I.XIV
dialogue, le ventre, les hanches, la poitrine, les épaules, le cou et la tête de l’enfant.
Certains récits sont formés d’une série de séquences : ainsi le Yorondreo[io'i), le Chasseur d’oiseaux ( i43), Rabotity (144).
Les calembours, les énigmes, les proverbes, très commodes pour les conteurs, fixent de même et rappellent tout un développement. Ils offrent aussi cet avantage de présenter un intérêt en dehors des récits où ils sont d’habitude intercalés . Aussi les générations les conservent-elles précieusement, pour en constituer un trésor populaire, où puisent tous les transmetteurs de contes.
Parmi les calembours, on peut citer ceux tirés par approximation des noms des oiseaux, qui sont en général des onomatopées, ou encore du cri de certains animaux. Ainsi le chien s’est brouillé avec le sanglier parce que celui-ci lui refusait son dù ; c’est pourquoi il le poursuit en criant : Ny ahy\ Ny ahy\ « Ce qui m’appartient! Ce qui m’appartient! » De même le chant de l'oiseau to~ loho veut dire : « Je vais le saisir ! » Le coq, au lever du jour, s’écrie : « Tonga zoky ô! Tonga zokv ô ! » C’est-à-dire : » Viens,
[mon] aîné ! Viens, [mon] aîné ! » Car il appelle le soleil, dont il est le frère cadet (i).
Les énigmes sont un motif de développement facile, le conteur pouvant les multiplier à son gré. Toutes les devinettes sont très populaires à Madagascar. Dahle, dans son recueil, en a réuni près de deux cents. En voici quelques exemples :
Qu’est-ce que c’est! Servez-vous de celui qui s’enterre vivant pour prendre celui qui ne voit pas le soleil. — C’est le ver de terre et le poisson.
Qu’est-ce que c’est? Des poulets tout blancs, plein le trou. — Ce sont les dents et la bouche.
Qu’est-ce que c’est? Les œufs de Qui-voleau-loin couvés par la Grande-muette. — La Terre et les sauterelles.
La mère dit : Allons nous redresser; et les enfants : Allons nous mettre de travers. — L’échelle et les échelons.
Le petit qui a beaucoup de travail. — Le balai (sans manche, chez les Malgaches).
La petite qui donne confiance à toute la
(i) 92 ; cf 12, 56, 77, 123, i33, 129, iSq.
famille. — La clef (ou la petite barre servant de verrou).
Le petit qui ose aborder le roi. — Le pou.
Une source en haut d’un arbre. Le citron sauvage, etc., etc.
Souvent les contes sont farcis de proverbes, et on pourrait se demander si les récits populaires sont antérieurs aux proverbes et leur ont donné naissance par une sorte de réduction et de condensation de leur matière (i), ou si au contraire les proverbes ont été empruntés à la sagesse populaire pour illustrer les contes ou les orner de développements nouveaux. Les deux hypothèses sont sans doute également justifiées : le parler proverbial convient naturellement au Folk-Lore, qui emprunte au milieu populaire les proverbes déjà créés; et la collectivité qui transmet les contes de génération en génération, trouve l’idée et même la forme de
(i) Ceci expliquerait pourquoi les proverbes sont moins en usage aujourd'hui qu’autrefois ; beaucoup se perdent et les Malgaches de la génération actuelle sont incapables de comprendre une partie des proverbes contenus dans le livre de Cousins.
nouveaux proverbes dans les récits du Folk- Lore.
Par exemple c’est selon toute probabilité du conte le Chat et le Rat (g5) qu’a été tiré le proverbe ; « Il ne faut pas me raconter des farces, comme dit le chat. » De même le proverbe Tanala « faire comme Rabibila\a qui emprunta des yeux et s’enfuit avec » a été suggéré à coup sûr p.ar l’histoire de Rakankana et Rahibilava (io6). Citons encore le dicton Bara ; « Le bananier est brisé, [car] le vent a soufflé, mais Baolava (le caïman) est là, c’est lui qui a causé le dommage. » (93) Le proverbe Imérinien du « Chat sauvage qui monte au marché « (un chien dans un jeu de quilles) n’est pas exprimé dans notre version (100) de la fable Le Chien et le Chat sauvage, mais s’y trouve implicitement contenu ( i).
