‹ Contes de Saint-LambertChapitre 3 sur 11 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

poème y avaient déjà paru séparément sous le voile de l'anonyme, quoique le nom de leur auteur ne fût un secret pour personne. Ils furent publiés d'abord dans les journaux littéraires, et on en fit des tirages à part, que Saint-Lambert distribua à quelques amis. Ces exemplaires circulèrent dans les salons où Von s'occupait de littérature, et il n'en fallut pas davantage pour établir la réputation du conteur. On a lieu de s'étonner que ce succès n'ait pas encouragé Saint-Lambert à tenter de nouveaux essais dans un genre où il avait si bien réussi. On est forcé de supposer que ses Contes, qui avaient le don d'émouvoir la sensibilité des femmes, ne plurent pas à la secte des philosophes.

Voici ce que disait, du conte intitulé Sara Th..., la Correspondance littéraire de Grimm et de Diderot, en septembre ijSS :

« On a conté, il y a quelque temps, comme un fait certain arrivé en Angleterre, qu'une fille de qualité, éprise d'une passion insurmontable pour son laquais, maîtresse de sa personne et d 9 une grande fortune, avait disposé de tous ses biens en faveur de la famille illustre à laquelle elle appartenait, et, se réservant une très petite somme d'argent pour sa dot, s'était retirée dans le pays de Galles pour y épouser son amant et y embrasser avec lui l'état de paysan. Il

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