‹ contes des landes et des grevesChapitre 14 sur 81 · LE RENARD DORÉ I · texte numérisé non relu

LE RENARD DORÉ I

maison où il demanda asile pour la nuit.

Mais il était à peine couché, lorsqu : il entendit les gens dire qu'il leur fallait se lever le lendemain, bien avant le soleil.

— Pourquoi, demanda-t-il, avez-vous besoin de vous lever si matin ?

— C'est, répondirent-ils, parce que nous sommes obligés d'aller au bord de la mer chercher le jour dans des charrettes.

— Vous n'aurez pas besoin d'y aller demain, leur dit-il ; j'ai un petit animal à plumes : chez nous on l'appelle un coq; dès qu'il aura chanté, le jour arrivera.

Les gens du pays avaient bonne envie de savoir si cela était vrai, et de peur de manquer d'entendre chanter le coq, ils ne purent s'endormir cette nuit-là. Au matin, le coq se mit à chanter ; aussitôt les gens de la maison se mirent à la croisée, et virent que le jour arrivait. Us se hâtèrent d'aller raconter la chose au seigneur du pays, qui fit venir le garçon, et lui demanda à acheter l'animal qui faisait venir le jour.

— Je veux bien le céder, dit-il ; mais à la condition que vous me donnerez un cheval chargé d'or.

— Un cheval chargé d'or, soit, répondit le seigneur.

Et le jeune garçon fut bien aise d'être devenu riche, grâce à son coq.

Celui qui avait hérité du chat se mit aussi en route avec son chat ; il alla loin, bien loin, encore plus loin que je ne dis ; il finit par arriver dans une île, et frappa à la porte d'une maison où il demanda à coucher.

— Volontiers, répondit l'hôte; mais je dois vous prévenir que dès que la nuit est venue, il arrive de petits animaux qui rongent tout et ne laissent personne dormir.

— J'ai avec moi, dit le garçon, un petit animal ; on l'appelle chat dans mon pays, qui sait bien faire la guerre aux rats et aux souris.

La nuit venue, les rats et les souris s'attirèrent de tous les coins; aussitôt le garçon mit son chat dans la place, et il étrangla tant

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