‹ Contes de poupéesChapitre 1 sur 10 · CES ÉVOCATIONS SONT DÉDIÉES · texte numérisé non relu

CES ÉVOCATIONS SONT DÉDIÉES

...EN PVR RESPECT,

Poupées graciles et mièvres que la fièvre d'un désir

créa, que la passion a torturées, que l'assouvissement d'un caprice mauvais fit rejeter brutalement, inertes — tel un jouet que ion brise

Je les ai toutes connues, les poupées.

Je sais la grâce de leurs membres frêles, je sais la fixité de leurs regards et la mobilité de leurs pensées. Je connais avec leurs gestes las et cassés, le mystère de leurs âmes.

Amant de leur Guignol tragique, je ne soulève le rideau qui les séparait du monde qu'avec l'orgueil de Cœuvre aimée davantage que conçue.

Elles sont les petites sœurs qui du frôlement de leur corps inviolé, caressent les heures inconsciemment moroses de l'enfance, comblent les minutes d'espoir de Fadolescence, et fiancées, réalisent par de pieux et déchirants sacrifices, le désir d'idéal que tout homme porte en soi.

Je vous offre leur passé et la fatalité de leur avenir.

Prédestinées de vos aspirations, regarde\-les aimer et mourir.

Adorez-les, car femmes, elles sont les créatures éphémères du Poète, ces filles de la douleur que j'ai de vivre...

Paris, le 3o Mars 1897.

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