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LES DEUX SOLDATS

ils suaient à grosses gouttes. A mesure que le crapaud brûlait, la fille du roi éprouvait du soulagement, et, quand il fut en cendres, elle se leva, aussi bien portante que si elle n'avait jamais été malade.

Alors le roi embrassa le soldat et lui dit :

— Je vais tenir ma promesse ; c'est vous que ma fille épousera.

Ils firent de belles noces, et quelque temps après le soldat voulut aller voir ses vieux parents et leur dire qu'il était le gendre du roi. Sur sa route il rencontra son camarade, qui lui dit :

— Tiens, te voilà ! comment se fait-il que tu y voies ?

— Ah! répondit-il, quand tu m'as abandonné, je suis monté dans un arbre, et j'ai entendu venir au pied un ours, un lion et un loup. J'ai écouté ce qu'ils disaient, et ce sont eux qui m'ont enseigné les feuilles qui font voir, la manière de guérir la fille du roi et d'empêcher l'arbre d'absorber toute l'eau.

Il lui raconta tout au long ses aventures,

puis lui dit qu'il y avait un an que les bêtes n'étaient venues dans la forêt, et que cette nuit même elles devaient se trouver au pied de l'arbre.

Le soldat s'y rendit et grimpa dans l'arbre, pensant apprendre d'aussi beaux secrets que son camarade ; à la nuit il vit venir les trois bêtes.

— Qu'y a-t-il de nouveau dans ton pays, compère le lion? demanda le loup.

— Je t'avais dit l'an dernier que beaucoup de gens n'y voyaient pas, et à présent tout le monde voit. Et dans le tien, compère le loup, qu'y a-t-il de nouveau?

— L'an dernier, il n'y avait pas d'eau, et maintenant il y en a en abondance. Et qu'y a-t-il de nouveau dans ton pays, compère l'ours?

— La fille du roi qui était malade depuis dix mois est guérie; comment cela s'est-il fait?

— Ah ! répondit compère le loup ; c'est qu'on nous aura écoutés.

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