CONTE DE LA. BASSE-BRETAGNE
Il y avait une fois un pauvre homme de qui la femme venait d'accoucher et de lui donner un fils.
Il voulait que son enfant eût pour parrain un homme juste, et il se mit en route pour le chercher.
Comme il cheminait, son bâton à la main, il rencontra d'abord un inconnu, qui avait la mine d'un fort honnête homme, et qui lui demanda :
— Où allez-vous ainsi, mon brave homme ?
— Chercher un parrain à mon fils nouveau-né.
— Eh bien I voulez-vous de moi ? Je suis à votre disposition, si cela vous plaît.
— Oui, mais... je veux un homme juste.
— Eh bien ! vous ne pouviez mieux tomber; je suis votre homme.
— Qui donc êtes-vous ?
— Je suis le bon Dieu.
— Vous juste! Seigneur Dieu!... Xon ! non! Partout j'entends qu'on se plaint de vous sur la terre.
— Pourquoi donc, s'il vous plaît ?
Pourquoi? Mais pour mille et mille raisons di-
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verses.... Les uns parce que vous les avez envoyés dans ce monde faibles, contrefaits ou maladifs, tandis que d'autres sont forts et pleins de santé, qui ne l'ont pas plus mérité que les premiers ; d'autres, et de fort honnêtes gens, comme j'en connais plus d'un, parce que, quoique travaillant continuellement et se donnant un mal de chien, vous les laissez toujours pauvres et misérables, tandis que leurs voisins, des fainéants, des hommes sans cœur, des gredins... Non, tenez, vous ne serez pas le parrain de mon fils; adieu !...
Et le bonhomme poursuivit sa route en grommelant.
Un peu plus loin, il rencontra un grand vieillard à longue barbe blanche.
— Où allez-vous ainsi, mon brave homme? lui demanda le vieillard.
— Chercher un parrain pour mon fils nouveau-né.
— Je veux bien lui servir de parrain, si vous voulez ; cela vous va-t-il ?
— Oui, mais il faut vous dire avant que je veux que le parrain de mon fils soit un homme juste.
— Un homme juste ? Eh bien ? je le suis, je pense.
— Qui donc étes-vous ?
— Saint Pierre.
— Le portier du paradis, celui qui tient les clefs?
— Oui, celui-là même.
— Eh bien ! alors... vous n'êtes pas juste non plus, vous.
— Je ne suis pas juste, moi ! reprit saint Pierre avec un peu d'humeur ; et pourquoi donc, s'il vous plaît, bonhomme?
— Pourquoi ? Ah ! je vous le dirai bien : parce que, pour des peccadilles de rien du tout, pour des misères, vous refusez, m'a-t-on dit, votre porte à de très honnêtes gens, des hommes de peine, comme moi,
parce que, après avoir travaillé dur toute la semaine, ils boivent i)eut-étre une cliopine de cidre de trop le dimanche... et puis, faut-il vous dire encore? Vous êtes le prince des apôtres, le chef de l'Eglise, n'estce pas?
Saint Pierre hocha la tête, en signe d'assentiment.
— Eh Lien ! dans votre église, c'est comme partout ailleurs ; on n'y a rien que pour de l'argent, et le riche y passe encore avant le pauvre... Non, vous ne serez pas aussi, vous, le parrain de mon fils ; adieu !...
Et il poursuivit sa route, toujours grommelant.
Il rencontra alors un homme qui n'avait guère bonne mine, et qui portait une faux sur son épaule, comme un faucheur qui va à son travail.
— Où allez-vous ainsi, mon brave homme? lui demanda aussi celui-ci.
— Chercher un parrain à mon fils nouveau-né.
— Voulez-vous de moi pour parrain ?
~ Il faut vous dire, avant, que je veux un homme juste.
— Un homme juste ! Vous n'en trouverez jamais de plus juste que moi.
— Ils me disent tous cela. Mais qui donc êtes-vous ?
— Je suis le Trépas".
