LE] CONTES DES FÉES
rier ; et vous pensez bien que, soumis comme je suis à vos volontés, je vous obéirai tou- Jours, quoi qu’il m’en coûte.—Ah! mon fils, reprit la reine, rien nenous coûtera pour te sauver la vie; mais, mon cher fils, sauve le mienne et celle du roi ton père, en me déclarant ce que tu désires, et sois bien assuré u’ilte sera accordé.—Eh bien! madame, dit-il, puisqu'il faut vous déclarer ma pensée, je vais vous obéir; je me ferais un crime de mettre en danger deux êtres qui me sont si chers. Qui, ma mère, je désire que Peau d’Ane me fasse un gâteau, et que, dès qu'il sera fait, on me l’apporte. La reine, étonnée de ce nom bizarre, demanda qui était cette Peau d'Ane.—C'est, madame, reprit un de ses officiers, qui par hasard avait vu cette fille. c'est, dit-il, la plus vilaine bête aprèsle loup ; une noire peau, une crasseuse w loge dans votre métairie et qui garde vos dindons.
—N’importe, dit la reine; mon fils, au retour de la chasse, a peut-être mangé de sa pâtisserie ; c’est une fantaisie de malade ; en un mot, je veux Es Peau d’Ane, puisque Peau d’Ane il y a, lui fasse promptement un âteau.
. On courut à la métairie, et l’on fit venir Peau d’Ane, pour lui ordonner de faire de son mieux un gâteau pour le prince.
Quelques auteurs ont assuré qu’au moment
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ue ce prince avait mis l’œil à la serrure, eau d'Ane l'avait aperçu, et puis que, regardant par sa petite fenêtre, elle avait vu ce rince si jeune, si beau et si bien fait, que l'idée lui en était restée, et que souvent ce souvenir lui avait coûté quelques soupirs.
Quoi qu’il en soit, Peau d’Ane l'ayant vu, ou en ayant beaucoup entendu parler avec éloge, ravie de pouvoir trouver un moyen d'être connue, s'enferma dans sa chambrette, jeta sa vilaine peau, se décrassa le visage et les mains, se Coiffa de ses blonds cheveux, mit un beau corset d'argent brillant, un jupon pareil, et se mit à faire le gâteau tant désiré: elle prit de la plus pure farine, des œufs et du beurre bien frais. En travaillant, soit de dessein ou autrement, une bague qu’elle avait au doigt tomba dans la pâte, s'y méla, et dès que le gâteau fut cuit, s’affublant de son horrible peau, elle donna le gâteau à l'officier, à qui elle demanda des nouvelles du prince ; mais cet homme, ne daignant pas lui répondre, courut chez le prince lui porter ce gâteau.
Le prince le ee avidement des mains de cet homme, et le mangea avec une telle vivacité, que les médecins qui étaient présents ne manquèrent pas de dire que cette fureur n'était pas un bon signe ; effectivement le prince pensa s'étrangler par la bague qu'il