GOURMANDINET
dû bientôt la plus violente indigestion le conduisit aux portes de la mort. Il fut condamné par tous les médecins, et ses parents, au désespoir, allaient recueillir son dernier soupir, lorsqu'on vit revenir madame de Folleville.
Qu'avez-vous fait, madame? lui disent M. et madame Grandin en fondant en larmes. Approchez-, vous de ce lit de doubur ; voyez dans quel état vous avez mis notre malheureux fi!s ! — Moi! réj>o;;d madame de Folleville. Eh ! voilà la première lois que je le vois depuis le jour de sa naissance. i'.nrrive, à l'instant même, de ma terre que je )>W pas quittée depuis six mois. Ma lettre a dû vous apprendre que j'y étais toujours. Comment aurais-je pu rendre votre fils malade, puisque je viens vous le demander aujourd'hui? — Comment, vous ne l'avez pas emmené dimanche dernier à votre maison de campagne? — Dimanche! moi? j'étais à' quarante lieues d'ici, et je n'ai plus ma maison de campagne; je l'ai vendue l'hiver dernier.
Il s'élève entre ces trois personnes une querelle qui va finir par des injures, lorsque tout à coup on entend des éclats de rire sortir d'une bouteille qui était sur la cheminée. I.a bouteille se cassa, et, à sa place, on voit paraître une petite vieille toute décharnée qui dit, en riant : Bonjour, messieurs et mesdames ; ne vous dispute/ pas tarte pour une chose que je vais vous expliquer. Je suis îa fée Berlinguette ; mon seul plaisir est de faire des malices aux petits enfants; j'ai voulu m'amuser sur le vôtre, et lui faire sentir qu'on ne retient les enfants sur la nourriture que pour leur bien uniquement, poar
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qu'ils De soient jamais malades. Ainsi (faoc, sachant que madame de Folleville vous avait écrit, j'ai pris sa figure; j'ai emmené le petit bonhomme dans une prétendue maison de campagne créée par le moyeu de ma baguette, où je u'ai jamais été plus contente que de le voir se donner une bonne indigestion; mais si j'ai fait le mal, je puis le réparer, car, au fond je ne suis qu'espiègle, et pas du tout méuiaute.
Elle touche l'enfant, qui reviut à lu vie, puis elle ajoute : Adieu, je vais m'égayer sur d'autres enfants ^ni sont aussupleins de défauts. En sortant d'ici, j'ai à punir de diverses manières, dans votre quartier seulement, une menteuse, un sournois, un petit mauvais cœur, trois orgueilleux, dix répondeurs •t trente six gourmands comme celui-ci.
Elle disparut » et Gourmandinet devint aussi sobre qu'il avait été glouton, tant il eut peur que la fée Berlingueite ne revint lui jouer un nouveau tour.
Enlautà ! méditez ces leçons et songez bien qu'en contentant vos pari'Ots, vous préparez votre bonfccur a vous-iiK.
4 1e de Noix. .
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