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64 CONTES DES FÊLS.
vait tout ce qu'elle venait lui dire, mais qu'elle n’en eût aucun souci, que rien ne pouvait lui nuire, si elle exécutait fidèlement ce qu’elle allait lui prescrire. Car, ma chère enfant, lui dit-elle, ce serait une grande faute que d’épouser votre père; mais, sans le contredire, vous pouvez l’éviter. Dites-lui que, our remplir une fantaisie que vous avez, il aut qu'il vous donne une robe de la couleur du temps; jamais, avec ‘tout son amour et son pouvoir, il ne pourra y parvenir. La rincesse remercia bien sa marraine; et dès fe lendemain matin elle dit au roi son père ce que la fée lui avait conseillé, et prolesta qu'on ne tirerait d'elle aucun aveu, qu’elle n’eût la robe couleur du temps. Le roi, ravi de l’espérance qu’elle lui donnait, assembla les plus fameux ouvriers, et leur commanda cette robe, sous la condition que s'ils ne pouvaient réussir, il les ferait tous pendre. Il n’eut pas le chagrin d’en venir à cette extrémité ; dès le second jour, ils apportèrent la robe si désirée. L’empirée n’est pas d’un plus beau bleu, lorsqu'il est teint d’un nuage d'or, que cette belle robe lorsqu'elle fut étalée.
L’infante en fut toute contristée, et ne savait ÿ comment se tirer d’embarras. Le roi pressait < la conclusion ; il fallut recourir encore à la la marraine, qui, étonnée de ce que son se-
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= cret n’avait pas réussi, lui dit d'essayer d’en |