— Ah ! oui, alors, vous êtes vraiment juste, vous ; vous n'avez de préférence pour personne, et vous faites bravement votre besogne. Riche et pauvre, noble et vilain, roi et sujet, jeunes et vieux, faibles et forts. ...vous les frappez tous quand leur heure est venue, sans vous laisser attendrir ni fléchir par les larmes, les me-
* En breton, la mort personnifiée {ann Ânhou) est du masculin, et c'est pour cela que notre homme la désire pour parrain à son fils, et non pour marraine ; c'est aussi pour la même raison qu'on a cru devoir traduire par le Trépas au lieu de la Mort,
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naces, les prières ou Tor. Oui, vous êtes yéritablement le juste, et vous serez le parrain de mon fils. Venez avec moi.
Et l'homme s'en retourna à sa chaumière, emmenant avec lui le parrain qu'il voulait donner à son fils.
Le Trépas tint l'enfant sur les fonts baptismaux, et il y eut ensuite, dans la chaumière du père, un petit repas où l'on Lut du cidre et mangea du pain blanc, par extraordinaire.
Avant de s'en aller, le parrain dit à son compère :
— Vous êtes de fort braves gens, votre femme et vous ; mais vous êtes bien pauvres. Comme vous m'avez choisi pour être le parrain de votre fils, je veux vous en témoigner ma reconnaissance en vous révélant un secret qui vous fera gagner beaucoup d'argent. Vous, compère, vous allez vous faire médecin, à présent, et voici comment vous devrez vous comporter : quand vous serez appelé auprès d'un malade, si vous me voyez debout à la tête du lit, vous pourrez affirmer que vous le sauverez, et lui donner comme remède n'importe quoi, de l'eau claire, si vous voulez ; il en réchappera toujours. Si, au contraire, vous me voyez avec ma faux au pied du lit, il n'y aura rien à faire, et 'e malade mourra sûrement, quoi que vous fassiez pour assayer de le sauver.
^' Voilà donc notre homme improvisé médecin, mettant en pratique le système de son compère le Trépas, et prédisant, toujours à coup sûr, quand ses malades devaient guérir ou non. Comme il ne se trompait jamais et que, d'ailleurs, les remèdes ne lui coûtaient pas cher, puisqu'il ne donnait que de l'eau claire à ses chents, quelle que fût la maladie, il était recherché et devint riche en peu de temps.
Cependant, le Trépas, quand il avait occasion de passer par là, entrait de temps en temps pour voir son filleul et causer avec son compère.
L'enfant grandissait et venait à merveille, et le médecin, au contraire, vieillissait et s'affaiblissait chaque jour.
Un jour le Trépas lui dit :
— Je viens toujours te voir quand je passe par ici, et toi tu n'es encore jamais venu chez moi; il faut que tu viennes aussi me rendre visite pour que je te régale à mon tour et te fasse voir ma demeure.
— Je n'irai que trop tôt, répondit le médecin ; car je sais qu'une fois qu'on est chez vous, on n'en revient pas comme on veut.
— Sois tranquille là-dessus, car je ne te retiendrai pas avant que ton heure soit venue ; tu sais que je suis l'homme juste par excellence.
Le médecin partit donc pour faire visite à son compère. Ils allèrent longtemps de compagnie, par monts et par vaux, traversant des plaines arides, des forêts, des fleuves, des rivières et des régions tout à fait inconnues au médecin.
Enfin, le Trépas s'arrêta devant un vieux château entouré de hautes murailles, au milieu d'une somhre forêt, et dit à son compagnon : « C'est ici. o
Ils entrèrent. Le maître du sombre manoir régala d'abord magnifiquement son hôte, puis, au sortir de table, il le conduisit dans une immense salle où brûlaient des millions de cierges de toutes les dimensions, longs, moyens, courts, et dont les lumières étaient plus ou moins nourries, jetaient plus ou moins de clarté. Notre homme resta d'abord tout étonné, ébloui et muet devant ce spectacle. Puis, quand il pat parler :
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— Que signifient toutes ces lumières, compère ?demanda-t-il.
— Ce sont les lumières de la vie, compère.
— Les lumières de la vie? Qu'est-ce à dire?
— Cliaque créature humaine qui vit présentement sur la terre a là son cierge, auquel est attachée sa vie.
— Mais il y en a de longs, de moyens, de courts, de brillants, de ternes, de mourants... Pourquoi?
— Oui, comme les vies des hommes : les unes commencent ; d'autres sont dans leur force et tout leur éclat; d'autres sont faibles et vacillantes; d'autres enfin sont près de s'éteindre...
— Comme en voilà un (un cierge) qui est long et haut!
— C'est celui d'un enfant qui vient de naître.
