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Contes des fées

ères, niais amis et voisins, al- ?„- èrer.t se promener après en (%&■,.: voir obtenu la permission de

<À^-" u r s p aren ts . IIe t ra versèrent à

ÉsOfSH^*- Ikf? njjrgué un ruisseau 'impide et eutrèrer.t dans des bois épais où ils s'assirent sur l'herbev Qu'on est heureux , dit Fuq d'eux , quand on n'a rien à faire, quand on peut se promener comme cela tous les jour» ! Les ^eus rjcb.es peuvent jouir de oe bonheur-la. — Sans doute , ajouta le

second. Si je n'étais pas obligé d'aller à l'école I — Moi, dit un troisième, j'apprends le métier de tapissier ; il faut que je porte, du matin au soir, des échelles, des paquets, qui sont lourds, ah ! — C'est comme moi, interrompt nn autre ; je suis apprenti chez un épicier, qui me fait aussi porter des crucches d'huiles, des livres de café, et tout cela sur ma tête, dans une manne. Je ploie quelquefo»* sous le faix.

Le cinquième, nommé Théophile, se contenta de leur répondre, sans se plaindre comme eux : Que voulez-vous, mes amis ; tout le monde est né pour travailler, d'une manière [«lus ou moins rude. Le plus riche travaille, dans son genre d'état, comme le plus pauvre. Ce gros financier qui demeure à côté de nous entre dans son cabinet à sept heures du matifl, et, le soir, à minuit, il y travaille encore : on dit qu'il pâlit sur des chiffres. Pourquoi ne jouit-il pas librement de sa grande fortune? Moi, je suis, comme vous , dans une maison de commerce de mercerie. J'ai beau y travailler comme un mercenaire, je ne gagne rien encore, et sans ma grand'raaman qui a la bonté 'Je me loger, de m'habiller, de me nourrir, je ne sais pas ce que je deviendrais. Encore elle n'est pas riche, ma grand'maman; elle ne vit que par économie; elle se prive de tout pour moi. Oh ! je ne me plaindrais pas de travailler encore davantage, si je pouvais l'aider à mon tour de mon gain! EUoest si boanel elle a eu pitié d'un malheureux orphelin.

Comme il disait ces mots , une marchande de noix passa. C'était une petite femme tout eavelop*-

pée dans un grand mantelet d'indienne qui lui descendait jusqu'aux talons, Nos cinq enfants lui achetèrent un cent de noix, dont ils bourrèrent leurs poches. En la- payant, ils remarquèrent qu'elle avait le visage voilé d'un coëfîe noire qui se nouait sous son menton. Pourquoi donc, la mère , lui demanda Théophile, cachez-vous ainsi votre visage ? — Hélas, mes bons petits enfants, répondit la vieille, une maladie cruelle, la petite vérole, m'a rendue si, laide, que je me fais peur à moi-même. — Quel dommage?

La vieille passa son chemin ; mais soudain le ciel se chargta de nuages, et un orage affreux éclga sur la forêt. Les enfants se réfugièrent dans une* espèce de grotte, où ils ne reçurent pas une goutte d'eau. Quand l'orage eut cessé , ils se mirent en route pour rentrer chez eux , en sautant les ravins, en marchant pour ainsi dire dans l'eau. Ils étaient aux trois quarts du chemin qu'ils avaient à faire , lorsqu'ils virent devant eux une petite vieille femme , courte , couverte de sales haillons , qui paraissait boiter, et qui, pouvant à peine marcher, avait une peine horrible à se tirer des boues où elle enfonçait jusqu'au mollet.

Les quatre camarades de Théophile se mirent à éclater de rire, en se moquant de cette pauvre femme. Eh! la vieille, voulez-vous ma voiture! attendez, je vais vous porter sur mon dos, mais pour vous jeter dans la première ornière. O quelle figure et quels yeux ! comme elle les équarquiïle! et mille autres mauvais propos.

La pauvre vieille grimaçait en eflet f en leur fai-

Je juste» reproches; elle roulait des yeux terribles et les appelait des petits coquins. Elle voulut même lever son bâton pour les frapper ; mais n'ayant plus ce soutien qui lui était indispensable, elle glissa et tombn clans une mare des plus bourbeuses. Nos ijUçtre mauvais sujets, enchantés de sa mésaventure, se mirent à ramasser de la boue et à lui en jeter sur le dos, sans avoir l'humanité de l'aider dans les *ain* efforts qu'elle faisait pour se redresser.

Théoohile, outré d'iudifrnation, dit à ses camarades : 0tez-vou3, méchants! que l'un de vous ose encore insulter cette infortunée ; il aura affaire à moi.

