COTES DE NOEL
1 Il eut alors l'intuition du décret divin :
Le sac qu'il avait cru vide fut ouvert, et son bras s’y plongea jusqu’à
3 l'épaule pour en retirer un petit paquet mystérieux.
à Alors les innombrables bibelots qui avaient été primitivement destinés à l’opulente pantoufle furent divisés en
d deux lots, et les mandataires muets qui, gisant sur le tapis, réclamaient tacitement leur butin, en reçurent chacun une part égale,
Puis, louant le Créateur de son ingénieuse et tendre générosité, le bon petit Noël brisa le cachet de l'enveloppe énigmatique dont il avait
deviné le contenu précieux.
Ausstôt, une poudre dorée s'échappant de ses doigts, tomba dans la sandale de peluche, puis dans le misérable sabot.
Tout ce qui restait d’ombres dans la pièce s’évanouit devant le poudroiement irisé de cette poussière merveilleuse, mettant partout des rayonnements.
La fillette rose, blottie dans la profondeur des coussins, en devint toute resplendissante, et l’ange pâle qui dormait à côté s’anima, se transforma tout à coup, sous le feu des reflets magiques.
Un sang nouveau sembla s'infil-
trer dans ses veines et colorer d’in-
carnat les lis de ses joues. La vie refleurissait en cette frêle créature,
Le petit Noël s'était envolé sans bruit.
Deux voix enfantines éclatèrent ensemble comme un délicieux chant d'oiseaux, emplissant le vaste palais d’'échos inconnus.
En même temps une mère folle de joie accouraïit, élevait dans ses bras son enfant ravivée, et s’écriait en la pressant passionnément sur son cœur:
—Ma prière est exaucée! Soyez béni, Seigneur !
“Qui donne au pauvre prête à
TE
Dieu,” dit un touchant enseignement.
Dans le cas actuel, le tout-puissant débiteur avait royalement soldé sa dette, rendant un trésor pour une obole — une vie chère pour un abri donné à l’orphelin.
Le partage avait été judicieusement fait par le délégué de la Providence. Les deux souliers, sans distinction d'élégance ou dedifformité, avaient été surchargés de bonbons et de jouets.
Tout cela était merveille et nouveau.
té pour la naïve propriétaire du vilain
soulier.
La veille, dans le tumulte d’une
grande rue, un groupe de passants l'avait séparée de sa mère, Voulant la rejoindre et courant en tous sens la pauvre mignonne se perdit.
Alors lasse et désolée, elle s'arrêta et se mit à sangloter dans son châle, murmurant tout bas l’appel qu'elle avait longtemps répété avec des cris déchirants :
—Maman! maman! soupirait-elle comme une invocation, tandis que son petit cœur éclatait.
Soudain, elle sentit que l’on abaissait doucement ses mains. Une srande dame, toute envelnppée de fourrures, penchée vers elle, lui de-
mandait tendrement :
Pourquoi pleures-tu, mon enfant ?
Cette belle femme douce et triste l'avait fait monter dans une superbe voiture, et l'avait emmenée en un palais éblouissant où la pauvresse fut choyée, dorlotée, à un tel point que le souvenir de son malheur en devint moins cuisant.
Elle avait aussi trouvé, sous le toit hospitalier de sa bienfaitrice, un ange
consolateur.
C'était une enfant frêle, avec de
grands yeux pensifs où il y avait quelque chose de profond et de serein
qui étonnait, en la subjuguant, la sim-
p'e fillette.
La belle dame contemplait avec
attendrissement ces deux gracieuses
créatures s’observant avec curiosité et causant en leur langage d'oiseaux.
Elle vint se mettre à genoux près
du joli groupe, et ses yeux tout pleins de larmes, allant de l’une à l’autre, semblaient les comparer.
—— Que je serais heureuse ! répétait-elle, que je serais heureuse !
Prenant entre ses mains la tête angélique de sa fille et la baisant avec tendresse : —
Prie le bon Dieu avec moi, qu'ilte fasse ressembler à cette chère petite!
lui dit-elle.