— Et cet autre, que sa lumière est brillante et belle !
— C'est celui d'un homme dans toute la force de l'âge.
— En voilà un qui va s'éteindre, à défaut d'aliment.
— C'est un vieillard qui se meurt.
— Et le mien, où est-il ? Je voudrais bien le voir.
— Le voilà près de vous.
— Celui-là?... Ah! mon Dieu, il est presque entièrement consumé I II va s'éteindre !...
— Oui, vous n'avez plus que trois jours à vivre!
— Que dites-vous là? Quoi, trois jours seulement !... Mais puisque je suis votre ami et que vous êtes le maître ici, ne pourriez-vous faire durer mon cierge quelque temps encore... par exemple, en prenant un peu à celui d'à côté, qui est si long, pour l'ajouter au mien ?
— Celui d'à côté, qui est si long, est celui de votre fils, et si j'agissais comme vous me le conseillez, je ne serais plus l'homme juste.
270 CONÏKS SURNATUBELS
— C'est vrai, répondit le médecin en se résignant et en poussant un profond soupir...
Et il revint alors chez lui, mit ordre à ses affaires, appela le curé de sa paroisse et mourut trois jours après, comme le lui avait prédit son compère le Trépas.
F. -M. LuzEL, Légendes chrétiennes de la Basse-Bretagne.
(CONTE BASQUE
Comme bien souvent en ce monde, il y avait une mère qui avait un fils ; tous deux étaient pauvres, et quand le jeune homme fat devenu grand, il eut envie de quitter la maison pour voir s'il ne pourrait pas trouver une meilleure position. Sa mère le laissa partir, mais toutefois avec une grande répugnance.
Il se mit en route, et après avoir traversé une terrible forêt, il arriva à une très belle maison. Il demanda si l'on n'avait pas besoin d'un domestique ; on lui répondit que oui, et lorsqu'il fut entré, on lui dit que ses maîtres avaient l'habitude de sortir la nuit pour voler les gens, et que parfois même ils les tuaient. On lui demanda s'il voulait se Joindre à eux et il répondit qu'il le voulait bien. Au milieu de la nuit, il vit arriver le chef des voleurs et tous ses compagnons ; ils étaient chargés d'or et d'argent, et il resta longtemps avec eux.
Un jour le chef lui dit :
— A telle heure, un monsieur à cheval va passer par tel endroit ; il faut aller le voler, et s'il ne se laisse pas faire de bon gré, tu le tueras.
274 P.KCITS C0.M1QUKS
Notre garçon avait a.ssez du métier, mais il répondit au chef qu'il irait à l'eîidroit désigné. Il s'y rendit pour attendre le voyageur, et à la fin, il le vit arriver. Il se présenta devant lui, et cria : « La bourse ou la vie ! » Le monsieur lui donna sa bourse et tout l'argent qu'elle contenait, et il y en avait une grande quantité.
Alors le garçon lui dit :
— Ce n'est pas assez, il faut que vous me donniez vos beaux habits et votre cheval.
Ils échangèrent leurs vêtements et le monsieur s'en alla bien content d'avoir eu la vie sauve, malgré qu'il fût couvert de vieux habits.
Au lieu de retourner à la maison des voleurs, que flt notre garçon ? Il monta à cheval, et emportant tout son argent, il revint à la maison de sa mère. Chacun fut étonné de le voir revenir après avoir si promptement fait fortune. Il embrassa sa mère, et l'on peut juger de sa joie ! Il lui dit comment il était devenu riche, et comment cela lui était arrivé, loin, bien loin. Mais sa mère ne put s'empêcher d'en parler à ses voisines, et l'aventure finit par arriver jusqu'aux oreilles du maire ; celui-ci envoya son domestique prévenir le jeune garçon de venir à sa maison le lendemain sans faute.
Il partit laissant sa mère en larmes, et elle lui conseilla d'avouer au maire comment il avait fait si promptement fortune. Il avoua au maire le métier qu'il avait fait, mais il lui dit que cela s'était passé dans un pays éloigné, et que jamais il n'avait tué personne. Le maire lui dit :
— Si vous ne volez pas cette nuit le plus beau cheval de mon écurie, je vous tuerai demain.