Il les jfousse à droira, à gauche, vole à la vieille, *t, sans s'inquiéter s'il gâtera ses mains ou ses habits, il parvient à la retirer de la mare. Mais elle est faite ! elle n'est que boue de la tète aux pieds , et Théophile aussi ! Grand merci, dit-elle, bon petit garçon! quoique j'aie lieu d'en vouloir à vos jeunes amis, ne les grondez pas davantage "à mon sujet. C'est moins leur faute que celle du destin. Il m'a rendue si laide, si malpropre, qu'à tout moment j'éprouve de semblables avanies. Tous les petits polissons me suivent en me disant cent sottises. — • Pauvre femme ! s'écria Théophile en soupirant. Ah! je voudrais que le cie> vous rendit à l'instant jeun* et jolie, pour que vous n'éprouvassiez plus !...

Il n'a pas le temps d'achever. jLa vieille se change à ses yeux en une grande, jeune et belle femme, toute couverte de soie, d'or et de diamants. Enfant humain, généreux et compatissant, dit-elle à ThéophUt Ut vois devant toi la iée Barbotte, qui est

condamnée à garder pendant trois ans la forme-affreuse sous laquelk tu viens de (a rencontrer, à moins que quelque passant charitable ne forme pour elle le souhait que ton bon cœur t'a fait exprimer. Tu juges que cela est impossible. Dans cet itat rlcgoûtant, tout le monde me fuit, m'injurie , ei tu es le premier qui, libremenr, sans y être excité, as prié le ciel de me faire redevenir jeune et jolie comme je suis. Je dois rester trois ans telle que me voilà, puis trois autres années vieille et horrible comme tout à l'heure. C'est une métamorphose qui m'a été imposée par un méchant enchanteur plus puissant que moi . et qui doit s'opérer ainsi successivement de trois en trois années. Je n'avais repris que d'hier mon odieuse forme ; ainsi , grâce à toi, j'en ai pour six ans à rester belle et brillante d'atours. Quel service tu m'as rendu e\ combien je t'en dois de reconnaissance ! C'est moi qui ,v avant l'orage, t'ai vendu les noix que tu manges-là... Mais que fais-tu? tu jettes à terre cette coquille, parce qu'elle est vide? garde-toi bien de la perdre ; ramas?e-la , mon cher enfan*, et garde-la soigneusement : j'y ai caché un talisman des plus utiles pour toi. Quand tu voudras, cette coquille se changera en l'objet que tu désireras. Tu n'auras qu'à lui dire : Coquille de noix, 'deviens ceci, cela, ce qui te fera plaisir. Je te préviens encore que mon pouvoir ayant ses bornes, je n'ai pu donner à cette coquille la vertu de se métamorphoser que quatre fois. Au cinquième vœu que tu fierai , elle éclaterait dans ta main comme un coup àt> tonnerre, et elle pourrait occasionner de grands malheurs. Dans oei

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quatre métamorphoses, je ne compte pas celtes ok tu voudrais la faine revenir dans son état naturel. Cela fera en tout huit changements si tu veux. Adieu, aimable enfant : n'oublie pas plus la fée Barbotte qu'elle ne t'oubliera.

Elle dit, et disparut sous la forme de l'arc-en-

Qui est content eî bien étonné ? c'est Théophile. Tandis que ses camarades restent confus et n'osent l'approcher, Théophile examine sa précieuse coquille, et ne la trouvant pas différente des autres, il craint que la fée ne se soit moquée de lui. Il témoigne cette terreur à ses camarades , q»ui , par ja lousie et pour l'intriguer, lui persuadent que la fée a voulue en effet, abuser de sa crédulité.

L'un d'eux tire de-sa pèche une noix qu'il casse dans ses dents; mais soudain il la jelteen s'écriant : Grand Dieu 1 que c'est mauvais !

Toutes les noix des quatre railleurs n'étaient plu» remplies que d'un fiel noir et dégoûtant. Celles de Théophile, au contraire , étaient doublées de grosseur et de saveur. Il eut la bonté d'en donner à ses petits amis ; mais, dans leurs mainSp elle devinrent aussi mauvaises que les leurs.

Cependant il» marchaient tous les cinq*, en s'entreteuant d^ cette singulière rencontre. Arrivés au ruisseau qu'ils avaient traversé à gué le matin, ils le ♦.rouvèrent tellement gonflé par les eaux des ravins , qu'il était devenu une véritable rivière. Comment faire pour la passer! il est tard ; leurs parents vont l'inquiéter de leur absence, et Théophile ne voudrait pas causer le plus léger chagrin à sa bonne

grand'ruère î II s'imagine de profiter de la coquille pour un premier souhait. Il la jette dans l'eau ea lui disant : Coquille de noix , deviens un 6ateau,