Les âmes innocentes s'entendent bien entreelles. Les deux bébés devinrent bientôt les plus grandes amies
du monde, L'une essuyait les
larmes de l’autre, qui finissait par sourire aux caresses de sa douce protectrice.
Quand sa belle amie mit sa précieuse pantoufle sur le foyer, la pauvre enfant perdue l’imita naïvement, et les compagnes, gentilles à ravir dans leur posture d’anges, joignirent les mains et prièrent ensemble le petit Noël de s’en souvenir.
Comme on l’a vu, leurs vœux furent accomplis,
Après avoir curieusement parcouru, scruté et exploré le logis magni.
fique qu’elle occupait depuis la veille,
100 CONTES DE NOEL red e rrsmmptrpsoeeimiés la grosse fillette s'orna sans rien
dire de tous les présents qui avaient plu dans son sabot, jeta de travers sur ses épaules le vestige fané qu'elle appelait “son châle,” posa sur le buisson inextricable de ses boucles un bonnet de laine, et se présenta, ainsi équipée, devant un grand laquais qui se tenait debout dans l'antichambre :
— Je veux voir maman, déclara-telle en levant vers lui sa figure ingénue.
— Où demeure-elle, ta mère ? demanda le laquais ironique sans se déranger.
— Je trouverai bien. Ouvrez-moi
seulement cette grande porte.
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Le serviteur galonné se mit à rire en analysant le bizarre accoutrement ue son interlocutrice.
Elle le regardait avec ses grands yeux naïfs, et attendait, Quand, àla fin, il se décida à ouvrir les deux énormes battants de la porte massive, elle se retourna une dernière fois vers sa compagne, lui sourit doucement en manière d'adieu, et, serrant plus fortement ses trésors, pour ne pas les perdre en route, elle partit en courant.
C'est alors que le petit sabot se remit à patauger en expert, et que les polichinelles et les poupées, étroitement emprisonnés entre ses bras,
ee
et ent leurs cheveux joliment ébouriffés par les collisions diverses qu'ils subirent avec les passants, les poteaux de reverbères, que sais-je encore !
Et, ma foi, tout était pour le mieux.
Ces personnalités élégantes, en leur mise irréprochable, se fussent trouvées bien dépaysées dans le logis où les conduisait leur petite maîtresse.
L'emmèêlement de leurs chevelures, et les menues avaries que reçurent leurs toilettes pendant le trajet, les firent accueillir comme de la famille chez leurs nouveaux hôtes.
Après une très longue course, notre amie s'arrêta devant une bicoque, et
frappa la porte du pied en appelant sa mère.
Elle tomba dans les bras de celleci, toute bourrée de ses cadeaux, cherchant à les garantir jusque dans la chaleur de l’étreinte maternelle.
Aux questions empressées : “ D'où viens-tu, chère enfant ? Qu’as-tu fait ? Où as-tu passé la nuit ?”’ la fillette ne répondait rien. Elleexhibait à ses petits frères son riche butin, ses yeux brillant du plaisir de se retrouver dans la misère et l'intimité de sa cahutte,
La rentrée de la chère absente avec
son attrayant cortège chassa le laid fantôme du désespoir qui était venu s'asseoir au foyer,
La mère ravivée, berçant longuement entre ses bras le bébé retrouvé, oublia toutes les angoisses des dernières heures. Le bonheur qui n'attendait que ce signal éclata dans la masure un instant assombrie.. Car le petit Noël avait aussi passé là, jetant dans les sabots la semence d’or qui donne la paix du cœur, l'insouciance heureuse et la fraîcheur colorée d’une vigoureuse jeunesse.
Pour récompenser la charité d'une
mère, Dieu avait donc mis dans un palais le don inestimable qu’il réserve
a ses amis les pauvres. Il y avait déposé le rare bien, l’unique trésor
en cette vallée de larmes.
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A mes trois petites amies, Héva, Constance et Marie-Paule,
Au ciel il ne fait ni jour ni nuit.