Le maire était très riche ; il avait beaucoup de domestiques et beaucoup de chevaux, et il y en avait
trois qui étaient plus beaux et plus chers que les autres. Le garçon revint à la maison ; il consola sa mère et lui dit de lui donner les vieux vêtements qu'il portait autrefois. Il les mit sur les autres, prit un gros bâton et se mit en route pour la maison du maire, marchant péniblement comme un vieillard. 11 frappa à la porte et demanda un asile pour la nuit; un garçon vint lui dire :
— Nous ne pouvons cette nuit vous donner asile dans cette maison ; allez plus loin.
Mais il le supplia tellement, en disant qu'il ne savait où aller, et demandant par pi ié un coin dans l'écurie, qu'on finit par le laisser entrer, et on lui donna une petite botte de paille pour qu'il pût coucher dessus.
Notre garçon entendait tout ce que les autres disaient. Il y avait trois domestiques qui jusqu'à minuit devaient se tenir en selle sur les trois plus beaux chevaux, et à cette heure trois autres domestiques devaient venir les remplacer. Que fit notre garçon? Ils s'étaient endormis sur leur monture, et aussitôt qu'il entendit minuit, il vint toucher l'un d'eux et lui dit :
— Il est minuit, va te coucher.
Le domestique s'en alla à moitié endormi, et les deux autres ronflaient sur leur cheval. Quant à lui, il enfourcha sa monture ; et il avait choisi la plus belle, ouvrit doucement la porte et s'enfuit au grand trot, sans regarder derrière lui. Il ne tarda pas à arriver à la maison, et sa mère eut bien de la joie en le revoyant.
Le lendemain, il alla vendre son cheval au marché. Quand le maire arriva à l'écurie, il vit que son plus beau cheval n'y était pas et que ses domestiques dormaient, les uns sur leur monture, les autres dans leur lit. Il se mit en colère, ne sachant comment tout cela
avait pu se faire. Il envoya demander à la bonne femme où était son fils, et elle répondit qu'il était allé vendre un cheval. On lui dit que le maire voulait le voir tout de suite ; elle eut encore beaucoup de chagrin, et lorsque son fils fut de retour, elle lui raconta ce qui s'était passé.
Le garçon alla trouver le maire qui lui dit :
— Quel homme vous êtes ! vous avez gagné votre pari, mais si vous ne parvenez pas à voler cette nuit tout le pain qui est au four, il n'y a que la mort pour vous.
Le maire assembla tout le Conseil municipal et tous ses amis, pensant qu'il s'amuserait avec eux tout en gardant le four. Il installa des danses, de la musique, des jeux, des illuminations ; mais tout cela était devant le four. Que fit notre garçon ? Il prit un petit marteau et se glissa derrière le four : il y fit un trou, enleva tous les pains, les mit dans son panier et s'en alla.
Le lendemain, le maire se réjouissait en pensant que ses pains n'avaient pas été volés, parce que la gueule du four avait été bien gardée ; il envoya sa domestique chercher ses pains frais pour déjeuner ; mais lorsqu'elle ouvrit la gueule du four, elle vit le soleil qui brillait à l'autre bout. Jugez de son étonnement ! Le maire était d'une colère rouge ; il envoya chercher le garçon. Ses domestiques demandèrent à la bonne femme où était son fils : « A vendre du pain ! » répondit-elle.
Sa réponse fut rapportée au maire qui lui envoya dire de recommander à son fils de venir le trouver dès qu'il serait de retour. La pauvre mère eut encore beaucoup de chagrin. Quand son fils revint, elle lui fit la commission et il alla chez le maire.
Celui-ci lui dit : « Hier, vous avez gagné votre pari, mais tout n'est pas fini: il faudra (}ue cette nuit vous enleviez les draps qui sont dans mon lit, ou votre mort est au bout, »
Le garçon revint à la maison et avec ses vieux habits il fit un mannequin qui lui ressemblait, puis à la nuit, il le porta auprès de la maison du maire. Le maire avait placé des gardes armés à toutes les portes et à toutes les fenêtres. Notre garçon mit son mannequin au bout d'un long bâton, et au moyen d'une corde, il le hissa le long de la muraille. Quand les gardes virent un homme grimper le long du mur, auprès d'une fenêtre, ils firent feu, et ils se mirent tous à crier : Hourrah !
