler. La main de sœur Françoise la cherchoit, car la vieille sainte voyoit à peine. Madame Gillet la saisit, et y colla respectueusement ses lèvres. « Bon, bon, dit % madame de Longueval avec un sourire ineffable, vous « êtes la mère de cette pauvre petite pour qui nos sœurs s ont prié ce matin. Je vous déclare que c'est une àme « pure et choisie devant le Seigneur, qu'il a daigné écou- « ter les prières de ses servantes, et que votre enfant ne a mourra point par la main du bourreau, puisque Hélène • est appelée à parcourir une longue vie avec beaucoup « d'édification. » Ces mots achevés, sœur Françoise du Saint-Esprit parut oublier qu'il y eût quelqu'un auprès d'elle , et revint à ses méditations accoutumées

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Pendant ce temps-là, — c'étoit le lundi 12 mai, qui étoit la dernière entrée de messieurs du parlement, — on s'occupoit, sur le rapport du conseiller Jacob, de l'appel du jugement de Bourg. La sentence fut confirmée de toutes voix avec une circonstance aggravante. La cour ordonna que la condamnée seroit conduite au supplice la hart au col, pour témoigner, par cette infamie, de l'énormité de son crime. L'exécution devoit être immédiate; et la malheureuse Hélène n'eut qu'à se rendre du prétoire à l'échafaud. Le bruit de l'événement du procès parvint bientôt au couvent des Bernardines. On les vit au même instant se répandre dans les chapelles, allumer tous les cierges, exposer toutes les reliques, frapper de leurs fronts les degrés de tous les autels, et confondre, suivant leur âge et leurs émotions, des prières, des lamentations et des cris. La mère Jeanne de Saint-Joseph couroit, en pleurant, des nefs au chœur, et du chœur à la cellule de sœur Françoise du Saint- Esprit, où madame Gillet s'étoit laissée tomber sans voix, sans plainte et sans larmes, sur les marches du prie- Dieu. « Je vous ai dit cependant , répétoit sœur Fran « çoise dont la sérénité rie s'étoit pas altérée, que cette « jeune fille ne mourroit pas, et que longtemps après « nous elle prieroit pour nous sur la terre ; car ceci est « la volonté de Notre-Seigneur. » Ensuite elle retournoit à la contemplation du ciel, comme s'il avoit été ouvert devant elle ; et la mère Jeanne de Saint-Joseph cherehoit des motifs d'espérer. Quant à madame Gillet, son attention n'étoit plus à cette scène ; elle ne voyoit plus, n'écoutoit plus, ne sentoit plus.

Et tout à coup pourtant elle sursaillit en poussant un cri d'horreur, car elle venoit d'être tirée de son évanouissement par les éclats de la trompette qui appeloit es soldats à l'affreux sacrifice ; et la trompette même du jugement ne saisira pas l'àme du méchant ressuscité d'une angoisse plus profonde. Elle se souleva sur les

mains, en prêtant une attention muette et terrible au signal de la mort de son Hélène bien-aimée, et le signal se renouvela en se rapprochant du couvent. Peu à peu d'autres bruits s'y mêlèrent, celui du pas monotone des chevaux, qui faisoit retentir les pavés, et que couvroient de moment en moment, comme une bouffée d'orage, les rumeurs de la multitude. — La voilà ! la voilà! crioient mille voix qui ne formoient qu'une voix, et madame Gillet retomba sans connoissance, parce qu'elle comprit que sa fille passoit. — Écoutez, écoutez, ma sœur, disoit la mère Jeanne de Saint-Joseph en se tordant les bras de désespoir , auprès du grabat de sœur Françoise du Saint-Esprit; oh! mon Dien, ma sœur, n'entendez-vous pas ?

— J'entends comme vous, répondoit sœur Françoise en ramenant sur elle son doux sourire d'enfant; j'entends la trompette qui sonne et les chevaux qui marchent avec leurs cavaliers ; j'entends le peuple qui parle, les pénitents qui chantent. — Oui, continua-t-elle, j'entends très-bien. Je sais que cette pauvre innocente s'avance, et qu'elle est là maintenant ; je sais qu'on la mène à la mort ; mais je vous dis en vérité qu'elle ne mourra pas. Vous pouvez le promettre à sa mère.