Dans cet heureux séjour luit constamment une splendide lumière, faite de toutes les aurores que le bon Dieu garde en réserve pour nous les dispenser une à une, de tous les rayons que nous verse journellement sa mu-
nificence sans jamais en épuiser le trésor, et de tous les astres éblouis-
À 1 110 CONTES DE NOEL | | sants qui lui restent à semer encore dans les espaces azurés.
A la vérité, tout cela serait bien insuffisant pour éclairer l’immensité du céleste royaume, si la toute-puissance du Créateur lui-même ne lilluminait d’un divin et suave reflet devant lequel le soleil pâlit.
C'est bien beau le paradis!
C'est si beau, si beau, que les hommes n’osent pas essayer de le décrire | Pourtant, à certains moments, paraît-il, le ciel retentit d’harmonies inaccoutumées, et semble encore, si c’est possible, rayonner de clartés plus magnifiques. Le jour de Noël, par exemple, c'est grand gala, assure-t-on.
demi men mu”
Je vais vous dire ce qui m'est arrivé, à travers les nuages des enivrants échos de ces fêtes.
Les lyres d’or des séraphins vibraient encore des accents du beau concert de Noël,
Déja les élus les plus anciens — semblables aux bons vieux serviteurs qui ne s’attardent jamais dans l’accomplissement d’un devoir — se relevant de leur longue adoration aux pieds de l’Enfant-Jésus, dont c'était la fête spéciale, songeaient à retourner à leurs postes respectifs,
Saint Pierre regagnait sa loge de concierge d’un pas alerte. (On sait qu'au ciel, le grand âge n'est pas un fardeau.)
Sainte Cécile, qui s'était particulièrement surpassée par des élans d’extatique inspiration, remettait sa harpe dans son riche étui.
Les petits anges folâtres, reprenant leurs jeux, se poursuivaient en agitant leurs ailes blanches, jusqu’auprès de de la belle Vierge qui souriait à leurs ébats, et sous la surveillance du grand maître des angéliques légions, sain Michel.
Le vainqueur de Satan conservait l'allure formidable qui convient à un héros guerrier. Il n'effrayait pas cependant, avec son grand glaive — celui précisément qui lui servit dans
son fameux combat avec Lucifer —
les petits soldats de son armée: quel- ?
ques-uns d’entre eux se refugiaient
jusque dans les plis de ses ailes pour échapper aux espiègles assauts de leurs frères,
— Ah ! maintenant, disait à d’autres bienheureux un beau vieillard, il me faut songer à mes enfants de là-bas !
Savez-vous qui il appelait ainsi, ce beau vieillard ? et soupçonnez-vous
un peu ce qu’il pouvait êtrelui-même ?
Ce vénérable personnage n’était autre que le fameux Santa Claus. Et ses enfants ?.. C'étaient vous, c'étaient
RS
Fr 114 CONTES DE NOEL |
toutes les fillettes sages qui ont mé-.
4 rité des étrennes.
he * *
4 Mes chères amics, je ne voudrais 1 pas être obligée de vous énumérer
à toutes les choses inouïes, renfermées 4 dans le magasin aux étrennes dont É notre vieil ami sait la charge.
j: Cela me prendrait bien plus de | temps qu'il ne lui en fallut pour les
verser toutes dans ses énormes sacs.
Vous savez les superbes carosses
que les fées d'autrefois faisaient surgir de modestes citrouilles, et les toilettes
magiques qu'elles donnaient à leurs
filleules !.. Vous avez vu dans l'histoire de Cendrillon de quels adorables bijoux ces mystiques dames couvraient leurs protégées 2... Eh bien, tout cela n’était rien à comparer au riche bagage de Santa Claus.
Songez-y ! Il y avait là de quoi réjouir tout un univers de petits
enfants |!
Quand le messager de la bienfaisance divine traversait le ciel, courbé sous le poids de ses trésors, pour aller prendre congé du souverain Maître et recueillir ses instructions, le bruyant cortège des anges s’arrêtait pour le regarder passer.