A ce bruit le maire sortit de son lit, pensant qu'on avait tué le voleur, et il voulut le voir. Notre garçon profita de ce moment pour entrer dans la maison, et il arriva au lit du maire en disant :
— Qu'il fait froid ! qu'il fait froid ! et il se mit au lit en tirant les draps de son côté ; quand il les eut tous, il dit à la dame :
— Il faut que j'aille le revoir, pour en être bien sûr, et pour savoir comment ils l'ont enterré.
La dame lui dit : « Reste ici, tu reviendras encore mort de froid. »
Mais il sortit et s'échappa du plus vite qu'il put avec les draps.
Cependant les gardes se poussaient l'un l'autre et se battaient presque autour du mannequin. A la fin, ils rentrèrent à la maison presque hors d'haleine ; ils étaient joyeux et contents de ce que leur voleur était enfin par terre.
Quand le maire revint pour se coucher, sa femme lui dit :
— Maintenant j'espère que tu vas rester ici sans aller et venir comme tu l'as fait ; tu m'as rendue toute froide.
— Moi ! je ne suis pas allé et venu.
— Si, si, tu étais justement ici il n'y a qu'un moment.
Il se mit au lit, et se tourna et retourna de tous côtés, mais sans pouvoir retrouver les draps. A la fin, impatienté, il alluma une chandelle, et vit qu'il n'y avait plus de draps dans le lit. Qu'on juge de leur chagrin ! ils ne savaient pas comment cela c'était fait. La dame dit à son mari :
— Tu ferais bien de laisser cet homme tranquille ou il nous arrivera malheur.
Mais il ne voulut rien écouter et sortit. Dès qu'il fut jour, il envoya ses domestiques à la maison du voleur. Ils trouvèrent sa mère et lui demandèrent où était son fils:
— Il est allé vendre des draps de lit, répondit-elle.
— Dès qu'il sera de retour, lui dirent-ils, vous l'enverrez chez le maire.
Cette pauvre femme eut de nouveau un grand trouble parce qu'elle pensait qu'on finirait bien par venir à bout de son fils. Elle l'envoya chez le maire qui lui dit :
— Cette fois7 tu ne m'échapperas pas 1 Si tu ne voles pas tout l'argent de mon frère le prêtre, il n'y aura que la mort pour toi.
Le frère du maire était recteur de cette ville. Quand vint la nuit, notre garçon se glissa dans l'église et s'habilla dans les plus beaux ornements, ceux dont on se servait seulement pour les plus grandes fêtes. Il alluma tous les cierges et toutes les lampes, et à minuit il se mit à sonner les cloches à toute vol^e —
dilin don, dilin don don, dilin don. Le recteur vint en toute hâte avec sa domestique pour voir ce qui se passait dans l'église. Ils virent sur le grand autel quelqu'un qui leur dit :
— Prosternez-vous, je suis le bon Dieu et je viens TOUS chercher. Vous allez mourir, mais auparavant il faut que vous apportiez ici tout l'argent et toutes les richesses qui sont dans votre maison,
Le prêtre sortit et apporta tout ce qu'il possédait. Le garçon le fit ensuite monter au haut de la tour et lui dit :
— Maintenant, vous allez aller au Purgatoire, mais ensuite vous entrerez au Paradis.
Il le mit dans un sac qu'il prit par un bout, et il le faisait descendre le long des escaliers, où il se heurtait à chaque marche. Le prêtre criait : « Aïe ! aïe ! » mais l'autre lui répondait : « Ce n'est rien, bientôt vous serez au ciel. »
Il le porta ainsi jusqu'au poulailler de son l'rère, où il le laissa. Au matin, la fille de basse-cour vint pour donner à manger à sa volaille : elle vit un sac, et l'ayant touché, le sac remua. La fille courut bien vite dire à sa maîtresse ce quelle avait vu. Celle-ci vint, toucha le sac, et le sac remua encore. Elle eut peur et vint dire à son mari :
— Vous voyez que j'avais eu raison de vous dire de laisser cet homme tranquille. Maintenant que va-t-il nous arriver ? Qu'y a-t-il dans ce sac ?
Le monsieur envoya tout de suite quelqu'un chez le voleur. Il se trouvait justement à la maison, et on lui dit que le maire lui ordonnait de venir directement chez lui. On lui commanda d'ouvrir le sac. Il le toucha, et le sac fit un saut; alors il dit qu'il ne voudrait pas l'ouvrir, même pour dix mille francs.
