LE RENARD DORE I I
— Non, nous ne le voyons pas.
— Il va passer dans son carrosse ; si vous ne dites pas que tout le linge est au marquis de Carabas, il viendra vous tuer.
Quand le roi arriva à la prairie, il dit aux lavandières :
— A qui est cette belle prairie et ce beau linge ?
— Au marquis de Carabas.
— Ah ! dit le roi, vous avez là une belle pièce.
— C'est peu de chose, répondit le marquis.
Compère le Renard, continuant sa route,
arriva dans des champs où il y avait du monde à scier du blé.
— Vous ne voyez pas le roi venir ?
— Non, répondirent-ils, nous ne le voyons pas.
— Il va bientôt passer dans son carrosse ; si vous ne dites pas que tout ce blé est au marquis de Carabas, il viendra vous tuer.
Quand le roi arriva aux champs, il dit aux scieurs :
I 14 CONTES DKS LANDES ET DES GREVES
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— A qui sont ces blés ?
— Au marquis de Carabas.
— Ah ! dit le roi, vous avez de bien belles moissons.
— Ah ! sire, c'est peu de chose.
Compère le Renard vint dans une prairie
où pâturaient des bœufs ; il dit aux pâtours :
— Vous ne voyez pas le roi venir ?
— Non, répondirent-ils, nous ne le voyons pas.
— Il va bientôt passer dans son carrosse ; si vous ne dites pas que tous les bœufs sont au marquis de Carabas, il vous tuera.
Quand le roi arriva à l'endroit où pâturaient les bœufs, il dit aux pâtours :
— A qui sont ces bœufs ?
— Au marquis de Carabas.
— Ah ! dit le roi, vous avez de bien beaux bœufs.
— Ah ! sire, c'est peu de chose.
Compère le Renard arriva à un couvent de
moines, aussi beau que le palais d'un roi ; il leur dit :
— Vous ne voyez pas venir le roi î