Il se trouvait même des élus qui avaient été d’austères pénitents sur la terre, et qui s'amusaient naïvement à examiner ses délicieux bibelots.
Saint Jérome, par exemple, et d’autres saints qui ont toujours vécu dans le désert, et qui n’avaient jamais vu de joujoux, s’extasiaient littéralement devant tous ces chefs-d’œuvre de la paternelle libéralité du bon Dieu.
* * * — Îl y en a pour tout le monde ?
demanda le Petit-Jésus. Mes enfants
seront tous heureux ?
Santa Claus le croyait bien.
Il partit donc avec une troupe d'anges.
Ces anges sont pour le servir dans sa charitable tournée. Ils se glissent doucement à l'intérieur des maisons, et déposent dans les mignons souliers l'envoi du divin ami de l’enfance.
Cela exempte de la peine au bon vieillard et abrège la besogne. Ila
tant de chemin à faire dans une nuit!
La céleste délégation était de retour au paradis avant que fussent tendus dans le firmament les voiles mordorés du matin, Le cortège, en
arrivant, alla se prosterner devant la divine Majesté,
Cependant, Santa Claus n'avait pas, comme d'habitude, ce sourire content que donnent la satisfaction du devoir accompli et la certitude
d’avoir fait des heureux.
none a mr ut
4 Le Petit-Jésus, que la sainte Vierge berçait dans un lit tout orné de diamants, tandis qu’elle chantait douce-
ment de sa voix qui ravit le ciel, le
i. Petit-Jésus avait remarqué cela tout 4 de suite:
4 — Les présents ont-ils donc man-
qué ? Qui n'est pas satisfait ?
Le bon Santa Claus raconta alors ceci :
— Mon travail était achevé sur la
terre, dit-il. Je remontais lentement
Re
vers ce céleste séjour en jetant sur
l'univers un rétrospectif coup d'œil, Pour m'assurer que personne n'avait été oublié. Je disais, en me réjouissant, à mes compagnons :
— Là, nul ne pleurera demain ! Les prières enfantines que notre bon Père aime tant monteront rs lui reconnaissantes, chaudes et pleines d’amour!... Mais soudain. j'aperçus, dans un des coins obscurs et déserts d’une grande ville, quelqu'un.
une enfant, seule, glacée, perdue dans la nuit noire, Elle tremblait de frayeur, elle se m-urait de faim, de misère et de désespoir, La pauvre
mignonne répétait tout bas, pendant
que ses grands yeux désolés regardaient le ciel et que ses petits membres grelottaient :
— Mon Dieu, qui avez pitié des enfants délaissés !... Ma mère qui êtes là-haut, voyez-moi.… j'ai froid, il fait noir, j'ai bien peur! Elle étouffait ses sanglots de crainte d'attirer les affreux passants de la
nuit.
Que faire pour la consoler !..
Je me mis à chercher dans tous mes sacs, espérant y trouver quel-
qu’objet oublié... mais, hélas !.… rien,
tout était épuisé.
LE JOUR DE L’AN AU CIEL 121 Snap nr
Et d’ailleurs, qu'auraient pu des
jouets devant cette détresse que vous seul, puissant et généreux Jésus, pouvez guérir par un miracle. J'aurais pensé à cela tout de suite, n’eût été l'émotion qui : oublait mes idées.
Après un moment de réflexion, j'envoyai près d’elle un de mes anges, lui enjoignant d'en avoir bien soin tandis que je viendrais vous supplier de la secourir.
Le Père éternel, qui de son trône resplendissant avait tout entendu, dit :
— J'ai vu les larmes de cette er fant J'ai entendu le cri de sa douleur et de sa confiante prière!
Voici ce qui s'était passé tandis que Santa Claus parlait,
Sur un signe du Tout-Puissant, un ange était aussitôt venu se prosterner pour recevoir ses ordres,
Ce prince de la cour céleste était le plus beau des séraphins.