280 KÉCi:S COMIQUES
— Je vous (lomierai dix mille francs.
— Non ! je ne le ferais pas même i)Our vingt mille !
— Je vous les donnerai.
— Non! non! non! Pas même pour quarante mille.
— Je vous donnerai trente mille francs.
— Non ! non! non ! non! pas même pour quarante mille.
— Et pour cinquante mille '!
Il consentit alors à ouvrir le sac, et il en retira le prêtre, frère du maire, qu'il avait dépouillé jusqu'au dernier sou. Après avoir reçu ses cinquante mille francs, notre garçon revint chez lui et vécut riche avec sa mère; et le maire alla demeurer avec son frère le prêtre, plus pauvre qu'il n'était autrefois. Et s'ils ont bien vécu, ils ont eu une bonne mort.
Traduit de W. Webster. Basque Legends.
LA MOUETÉ DE QUENE
(conte rOlTKVIN.)
01 était ine foué in p'tit boiinhoumme et ifie p'tite bounne femme, qu'étiant bé si paôres, si paôres que gn'aviant jamé podju joindre- à avouer ine quene tôt entère ; gn'en n'aviant qu'ine mouété, core ne peuziant-eils pas la nôrri, et gle Tenvoylant trecher^ sa vie d'in coûté su l'aôtre.
In jou qu'aile était à barboter à la rivère, a trouit ine boursaye d'argeont; a se mettit bé vite à crier : « Can, can, can, qui est-o qui a perdu sa boursaye d'argeont ? » 01 adounit que, de l'hure*, o passait au chemaingn in mossieu et ine madame, dan ine belle carrosse. Quand le mossieu odjit ontondu^ cequo chontait la quene, gle li dissit : « Baille-me quielle argeont, aile est à ma; i t'on douré pre la pouaine ». La quene le credjit® et li baillit; mé quond gUodgit l'argeont,
* La Moitié de cane.
* Qui étaient si pauvres qu'ils n'avaient jamais pu parvenir. "* Chercher.
* 11 arriva que par hasard.
" Eut entendu.
« Crut.
282 BKCITS COMIQUES
gle fasit le partage de Goumerit' : la carrosse marclnt et la paôre Mouété de quene réclitit tôt ébaillaye.
Quond a sit de retou chez lé *, a raconti à ses maîtres tôt ce qui U avait arrivé. Le bounlioumme se mettit bé dan ine si gron promptitude ^ contre lé, que gle valit la tuay. « Quemont, que gle dissit, te troue de l'argeont, et o n'est pas icliti que te l'apportes! Nous aôtres, bounnegens, qui sont si minablles, qui avons tôt netre saôu de pouaine pre vivre*! Ocque quielle argeont, i ariant tretous vive hérux le rechte de nos joûs ; et te la bailles, à ma désodjue ■"•, à n'in mossieu qui n'on a pouét à besogn, core qu'a n'était pat à li!.. Si te ne vas pas la queri, si te revins sons lé, t'es bé sure qu'i te tue. ^ »
La paôre Mouété de quene odjit^ bé si gron paùu, qu'a se serait calaye din in creu de grelet s. A se disait en lé-même : « Quemont ferai-z-i pre troure quio mossieu! » Mé queme lés pus petits sant tréjou lés pus fins, 0 li vindjit on l'idaye qu'on siguant lés rouans ^ de la carrosse, aile arriverait au logis.
A bougit d'incontinent on criont : « Can, can, can, rondez-me ma boursaye d'argeont! » A trouit su son cliemaingn, compère le renart, qui li dissit : « Qu'astu din, ma paôre Mouété de quene, que t'as l'air si trichte? — I ai bé sujet d'o-z-étre : à matingn, on barbotant à la rivère, i ai troué ine boursave d'argeont ;
^ Il prit tout pour lui.
= Elle.
' Colère.
'^ Qui avons tout notre saoul de peine à vivre.
^ Iqsu.
® Que je tuerai.
' Eut.
" Qu'elle se serait cachée dans un trou de grillon.
^ La trace des roues.