Hélène marchoit en effet à la mort, assistée de deux jésuites et de deux capucins, qui lui présentoient tour à tour une image du Christ qu'elle baisoit avec candeur. Jamais on ne l'avoit vue aussi belle. Sa robe étoit blanche, en signe de la virginité de son âme. Ses beaux et longs cheveux noirs n'avoient pas été coupés, soit que l'exécuteur n'eût pas osé y porter les ciseaux, soit que le cérémonial des exécutions d'apparat épargnât cet outrage aux patients qualifiés ; ils étoient retenus sur le sommet de la tète par un nœud de ruban ; mais l'agitation de la marche avoit relâché leur lien, et une partie en étoit retombée en ondes épaisses sur l'épaule gauche d'Hélène, où ils recouvroient la corde ignominieuse

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qu'on avoit passée à son cou. Cette circonstance n'est pas inutile à l'intelligence du reste de mon récit.

Et maintenant, si vous voulez me prêter un instant la baguette magique d'Hugo ou de Dumas, je vais transporter la scène dans un autre lieu. 11 y avoit à Dijon une place dont le nom indique assez la tragique destination. Elle s'appeloit le Morimont, ou la montagne de la Mort. Au milieu s'élevoit un échafaud, tendu d'un drap lugubre, où l'on montoit par huit degrés deWjis, mais qui étoit exhaussé par une estrade en maçonnerie, formée de quatre degrés de pierre. Tout alentour, à un rayon de deux toises et demie, on avoit tracé une enceinte composée de planches et de pieux pour servir de barrière à la foule. L'intérieur étoit occupé par M. le procureur général du roi, escorté de ses huissiers d'honneur, et assis sur un pliant; par les pères capucins et jésuites qui faisoient la recommandation de l'àme, et par un peloton d'archers. Le long de la clôture, circuloient lentement six pénitents en sac noir, ouvert seulement à l'endroit des yeux, les pieds nus, les flancs ceints d'une corde de chanvre, et la torche au poing, qui quêtoient d'une voix lamentable pour les âmes du purgatoire. Hélène monta seule sur l'échafaud, et s'arrêta devant le billot, en élevant son cœur à Dieu ; car Simon Grandjean n'étoit pas encore venu, parce qu'il achevoit ses prières à la Conciergerie, où il s'étoit communié le matin. Il étoit cependant quatre heures sonnées à toutes les paroisses, et le peuple appeloit Simon Grandjean avec des murmures qui se changèrent bientôt en rugissements. Simon Grandjean, c'étoit le bourreau.

11 parut enfin accompagné de la bourrclle, c'est-à-dire ' de sa femme, qui lui servoit d'aide dans les occasions importantes. Il étoit armé de son coutelas, et sa femme, d'une paire de ciseaux de demi-pied de longueur, dont elle venoit de se munir pour couper les cheveux flottants qu'elle avoit vus échappe? au nœud de la coiffure d'Hé-

lène. Cette pensée devoit la préoccuper profondément, car elle s'élança dans l'enceinte en brandissant ses ciseaux, et sans les perdre de vue ; mais, quand elle fut arrivée auprès d'Hélène, elle les oublia.

Un mouvement et un signe que fît Simon Grandjean, sur le devant de l'estrade, avertirent les spectateurs qu'il avoit à parler ; événement tout à fait nouveau dans l'histoire des exécutions judiciaires ; et le bruit qui grondoit dans la multitude s'apaisa tout à coup, comme celui de la tempête à la surface d'une mer surprise par la bonace. Il est vrai que tout donnoit à cette scène un intérêt horrible que je n'essaierai pas de relever par des hyperboles empruntées à nos froids langages; et le formidable acteur que je viens d'y faire apparoître pouvoit lui-même, en ce moment, réclamer quelque part à la pitié publique. Affoibli par le jeûne, et macéré des mortifications qu'il s'étoit prescrites pour se rendre capable de remplir son terrible ministère, il se soutenoitàpeine, en s'appuyant sur la pointe de son coutelas, et ses traits renversés annonçoient qu'il se livroit en lui une lutte affreuse entre le devoir et la compassion. — Grâce ! grâce pour moi, s'écria-t-il ! Bénédiction, mes pères!... Pardonnez-moi, messieurs de Dijon; car voilà trois mois que je suis grandement malade et affligé dans mon corps ! Je n'ai jamais coupé de têtes, et notre Seigneur Dieu m'a refusé la force de tuer cette jeune fille ! . . . Sur ma foi de chrétien, je sais que je ne peux pas la tuer!

La foudre est moins prompte que ne le fut la réponse des assistants : — Tue! tue, dit le peuple. — Faites votre office, dit le procureur du roi. — Et ces mots signifioient : Tue! comme l'autre.

Alors Simon Grandjean releva son coutelas, s'approcha d'Hélène en chancelant, et tomba à ses pieds. — Noble demoiselle, reprit-il en lui tendant le fer par la poignée, tuez-moi ou pardonnez-moi!... — Je vous pardonne et je vous bénis, répondit Hélène. — Et elle

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appuya sa tête sur le billot. Le bourreau cependant, excité par la bourrelle qui l'accablait de reproches, ne pouvoit plus que frapper. Le glaive brilla dans l'air comme un éclair, aux acclamations de la populace; les jésuites, les capucins et les pénitents crièrent : Jésus! Maria !