Dans beaucoup de cas, le rapport entre contes et proverbes est moins facile à établir : ainsi » plusieurs pintades ne sont pas
(i) Les contes 24 et 25 pourraient bien aussi avoir été l’origine des proverbes donnés comme titre et comme conclusion à chacun d’eux.
dispersées par un seul chien » (74), ou encore « le lépreux qui vole une courge lutte avec elle toute une semaine. » (56) Le proverbe ici peut avoir suggéré un développement du conte, aussi bien que le conte peut avoir donné naissance au dicton.
Enfin beaucoup de proverbes sont évidemment antérieurs aux récits qui les ont utilisés. « Quand on a longtemps demeuré ensemble, il est bon de se séparer un peu. » « Rester couché à ne rien faire, c’est bientôt se couvrir de haillons. » « La pauvreté fait changer de place. » ^4) « Un arbre élevé est facilement agité par le vent. » « Quiconque est bon a beaucoup d’ennemis. » (toi) etc.
Si on pense que les proverbes sont la condensation d’une sorte de Sagesse des Nations contenue dans les traditions populaires, on peut dire, il est vrai, que ces derniers exemples offrent des dictons tirés du Folk-Lore antérieur, isolés déjà comme proverbes, puis réintroduits dans de nouveaux récits par la fantaisie des conteurs.
Parfois un conte tout entier n’est que l'illustration d’un de ces proverbes préexistants. Les fables le Vontsira et le Rat chez
les Tanala (128), le Chat sauvage et la Tortue chez les Sakavala (119) commentent ce dicton bien connu : « Il n’y a pas de vengeance, mais l’action retourne [contre son auteur]. » Dans Lesoma et Faralahv (79), le narrateur Betsimisaraka, en appliquant ce même proverbe, éprouve le besoin d’y introduire un changement : a Les Anciens disent : — Il n’y a pas de vengeance; c’est l’action qui retourne : — Moi je dis au contraire : — « La vengeance existe, et en plus l’action retourne. »
Beaucoup de contes renferment des parties définitivement fixées comme forme, avec des onomatopées et des assonnances (i ), et qui
(1) Il suffira de citer en malgache un ou deux exemples de ces parties rythmées avec assonnances :
Sitso hianao vary vato, sitso! sitso!
Tsy tiandray, tsy tiandreny !
Sitso hianao vary vato, sitso ! sitso !
(38, les Trois Sœurs)
Mihinana anie ity olona é !
Mihinana ny zanakantsaly !
Mihinana anie izy é!
(143, le Chasseur d’Oiseaux)
doivent être chantées ou tout au moins rythmées par une diction spéciale.
Le crapaud chante :
t( Ba kâ kâ kâ kaou !
n Qui a perdu ses enfants ?
« Ba kâ kà kâ kaou !
« Qui a perdu ses enfants? »
(3, Imahaitana et Tsimatiambavanv)
L’oiseau Vorondreo dit la complainte de Soafara emportée par le caïman :
« Reo ! Reo ! Reo ! Reo !
<1 Là-bas, là-bas, une enfant parla!
« Reo! Reo ! Reo ! Reo !
« Soafara fut prise par Ravoaimena! »
Et plus loin
« Reo ! Reo ! Reo ! Reo !
« Là où je m’arrêterai, est Soafara !
« Reo! Reo ! Reo! Reo !
« Vous fouillerez la terre, l'enfant est là ! d
(54, Soafara)
Ivolamaitso, en gardant les rizières, dit aux fodj- :
« Hô les fodj' de la forêt, hô !
<( C'est moi qui suis Ivolamaitso, enfant de
Il Randiambé, devenue esclave, é!
« C’est Ikaloandevo la servante qui est devenue andriana, é !
« Hô! les fody dç. la forêt, hô!
