Contes de la veillée
Contes fantastiques, contes âe là veillée} ce fifre )nystérièux évoqué les fantaisies légendaires de nés aïeux; récits rapides et colorés qui charment les grands èï lès Peiils. Charles }^odier fut un maître dans cette sorte àe littérature d'une forine très pérsonneÛè, où peu de pages suffisent à ébaucher, développer, dénouer une action.
A^é à Besançon en l'y^o, fils c^'un magistrat, il fut élevé dans le goût des lettres. Cependant, très jeune, il s' enthousiasma pour les idées révolutionnaires. t)ès l'âge de douze ans, il prononçait des discours dans lès clubs. Il fui durant quelque temps secrétaire de Pichegru, auqud il consacra jusqu'à la fin de sa vie un véritable culte, persistant à ne voir en lui qu'une victime.
Exilé pendani la TerreUr, il partagea là retraite d'un ci-devàht, M. àè Chànîrain, ancien o^icièr fort erudit
qui s'était particulièrement voué à la botanique. Le jeune Nodier s'intéressa vivement aux sciences naturelles qui retinrent d'abord toute son application. On lui attribue la découverte de l'organe de l'ouïe chez les insectes.
A dix-sept ans, il obtint le poste de bibliotMcaire à Besançon. Là il eut tout le loisir de s'adonner aux choses de la littérature qui l'attirait sous toutes ses formes. Il a tout lu; il s est assimilé tous les genres. Il s'est fait le camarade des trouvères et des troubadours, découvrant la pensée du poète sous les plus obscures allégories. Shakespeare le passionne et lui inspire un recueil de réflexions, publié un peu plus tard. De nouveait compromis dans une affaire politique, il perd sa place de bibliothécaire et vient à Paris, où il écrit quelques articles dans les journaux et un roman : les Proscrits.
Affilié à des sociétés secrètes, il se lie avec d'anciens émigrés, se déclare royaliste sous l'Empire et compose la Napoléone, pamphlet à la suite duquel il doit retourner à Besançon. Il publie alors des œuvres fort diffé^-entes d'esprit ei de caractère : les Tablettes d'un suicidé ; les Tableaux philologiques, un Dictionnaire des Onomatopées ; le Peintre de Salzbourg, le Jeune Barde.
Forcé de s'expatrier de nouveau, la chute de l'Empire le trouve bibliothécaire à Laybach (Illyrie). Là il vit dans l'atmosphère qui lui est chère. Par-dessus tout Charles Nodier est un bibliophile. Il a la passion des livres. Comme l'abeille laborieuse, comme le papillon