‹ Contes de Saint-LambertChapitre 4 sur 11 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

y a dans ce fait, s'il est vrai, un mélange singulier de bassesse et de grandeur. M. de Saint-Lambert ta cru propre à faire le sujet à" un petit roman, qu'on a inséré dans la dernière Gazette littéraire comme une traduction tirée de l'anglais; mais, au vrai, il n'a jamais existé dans cette langue. On en a imprimé quelques exemplaires à part, en faveur de ceux qui n'ont pas la Gazette littéraire. Cette petite brochure a pour titre : Sara Th..., nouvelle traduite de l'anglais. Cela est médiocre. Remarquez d'abord qu'une fille de qualité qui épouse son laquais ne peut être le sujet d'une petite nouvelle ; c'est le sujet d'un roman terrible, et Vhomme du plus grand génie ne serait pas trop fort pour le traiter comme il convient. Il faut que le caractère de cette Sara soit conçu supérieurement; que ce soit la créature du monde la plus honnête et la plus sensible, douée de l'imagination la plus inflammable à la fois et la plus indomptable; il faut que je la voie entraînée, malgré elle, par cette passion fatale, et que toute sa vertu ne soit employée qu'à la rendre moins blâmable, à force de sacrifices. Et le caractère de son amant, qui saura nous dire comment il faut qu'il soit ? C'est un bonheur de le trouver, mais dont on ne peut se flatter qu'après l'avoir obtenu. M. de Saint-Lambert a cru qu'en donnant à ce laquais des goûts et des qualités au-

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