LA FÉE DE LA CORBIERE
s'empressèrent de la manger, et comme elle était à leur goût, ils remercièrent les fées tous ensemble.
Il fut beaucoup parlé de cela dans le village, et le lendemain une femme de l'Isle se rendit à la houle de la Corbière, et elle entra sans crainte dans la grotte. Elle marcha assez longtemps et elle arriva devant un endroit où elle vit sept portes. Elle alla hardiment frapper à la première :
— Qui est là? demanda la portière en ouvrant la porte tout au large.
— C'est une pêcheuse de Saint-Cast, répondit la femme.
— Que demandes-tu ?
— Rien ; je suis venue ici pour voir Mesdames les fées dont j'ai entendu parler, et on m'a dit que c'étaient de bien bonnes personnes.
— Entrez, ma brave femme, dit la portière.
La pêcheuse franchit la porte et arriva
dans un beau salon où elle vit les fées qui tournaient leurs rouets et filaient, et les
rouets chantaient et jouaient comme des musiques. A mesure que le fil se faisait et se déroulait, un régiment de petits Jions prenaient le fil, le dévidaient, le tissaient et ils n'étaient guère de temps à faire une pièce de toile.
La femme de Saint-Cast était bien ébahie de voir les rouets qui jouaient de la musique, et les petits fions qui tissaient, et elle restait à les regarder. Quand vint l'heure du dîner, les fées invitèrent la pêcheuse à se mettre à table avec elles. Elle mangea de bon appétit, et trouva tout à son goût.
Quand le repas fut fini, un des petits fions se mit à chanter; les autres répétaient, et ils chantaient si bien que la femme restait en extase à les écouter. Quand leur chanson fut finie, la pêcheuse de l'Isle remercia les fées et leur dit qu'elle allait s'en retourner au village et qu'elle était bien contente.
— Connaissez-vous Mignette? lui demanda une des fées, le bonhomme Mignette, h qui j'ai guéri le pied.