LA MOUÉTÉ DE QUENE 283
i l'ai baillée à n'in mossieu qui m'a dit qu'aile était à li, et y'iat que mon maître vut qu'i la trouche^ ou bé gle me tuerat. — Et où vas-tu de même ? — I vas devant ma. — Vux-tu qui onge ocque ta-? — Din grand tclieur. — Mé quement ferai- z-i pre te sigre? — Fourre-te dons mon dare^ : i te porterai queme i pourrai. »
A se remettit on route, trejou criont : « Can, can, can, rondez-me ma boarsaye d'argeont ». Compère le loue, qui passait pre de iai l'accroditit : — Ehl qu'astu din que te ramasses si bé tes quatre mécredis* : n'on dirait que t'as pardu in paingn de ta fournaye !
— Ah ! vouey I i en ai pardu ien, et in bea ! i ai troué in boursée d'étchus, i ai dounay à ien qu'a n'était pat à li, et mon maître m'envoyela queri, et, si i ne la troue pas, 0 faudra bé qu'i mourclie^ — A dos foués, in petit d'éde fait gron bé : vux-tu qui onge ocque ta? — I 0 vux bé. — Mé quemont ferai-z-i pr'allay si longn?
— Fourre-te dans mon dare; i te porterai queme i pourrai. » Et compère le loue ondgit troure*^ compère lerenart.
A reprit son chemaingn : a n'allait pouét trot à sen aise, ol avait noillé, et aile était tote enehoutie dans la gasse ', mé o ne l'opposait pouét de chontay : « Can, can, can, i ai pardu ma boursaye d'argeont. » 0 se trouit su son passage coumére l'échalle qui li dissit queme tchieu, sans li demander le portemont ^ : « Jésus !
' Veut que je la trouve.
* Que j'aille avec toi.
■^ Dans mon derrière.
* Que tu es de si mauvaise humeur : locution locale. " Il faudra que je meure.
^ Alla rejoindre.
^ 11 avait plu et elle était toute couverte de boue.
' Qui lui dit comme ça, sans lui demander comment elle se portait .
ma paôre Mouété de quene, t'as l'air bé enniaye. — Ah! i 0 se bé itou. — Eh! qu'est o din qu'ol 1-y at?
— A. matingn i ai troué de l'argeont ; a m'a été volaye, et mon maître vut qu'i la trouche, o bé g\e me tuerat.
— Vux-tu qu'i onge ocque ta, ma qui se bé à men adelésis* ? — I o vux bé. — Mé quemont ferai-z-i, ma qui marche jà '/ — Fourre te dons mon dare; i te porterai queme i pourrai ». Et coumére l'échalle gravit ocque les aôtres.
A requemmincit à chontay : « Can, can, can, rondezme ma boursaye d'argeont ». A ne pardait pouet courage, pasqu'à voisait tréjou les rouans. A rencontrit coumére la rivère, sa gron compagnaye, qui li dissit : « Qu'as-tu dinà tontte demaler-.ma paôre p'tite Mouété de quene, à matingn fêtas si joyuse? — Oh! dompis à matingn % i on ai bé vu qui n'ai point mongé ! Te se bé quielle argeont qu'i ai trouée; t'as bé vu quio mossieu qui l'a pris ; eh bé ! mon maître a dit que gle me tuerait, si i n'allas pas la queri. — A dos foués, in p'tit d'éde fait gron bé, vux-tu qui onge ocque ta?
— Ah ! vouey bé. — Mé quemont ferai-z-i, ma qui ne saras marchay? — Fourre-te dons mon dare; i te porterai queme i pourrai ». Et coumére la rivère se logit ocque les aôtres.
A se mettit en route sons larguer ; trejou aile argardait devontlé, de paô de pardre la trace. A chontait bé si fort, que la ragane dau cou * li en fasait maô. A trouit sur son chemaingn compère le bournay ^, qui velit la jazay ^ — « 1 ne se pouet en train de rire, qu'a
' Qui suis bien inoccupée.
" A tant te lamenter.
* Depuis ce matin.
■* La rigole du cou, c'est-à-dire le gosier. "* La ruche, ce mot est masculia en patois.
* Plaisanter avec elle.
LA MOUÉTÉ DE QUENE 285
dissit. — Qu'est o din que t'as pr'ètre si doulonte • ? — I ai bé dau malliu, bounnegens; o faut qu'i trouche de l'argeont qui m'at été volaye, sans quoué i se morte. — Et où vas-tu de maîme ? — I n'o se djère. — Vux-tu qui onge ocque ta; à dos loués, in p'tit d'éde fait gron bé. — Vuis, vuis, i ai bé enrère - in grant à besogn de tôt mes amis. — Quémont vas i fariè pre te sigre? — Fourre te dons mon dare ; i te porterai queme i pourrai. » Et compère le bournay allit troure les autres.