Et les oiseaux lui répondent :
Il Rentre à la maison, Ivolamaitso, rentre! « Ce n’est pas ton afïaire de garder le riz! « Rentre à la maison, Ivolamaitso, rentre! » (26, Ivolamaitso)
De même la Vache-sans-Cornes et sa fille s’appellent et se répondent par une sorte de mélopée avec assonnances :
« O Belle-aux-longs-cheveux ! O Belle-auxlongs-cheveux.
Il Où vas-tu? Où vas-tu?
« Pourquoi m’abandonnes-tu?
Il Quel mal t’ai-je donc fait? »
— O chère maman ! O chère maman !
Il Je ne t’abandonne pas ! Je ne t'abandonne
[pas!]
<1 Mais se marier est bon !
« Mais avoir une maison conjugale est utile ! » (0, la Vache-sans-Cornes)
Citons pour finir l’évocation des morts du conte des Deux Andriambahoaka (27), poème populaire d’une réelle beauté :
« O les morts depuis deux ans, 6!
« O les morts depuis deux ans, ô!
« J’appelle, J’appelle!
« C’est vous que j’appelle!
« Je viens vous appeler,
« Moi l'envoyé d’Ândriambahoaka !
« Les bœufs d’Andriambahoaka, dit-on,
Sont célèbres : il n’y a personne pour les [manger]
« Les esclaves d’Andriambahoaka, dit-on,
« Sont célèbres : il n’y a personne pour les [manger 1]
« L’argent d’Andriambahoaka, dit-on,
« Est célèbre : il n’y a personne pour le manger !
— Et les morts depuis deux ans répondirent, dit-on :
n Retourne à la maison, Kotofanasina, ô 1
« Nos dents qui se transforment en pierres, ne les vois-tu pas ?
« Nos yeux qui deviennent des cavités, ne les vois-tu pas ?
« Notre tête, masse ronde d’ossements blan chis, ne la vois-tu-pas ?
Ainsi parfois les Contes malgaches sont dignes, par leur forme comme par leur
matière, de retenir l’attention des folk-loristes, et quelques lecteurs jugeront peutetre qu’il valait la peine d’ajouter cette modeste contribution au trésor des Traditions Populaires.
RAMANONGAVATO
CONTE TANALA
Recueilli dans la région de l'Ikongo (province de Farafangana).
Il y avait une fois, dit-on, trois frères dont le plus jeune s’appelait Ramanongavato, Celui-quisQulève-les-pierres, ou encore Ifaralahy-mahery, le Fort-dernier-né. Il arriva que les trois frères entendirent parler de l’extrême beauté d’une jeune fille nommée Iranonamaitsoaitso : tous trois eurent envie de l’avoir pour femme. Elle était la fille de Itsivalanorano, le roi qui réside sous la terre : ce roi tuait tous les hommes qui descendaient chez lui et prenait leurs têtes pour bâtir son mur. Or les trois frères n’avaient pas peur de lui et ils se décidé^ rent à tenter l’aventure. On descendait chez Itsivalanorano en se laissant glisser par un trou très profond ; les trois frères coupèrent des lianes
qu’ils nouèrent les unes aux autres; lorsqu’ils en eurent assez pour atteindre le fond du trou, ils laissèrent aller la corde solidement fixée à l’orifice, et l’aîné descendit le premier; arrivé à une grande profondeur, il s’arrêta pour se reposer un peu ; et il avait beau regarder de tous cotés, il ne \'oyait que du noir, autour de lui, audessus et au dessous; il n’entendait aucun bruit ; il lui semblait que des choses mystérieuses et épouvantables devaient être cachées dans cette obscurité profonde ; il tut pris d'une terreur soudaine et remonta le plus vite qu’il put, se disant qu'il ne voulait pas sacrifier sa vie. Le second descendit à son tour, mais saisi de peur comme l’aîné, il remonta lui aussi. — «A moi de descendre, dit alors le plus jeune, mais je ne reviendrai que lorsque je serai arrivé au bout de la corde. >> 11 se laissa glisser et ne s’arrêta en effet que lorsqu’il fut parvenu au Pays-qui-est-audessous-de-la-Terrc. Il s'assit alors sur une pierre, près de laquelle Ranonamaitsoaitso avait l’habitude de se déshabiller, quand elle prenait son bain. Tout homme qui voulait l’épouser devait s’asseoir là et combattre avec Itsivalanorano, dont il fallait triompher pour obtenir la jeune fille. Quand le peuple du Pays-qui-estau-dessous-de-la-Terre vit un homme assis sur la pierre, des gens allèrent trouver Itsivalanorano et lui dirent : « 11 y a quelqu’un d’assis à
l’endroit où ta fille prend habituellement son bain. — Appelez-le, et demandez lui son nom, et dites-lui de se sauver bien vite, car il ne me manque plus qu’une tête d’homme pour finir mon mur. « Alors un esclave alla vers la pierre et chanta ce chant :
« Qui, qui, qui es-tu, toi qui restes assis « .\. l’endroit où Ranonamaitsoaitso « Prend son bain habituellement?
