‹ contes des landes et des grevesChapitre 17 sur 81 · LE RENARD DORÉ I I I · texte numérisé non relu

LE RENARD DORÉ I I I

Les lièvres le suivirent et sur la route ils racontaient cela aux autres lièvres qui se joignaient à eux pour se faire dorer.

Compère Renard arriva à la cour avec un régiment de lièvres, et il dit au roi :

— Sire, voilà des lièvres que le marquis de Carabas vous envoie.

— Il est donc bien riche, le marquis de Carabas, répondit le roi. Que veux-tu pour ta peine, compère le Renard ? je n'ai rien à te refuser.

— Sire, répondit-il, je voudrais que vous me fassiez dorer le reste du corps.

Le doreur vint achever de dorer compère le Renard, qui était tout jaune et tout brillant comme le soleil.

Il alla trouver le marquis de Carabas et il lui dit que le roi voulait lui parler. Le garçon le suivit, et quand ils approchèrent de la cour, compère le Renard lui dit de se déshabiller. Quand il fut tout nu, le Renard se mit à crier :

— Au secours ! au secours !

I 1 2 CONTES DES LANDES Et DÈS GREVES

Les gens du roi arrivèrent et il leur dit :

— Comme M. le marquis arrivait dans son carrosse, il est venu une bande de brigands qui l'ont attaqué, volé et mis nu comme la main.

Les gens du roi allèrent chercher des habits chez leur maître et ils les apportèrent à compère le Renard, qui dit :

— Ceux qui nous ont été volés étaient plus beaux, mais n'importe ; mais cela empêchera toujours M. le marquis de s'enrhumer.

Le marquis de Carabas et compère le Renard vinrent à la cour ; le roi le reçut de son mieux et il lui dit qu'il aurait bien voulu voir son château ; le garçon répondit qu'il ne demandait pas mieux, car il avait confiance dans l'adresse de compère le Renard, qui lui voulait du bien.

Ils se mirent en route, et compère le Renard, tout doré, marcha devant eux. Il arriva dans une prairie où des lavandières mettaient du beau linge à sécher.

— Vous ne voyez pas le roi venir ? leur demanda-t-il.

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