 l'instant , la coquille s'alonge, s'élargit , se creuse, et offre aux yeux la plus jolie gondole qu'on puisse voir. Un beau noyer lui sert de mât, et les nombreuses feuilles de ce grand arbre offrent un abri contre les rayons du soleil et même contre la pluie. A peine nos cinq enfants, émerveillés, se sont-ils placés dedans qu'elle s'éloigne du bord et va d'elle-même les transporter à l'autre rive ; mais il n'y a que Théophile qui y soi^à pied sec. Ses quatre amis sentent les planches s'ouvrir sous eux ; ils restent assis sur le bord de l'ouverture qui vient de se faire; mais leurs jambes trempent tout à faitdans l'eau, et, avec cela, de gros vilains poissons. viennent leur tirer les pieds. Ils jettent des cris perçants ; ils se croient perdus, dévorés; mais ils arrivent enfin, ainsi que Théophile, et ils se hâtent de rentrer chez leurs parents, pour changer leurs vêtements qui sont tout mouillés.

On devine bien que Théophile, en sortant de la

mloJe, lui a ordonné de redevenir coquille, ce

i i Vile a .'ait. Il Ta mise dans sa poche, et il revient

a ez sa grandVnère , à qui il raconte cette surpre-

i nfe aventure. La bonne mère-grand ouvre des

yeux étonnéL Elle considère le talisman, et comme

elle aime l'argent, dont en effet elle n'est pas trop

chargée, elle dit : Sais-tu . mon petit-fils, que si tu

voulais être sage, raisonnable, il y aurait de quoi

&ue notre fortune avec cela ? Tu vois que je ne

suis pas riche, il s'en faut! tu grandis d'année en année; il te faut des habits plus amples, du pain en quantité. Tout cela me coûte , et je ne sais si j'y suffirai quand tu seras un homme. Ecoute, mon Théophile, il me vient une idée, c'est d'ordonner à cette coqiv'le 'le desenir un grand coflVe-fort plein d'or : cela >pourrait-il ? la fée t'a-fc-elle dit qu'elle pourrait se changer en or ?

Théophilr, répond : Je n'en sais rien , bonne maman, la fée Barbotte ne m'a rien dit de cela ; mais puisqu'elle prétend que j'en puis faire tout ce que je veux , essayons. 0 mon Dieu ! que je serais donc heureux, si cela pouvait vous donner une existence pius tranquille. Voyons. Coquille de noix, deviens un grand coffre- fort tout plein de louis.

O surprise! la coquille se change en un coffre de deux pieds carrés sur un de hauteur, et dont le couvercle s'ouvre à l'instant tout seul. La bonne vieille dame ne peut contenir sa joie quand elle regarde dedans et quelle le voit plein jusqu'au bord d'une quantité incalculable de louis ! sont-ils véritables , s'écrie-t-elle, ou bien est-ce de la fausse monnaie?

Théophile court en changer un chez un marchand mercier, en lui disant : On a donné en paiement, à ma grand'mère , quelques louis comme celui-là ; el/e craint qu'ils ne soient pas bons.

Le marchand examine, essaie le louis, et répond en le lui rendant : il est excellent, mon ami, je souhaiterais que tu en eusses comme cela quelques centaines.

Théophile dit tout bas en s'en allant: S'il savait que j'en possède quelques milliers 1

11 rentre, il ferme bien son coffre, où il se trouve

une serrure et une ciel ; mais la mère-grand et soa

etit-fils passent la soirée à former mille projets. Le lendemain matin, la vieille dame dit à Théo-

hile : Je u'ai pas fermé l'œil de la nuit, va, je n'ai fait que penser à notre cher trésor, et il m'est venu un projet. Le seigneur d'ici à coté ,eut vendre sa terre, son château , son riche mobilier; je puis acheter tout cela , ainsi que les chevaux , les voitures, tout ,* tout , tout! — Mais, bonne maman, y aura-t-il assez dans le coffre pour faire une pareille acquisition? — Oh , mon Dieu oui, 'mon enfant ? au surplus , nous aurions une ressource ; ce serait de le rétablir coquille, et de le faire redevenir coffre-fort, puisqu'il te reste deux souhaits à former ; il n'y a de^raison pour ne pas avoir deux coffres encore pleins comme «elui-là. Au surplus, comptons la somme/qu'il contient, et enfermonsnous bien pour que personne ne nous voie.

La grand'mère ferme les portes , les fenêtres : elle tire même les rideaux sur les croisées. Les voilà dans une espèce d'obscurité, mais bien sûrs de n'être ni vus , ni entendus. La grand'mère ouvre le coffre, veut prendre une poignée de louis; mais, chose bizarre ; ils ne viennent pas ; ils semblent tous attachés les uns aux autres. Elle gratte avee ses doigts, aucun ne se détache. Oh, oh! dit-elle en frémissant ; qu'est-ce que cela veutv dire ? Théophile?

Théophile éprouve la même résistance que sa grand'mère. Il gratte aussi cette lourde masse, et n'en obtient qu'une seule pièce d'or, qu'il pose sur

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