« Sauve-toi vite de là, je t’en supplie,
» Car Itsivalanorano n’a plus besoin que « D’une tête d’homme pour finir son mur. »
A son tour, Ramanongavato répondit en chantant lui aussi :
« C’est moi, c’est moi, c’est moi,
(I Celui-qui-soulève-les-pierres !
« C’est moi le Fort-dernier-né !
« Moi qui ne cherche querelle à personne ! « Mais c’est à moi qu’on déclare la guerre : »
A ces mots, le roi d’en bas envoya son peuple pour tuer Ifaralahymahery. Ils s’approchèrent en grand nombre, portant tous des sagaies, mais ils n’osaient pas marcher jusqu’à lui, et c’est de loin qu’ils lancèrent leurs armes. Aucune sagaie n’atteignit le Fort-dernler-né, qui les ramassa toutes avec agilité et à son tour les lança sur
ses ennemis, dont beaucoup tombèrent, morts ou blessés. Les survivants prirent la fuite et coururent vers Itsivalanorano leur roi; ils lui dirent que son adversaire était un homme redoutable, qu’ils n’avaient pas pu en venir à bout. Le roi, très effrayé, appela un esclave pour aller dire au Fort-dernicr-né, qu’il s’avouait vaincu, et offrait en signe de sa soumission sa fille, en même temps que sa propre personne, sa femme et tout son peuple. L’esclave alla vers la pierre et chanta ce chant :
Il Nous, nous, nous nous rendons !
« Nous, nous, nous nous rendons !
« Nous ne sommes plus en guerre avec toi !
« La jeune femme que tu demandes est à toi
Il l.e roi et la reine t’appartiennent !
« Le peuple et le royaume te sont cédés ! »
Celui-qui-soulève-les-pierres réponditen chantant :
« Moi, je vous le répète, je ne suis pas en guerre avec les gens, mais ce sont les gens qui me déclarent la guerre. »
Et l’esclave chanta de nouveau :
Il Viens, viens, viens dans la ville,
« Car le royaume et tout le peuple sont àtoi,
« Ainsi que la jeune femme que tu demandes. »
Alors le Fort-dernier-né se rendit à la ville, Itsivalanorano se jeta à ses pieds, et tout le peuple se soumit à lui.
Quelque temps après, Ramanongavato annonça qu’il retournerait dans son pays en emmenant avec lui sa jeune femme, son peuple et en emportant tous ses biens. Il ordonna à tout le monde de marcher devant lui, tandis que lui passerait le dernier, derrière les autres. Les deux frères ainés de Ramanongavato, en voyant sortir du Trou-Profond des gens et des choses en si grand nombre, s’informèrent ; les gens répondirent qu’ils étaient le peuple de Ramanongavato, qu’ils apportaient tous ses biens, et que Ramanongavato lui-même montait le dernier, derrière eux tous. Les deux frères attendirent alors à l'orihce du trou, sous prétexte de recevoir leur cher puîné ; quand ils virent que Ramanongavato restait seul, ils coupèrent la liane qui servait à monter, le Fort-dernier-né tomba au fond du trou et se tua. Ses frères prirent sa femme et ses biens et régnèrent sur son peuple.