Un rayon de la souveraine bonté de Dieu — celui de sa miséricorde — se reflétait en lui.
À son front brillait un incomparable diadème où était incrusté en lettres formées de l'or des astres, le beau, legrand mot -—- DÉLIVRANCE,
— Va!luiavait dit le Dieu généreux et tendre, va briser les liens qui retiennent sur la terre cette chère
âme martyre !
À cette injonction, le messager obéissant se leva et partit,
Il n’objecta pas qu'il faisait bien noir là-bas, et que le lieu où gisait la pauvresse lui était inconnu.
— La Providence pourvoit et veille à tout !
Telle était sa pensée,
Il déploya ses grandes ailes plus lisses et plus blanches que celles des cygnes, et descendit à travers les couches bleu sombre des espaces, effleurant les mondes sans s y arrêter, et laissant après lui dans les ombres
du firmament une longue traînée
lumineuse.
CE geo ares cnrs
Les savants terrestres dirent :
— C’est un admirable météore !
L'ange de Dieu, lui, qui soutenait la petite agonisante, souffla à son oreille :
—— Courage ! voici la délivrance!
Quand l’envoyé de l’infinie miséricorde fut arrivé dans la grande ville obscure et silencieuse, un phare, épanchant une douce lueur, semblable aux rayons caressants de la lune, parut au ciel et lui montra sur le sol dur et glacé, la belle enfant à genoux,
suppliante, les mains élevées en une
muette prière...
Il enleva son Âme et remonta avec
elle au Paradis.
Là, elle reçut la belle couronne des élus et la glorieuse palme du martyre!
Là, elle oublia toutes ses souffrances aux pieds de Dieu, auprès de la tendre Vierge et de sa mère, qu’elle retrouvait là-haut !
Elle fut tout de suite amie avec les petits anges qui, pour jouir de son naïf ravissement, se plaisaient à lui
montrer toutes les splendeurs du ciele
Quand elle alla baiser les pieds du Petit-Jésus, le divin Enfant lui de-
manda avec un doux sourire :
a mer — mere
— Regrettes-tu ton jour de l’an de la terre, ma petite amie ?
Des larmes de bonheur et de re-
connaissance répondirent pour elle.
Le lendemain, les passants trouvèrent sur le pavé un petit cadavre froid et rigide.
— Pauvre, pauvre enfant ! murmuraient-ils dans leur pitié, |
Mais elle, au sein de la félicité et de l’extase des cieux, disait aussi :
—— Pauvres, pauvres mortels !
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° 4 ne nr Er La < Ra a + CE LES Et FF à RE . mr * = ù ere ss = : Press = DT ENr : : NA Emerc - — > Le Hs Pc CAR OS ue ons pr CA Ta NS ; x CLAIRE De ere En ee ns SR DA nd de po . - 5 APS 1 x 4 Rs dm cmd TT FE Fe ee Pr és Le «à PRE 7 v/ GE muz L | RSS RD En RO Dre LA RP er ER PACA S Ë S 5 Di Léne a 2 tn s ? & & Ex .
Petite fable
Le soleil avait souri, à travers les branches dénudées, d’un sourire plein de promesses ; les bourgeons avaient percé la dure écorce, les corolles s’entr'ouvraient fraîches et rieuses, et les arbres, jasant avec la brise, balançaient leurs dômes verdoyants audessus des sources grondeuses.
Les oiseaux revenaient par essaims pour fêter la naissance des vertes feuillées, et celle des marguerites, leurs petites amies des champs.
Les nids moëlleux s’équilibraient
PR Se ls ‘aux jointures des branches ; déjà leurs
hôtes se gazouillaient tout bas leurs he espérances pour la nouvelle couvée.
À la cime d’un grand chêne, tout
une famille de serins saluaient, certain
matin, l'aurore de son premier Jour.
Le ruisseau qui dort, sous les grosses branches de l'arbre géant, le
se
rayon de soleil qui miroite sur la feuille humide au bord du nid, le coin d'azur à travers le rideau de feuillage, cette verdure flottante qui les berce