Le fer s'abattit , mais le coup glissa sur les cheveux d'Hélène, et ne pénétra que dans l'épaule gauche. La patiente se renversa sur le côté droit. On crut un moment qu'elle étoit morte, mais la femme du bourreau savoit qu'elle ne l'étoit pas; elle essaya d'affermir }* coutelas dans les mains tremblantes de son mari , pendant qu'Hélène se relevoit pour rapporter sa tête au poteau , et qu'une clameur furieuse couroit déjà sur le Morimont ; car la sanglante impatience du peuple avoit changé d'objet, et s'étoit tournée en sympathie pour Hélène. Le fer s'abattit de nouveau, et la victime, atteinte d'une blessure plus profonde que la première, tomba sans connoissance et comme sans vie sur l'arme de l'exécuteur, qu'il avoit laissée échapper. — Ne me reprochez pas ces cruels détails , âmes sensibles qui prenez une si vive part aux infortunes du mélodrame et de la tragédie; je ne les rapporte que pour obéir aux exigences de mon sujet, et sans dessein de les choisir ou de les aggraver. Ceci n'est, par malheur, ni de la poésie ni du roman; ce n'est, hélas! que de l'histoire.

Et vous verrez qu'avant de continuer j'avois besoin de quelques précautions oratoires, dans l'intérêt même du lecteur, qui doit être pressé de se dérober à ses émotions, d'en laisser de temps en temps le théâtre derrière la toile, et de se rappeler avec moi, pendant que je reprends haleine, que les événements trop réels dont je parle sont aujourd'hui comme s'ils n'avoient jamais été. L'épouvantable scène du Morimont se prolonge en effet après tant de péripéties plus épouvantables encore, que je ne sais s'il n'est pas aussi pénible d'en être l'historien

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que d'en avoir élé le témoin. Tout l'art que je mettrois à la réciter, si j'avois le secret d'un meilleur style, se borneroit à en suspendre souvent l'horreur dans des réticences , ou à la voiler sous des paroles.

Je n'ai pas dit, en décrivant la tragique enceinte du Morimont, qu'elle renfermât une autre construction que celle de l'échafaud; il faut cependant qu'on le sache. C'étoit une espèce de hutte en briques, où l'exécuteur serroit ses ferrements, ses cordes, ses ceps, ses réchauds, et tout son hideux trousseau d'assassin judiciaire; cette exécrable succursale du cachot s'appeloit la Chapelle, comme en Espagne, et c'est là que les condamnés achevoient leurs actes de dévotion, quand une soudaine résipiscence les décidoit, coupables, à se réconcilier avec leur juge du ciel, innocents, à pardonner à leurs juges de la terre.

Hélène Gillet n'avoit pas eu besoin d'y descendre, mais Simon Grandjean s'y cacha pour échapper aux coups de la foule furieuse qui commençoit à franchir les barrières en cri?nt d'une voix terrible : sauve la patiente et meure le bourreau ! Les moines et les pénitents s'y précipitèrent avec lui , présentant leurs crucifix au peuple, afin de détourner sa colère, et de conjurer la grêle de pierres qui les poursuivoit.

La corporation des maçons se mit en devoir de démolir la chapelle, qui s'étoit refermée en dedans 5 la corporation des bouchers s'organisa derrière elle en corps de réserve, toute disposée pour l'assassinat. Il n'y a ici ni jeu des phrases ni combinaison de style, car ce sont les termes exprès du procès-verbal dressé, quatre jours après, à la chambre du conseil de la ville, et qui porte la signature de l'échevin Bossuet, père de l'immortel évoque de Meaux. Enfin les hommes de Dieu ouvrirent, et sortirent d'un pas posé, en chantant les prières des morts, comme s'ils eussent marché à leur propre supplice, et le peuple tua le bourreau.

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Pendant que ceci s'accomplissoit, l'échafaud d'Hélène présentent une scène plus épouvantable encore. La bourrelle avoit cherché inutilement le coutelas, — on se souvient peut-être qu'Hélène étoit tombée dessus ; — mais, en ce moment, ses ciseaux, qu'elle n'avoit pas quittés, lui revinrent en mémoire, et saisissant d'une main la corde qui nonoit le cou de cette misérable fille, de l'autre elle la frappa six fois, en la traînant à travers les huit degrés de bois et les quatre degrés de pierre , et en brisant de ses pieds , à tous les degrés qu'il frappoit de la tête , ce cadavre déjà noyé dans le sang ; quand elle fut en bas, les bouchers avoient fini leur premier ouvrage, et le peuple tua la bourrelle '.

