‹ Contes des féesChapitre 13 sur 14 · GOURMANDINET · texte numérisé non relu

GOURMANDINET

ou COIN TE.

e fiais ce recueil, mes enfants, par un petit conle bien court, mais qui pourra donner une (petite leçon à plusieurs (feutre 'vous. |

Fanfan avait neuf ans, et il .était si gourmand que tout le monde lui avait donné le surnom deGourmandinet. Cela était bien houleux pour lui, mais il n'en sentait pas le ridicule, et semblait au contraire prendre tous les jours plaisir à le justifier.

Comme on le tenait très-ferme chez ses père et mèie, on Ip suivait partout dans le jardin. On lui détendait même d'entrer dan* la cuisine, de peur qu'il n'y prit quelques friandises. Cela n'empè< hait pas qu'il ne trouvât lonjour* le moyen d'aller dérober des fruits. Un dimanche que ses parents étaient allés i) la messe, Gourmaudinet étant resté à cause d'uua légère indisposition, il échappa à la surveiU

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iance de sa bonne, se glissa d'allée eu ailée jusque derrière une charmille de forts grozeillers, et là, il s'en donne à cœur joie.

Il ^evint bien rouge cependant quand il vit paraître devant lui une belle -clame d'un certain âge qui lui dit : Ne t'eUVaie pas, Gourmandinet ; je suis ta marraine; je ne t'ai pas vu depuis six ans, et aujourd'hui, je vais t'emmener à ma campagne pour y passer quelques jours. Seras-tu content? — Oh! oui, mada... ma marraine. — Cn dit que tes parents sont sortis ? — * Ils vont revenir, ma marraine. — Continue; mange toujours des groseilles, cela me fera plaisir. Oh ! je île te priverai de rien chez moi.

Merci, ma marraine, — Cesse cependant; car voilà ton père et ta mère.

M. et madame Grand in se présentent et disent : Eh ! c'est madame de Folleville ! — Bonjour, mes amis, répond la dame. Vous avez reçu une lettre de moi? — Cela est vrai, répond M. Giandin; mais vous nous marquez que vous ne rendrez que dans Luit jours, et vous voilà aujourd'hui ! —J'ai hâté mon voyage. Je brûlais de "soir, de posséder mon petit fil eul, el je l'emmène aujourd'hui comme je vous l'ai demandé. — Madame, il est à vous, mais peur la semaine seulement ; et veillez bien sur lui, car il est si gourmand ! — Ne craignez rien, il est sa bonnes mains

On dina ; puis madame de Folleville monta dans sa voiture avec Gourmandinet, qu'elle emmena à sa maisou de campague, située à une lieue de là.

Madame de Folleville avait une fille de douze

ans, qu'elle donna pour compagne à Gourmandinet; puis» elle vtfi à ce dernier : Ah ça, mon garçon, je suis obligée d'aller dans une de mes terres. Pendant mon absence, tu auras ici tout ce que tu voudras. Tu «cueilleras dans le jardin tous les fruits qui te plairont. Ma domestique a l'ordre de ne te rien refuser. C'est comme cela que j'ai élevé ma fille. Oh! je ne ressemble pas à tes parents, moi, je ue gène les enfants sur rien. Bonsoir ; à demain.

Le lendemain, madame de Folleville partit. Oa était à la fin de l'été; Gourmandinet courut au jardin, et mangea en quantité des prunes, des poires, du raisin, tout ce qu'il voulut. A déjeuner, à dîner, à goûter, à souppr, la cuisinière lui servit, ainsi cjîi'â la petite fille, qui mangeait tête-à-tète avec lui, des mets exquis, des pâtisseries, des fromages à la crème, des confitures en quantité. Celte cuisinière se retirait sans mot dire, quand elle avait servi ses plats, de manière que nos deux enfants dévoraient tout ce qu'ils voyaient. Quelle fête pour Gourmandinet i

Mais Gourmandinet s'en donna tant, et à table et an jardin, pendant six jours , que les meilleurs fruits, les plus beaux mets, tout finit par le dégoûter: bien plus, il se sentit *'■ malade, si malade, que craignant de mourir là, ii résolut de ne pas attendre Je retour de sa marraine, dont l'excès de licence lui paraissait blâmable au fond du cœur. Il partit à pied, et ce fut tout ce qu'il put f;.ire que d'arriver cliez ses père et mère, auxquels il fut forcé d'avouer les excès auxquels il s'était livré.

Il était si pâle, si souffrant, qu'on le mit au lit,

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