Cependant tout était plongé dans la tristesse et le deuil à cause de la mort de Celui-qui-soulève-les-pierres : les bœufs ne meuglaient plus, les coqs avaient cessé de chanter, aucun oiseau ne gazouillait plus, les feuilles étaient tombées des arbres, la place où on avait l’habitude de
faire les jeux était souillée d’ordures, les villages étaient silencieux comme s’ils eussent été abandonnés de leurs habitants, et le chien de Celuiqui-soulève-les-pierres pleurait sans discontinuer à l’orifice du Trou-Profond.
Le Zanahary, en percevant les gémissements du chien, lui cria de se taire, car on ne pouvait plus rien entendre, et le chien lui répondit ; « Tant que mon maître ne sera pas vivant, ô Zanahary, je ne cesserai pas de me lamenter. » Le Zanahary excédé envoya le Vorimbetsivaza pour faire vivre Ramanongavato, et le Fortdernier-né, lorsqu’il fut de nouveau vivant, demanda ; « Gomment dois-je faire pour qu’on ne puisse pas me reconnaître sur ma route ? » Le Vorimbetsivaza lui répondit : « Je vais t’oindre de suif, et, si quelqu’un te demande en route qui tu es, tu lui répondras : je m’appelle Bemainty, le Très-noir!» Puis il l’oignit de suif et Ramanongavato rentra dans son pays. Il rencontra des gens qui défrichaient la brousse et leur demanda ; « Donnez-moi des vivres. — Comment t’appelles-tu ? — Je m’appelle le Très-Noir. — Depuis le jour où est mort Cehiiqui-soulève-les-pierres, répondirent en pleurant les hommes, nous n’avons plus donné de vivres à personne. » Et ils regardèrent les traces des pieds du Très-noir et son chien, et dirent ; « Voyez donc ses traces et son chien ! Comme
ils sont pareils à ceux de notre Ramanongavato ! Hélas ! il est parti Celui-qui-soulève-les-pierres ! Hélas ! il est mort, le Fort-dernier-né ! » A ces mots, le Très-noir s’écria ; « Taisez-vous, car je ne suis pas celui dont vous parlez, mais nous nous ressemblons tout simplement. » 11 continuasaroute et passa à côté de gensqui remuaient la terre avec des angady ; il leur demanda, comme aux gens qui défrichaient, de quoi manger. Eux lui dirent : « Comment t’appelles-tu ? — Je m’appelle le Très-noir. — Depuis le jour où est mort Celui-qui-soulève-les-pierres, nous n’avons plus donné de vivres à personne.» Et ils regardèrent son chien et ils virent les traces de ses pieds. « Comme tes traces ressemblent à celles de Ramanongavato ! Comme ton chien est pareil à son chien ! Hélas ! il est parti Celuiqui-soulève-les-pierres ! Hélas ! Il est mort, le Fort-dernier-né ! » Et le Très-noir cria : « Silence, car je ne suis pas l’homme dont vous parlez, nous nous ressemblons seulement. »
Le Très-noir parvint au village et entra dans la case où se trouvait sa femme. Et les deux frères en ce moment-là, étaient absents ; ils se promenaient dans la campagne. Le Très-noir se lava [et les gens le reconnurent quand il eut fait disparaître la graisse dont l’avait oint le Vorimbetsivaza]. On sonna aussitôt l’anjombona et tout le monde criait : « Hé ! Il est vivant,
Celui-qui-soulève-la-pierre ! Hé ! II est vivant le Fort-dernier-né ! Hé !
Quand les deux frères surent que Ramanongavato était revenu, ils n’osèrent plus rentrer dans le village, et s’enfuirent dans un autre pays.
Si ce que j’ai dit n’est pas vrai, ce n’est pas moi le menteur, ce sont les Anciens, qui ont imaginé ce conte !