Je respire enfin et je crois qu'il en étoit temps pour nous tous. Heureusement voilà qu'Hélène n'est plus au Morimont, et que des bras charitables l'ont emportée h cette maison qui fait l'angle de la place , chez le bon

1 Nous croyons devoir mettre ici sous les yeux des lecteurs la relation du supplice d'Hélène Gillet, empruntée au "tome XI de ce vieux Mercure françois que Nodier a cité au commencement de ce récit, comme l'une des sources les plus importantes dans lesquelles il avoit puisé :

u Entre les trois et quatre heures après midy, elle fut menée au Morimont, assistée de deux jésuites et deux capucins. Le bourreau, qui s'estoit communié le matin dans la prison, tremble, s'excuse au peuple sur une fièvre qui le tenoit depuis trois mois, le prie de luy pardonner où il manqueroit à son devoir. Cependant qu'on exhortoit la patiente à souffrir constamment la mort, il donne toutes les marques d'une grande inquiétude, il chancelle, il se tord les bras, il les eslève au ciel avec les yeux, il se met à genoux, se relève, puis se jette à terre, demande pardon à la patiente, puis la bénédiction aux prestres qui l'assisloient.

c Enfin le bourreau, après avoir souhaitté d'estre en la place de la condamnée, qui tendoit le col pour recevoir le coup, il hausse le coutelas ; il se fait une huée du peuple : les jésuites et les capucins crioient : jésos, maria. La patiente se doute du coup, porte les mains à son bandeau, découvre le coutelas, frissonne, puis se remet en mesme assiette qu'auparavant Le bourreau, qui n'entendoit pas son mestier, luy pensant trancher le col, porte le coup dans l'espaule gauche: la patiente tombe sur le costé droict : le bourreau quitte son espée, se présente eu peuple et demande à mourir. Le peuple s'esmeut, les pierres volent de tous costez ; la femme du bourreau, qui assistoit son mary en

chirurgien Nicolas Jacquin, dont l'honorable famille exerce encore, après deux cents ans, la même profession dans nos deux provinces de Bourgogne. Aucune des blessures d'Hélène n'étoit mortelle, aucune ne se trouva dangereuse. Quand elle reprit ses sens, son premier cri fut celui de l'innocent qui entre au ciel , parce qu'elle imagina qu'elle étoit tombée dans les mains de Dieu , à qui le secret de toutes les pensées est connu.

Et au même instant , la sœur Françoise du Saint- Esprit disoit en souriant toujours et en prêtant l'oreille au bruit de la multitude qui revenoit dans ces quartiers : — C'est bien, c'est bien, c'est fini; c'est le peuple qui s'en retourne joyeux, parce que cette jeune fille n'est pas morte.

Parmi tant de miracles qui signalèrent la mémorable journée du 12 mai, il ne faut pas oublier la circonstance qui la faisoit concourir, ainsi que je l'ai dit, avec la der-

ceste exécution, releva la patiente, qui en mesme temps marcha d'elle-mesme vers le poteau, se remit à genoux et tendit de rechef le col. Le bourreau, esperdu, reprend le coutelas delà main de sa femme et descharge un coup sur la teste de la patiente, glissant au col, dans lequel il entra du travers du doigt, duquel coup elle seroit encore tombée, ce qui augmenta la colère du peuple plus fort qu'auparavant. Le bourreau se sauve en la chapelle qui est au bas de l'eschafaud, les jésuites après, puis les capucins. La femme du bourreau demeure seule auprès de la patiente, qui estoit tombée sur le coutelas, duquel asseurcment elle se seroit servi si elle l'eust vu : elle prit la corde avec laquelle la patiente avoit esté menée et la luy met au col. La patiente se défend et jette sa main sur la corde; cette femme luy donne des coups de pied sur l'estomach et sur les mains, et la secoue cinq ou six fois pour l'estrangler : puis, se sentant frappée à coups de pierres, elle tire ce corps demy mort, la corde au col, la teste devant à bas de la montée de l'eschafaud. Comme elle fut au-dessous, proche des degrez qui sont de pierre, elle prend des ciseaux qu'elle avoit apportez pour coupper leschevedx à la condamnée. Avec ces ciseaux, qui estoient longs de deux pieds, elle luy veut coupper la gorge ; comme elle n'en peut venir à bout, elle les luy ficha en divers endroicts. n

L'onziesme tome du Mercure frauçois ou l'histoire de nostre temps, sous le règne du très-chrestien roy de France et de Navarre Louis XIII. Paris, 1629, in-8°, p;>ges u28 et suiv.

{.Note de l'éditeur.)

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