Quond aile odgit raarchay encore bé, bé longtoras, tôt en criont : « Can, can, can, rondez-me ma boursaye d'argeont w, a queminçait à délinquay ^, quond a tombit à n'in grond pourteau , lavoure * flnissiant les rouans : « Ah ! fit-elle, i se dinc rondue ! » A n'odgit pouf^t besogn de chacottay ^ : quond lés valets l'entendirant chontay, gne saviant pas ce qu'o v'iet à dire; gléuvrirant, et la Mouété de quene ontrit on s'ébraillant queme de pus belle. Le mossieu et la dame requeiieugirant « bé la quene dau matin. La dame dissit au mossieu de li rondre sen argeont ; mé le mossieu n'o velit pouet. Queme o queminçait à s'aneusser'', gle dissit à ses valets de pêcliay la quene et de la mettre dons le têt aux poules ocque les aôtres. Gle ponsait en li même, que lés jaux, lés oyes, et lés prots ** la tueriant pendont la neut. Mé sitout qu'a sit ontraye, o s"écriit : « Com[)ére le renart, si tu ne vins pat à man secou, i se par due ! » Compère le renart sortit et travaillit si bé
Chagrine.
Kn ce moment.
Tomber de fatigue.
Heurter à la porte.
Hecoimaissaieut.
A faire uuit.
Les coqs, les oies et les diiuIons.
de son métay •, que de totes quies baytes o n'en rechti chaut.
Dé avon jou, la breillon - vindjit euvri la porte, et sit Lé étounaye de ne vouer sorti que la Mouété de quene, en criont : « Can, can, can, rondez-me ma boursaye d'argeont. » La pâore chombrère n'osit pouet allay o dire à la dame; mé quond o sit haute hure ^, la dame devallit don la court. A sit bé mortifiaye de vouer tchiés baytes on tchiel état. A dissit à sen houme : a Tchielle quene est sorcère, ronds-li daon sen argeont ; a nous portera malhu. » Le mossieu ne l'écoutit ensrement * pas ; gle créyait qu'ol était pr' hazert ^ que le renart avait vindju tchielle neut.
La quene chantit encore tôt le jou. Au ser, le mossieu dissit à ses valets : « Prenez-me moigu tchielle pidale ^, et la clietez dons l'étchurie, sos les pés dos mules et dos chevals ; i voirons demoin matingn queme a chontrat. » Les valets la chetirant bay ; mé a dissit bé vite : « Compère le loue, si te ne vins pat à men éde, i se morte ! » Compère le loue devallit, et tuit tôt ce qu'ol y avait de baytes don l'étchurie ; la chevaulaille, la mulasserie ; tôt y passit.
Dès l'écllairzie ', les valets vindjirant trechay les baytes pr'allay à l'araye * ; mé gle sirant bé sésis quond gle les vo) sirant tretotes segnées. 0 n'y avait que la quene, qui requemincit ses « Can can. »
De son métier.
- Fille de basse-cour.
^ Quand il fut tard.
■* Seulement.
^ Par hasard.
* Piailleuse.
' La pointe du jour.
* Pour aller labourer.
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Quond ]e mossieu YOguit tôt quiau déluge \ et que de totes ses baytes o n'ou rechtait pat in jarret vivont, gle se mettit don ine si grande fontaisie - contre ses valets, que gle volit les mettre tretous douhaù. Gle s'élugit ^ contre z'eux, gle leux dissit que gl'étiant dos sans soyn, dos adelésis ^, qui n'aviant ensrement pas l'ême ^ de fremer la porte d'in têt.
La Mouété de quene se prologuait ^ tôt à san large, tote souque, dans quielle gront court, trejou disant : « Rondez-me ma boursaye d'argeont » Gle virit sa colère contre lé : « Jésus ! i se bé las d'ontondre tcliielle doulonte se demaler; chetez-la dons le poué ", ou bé fasez cliaôfFer lé fourc, et qu'i ne l'entenge put. — Laqueu feraaz-y le promer? — Fait pouet chollaire**, preveu qu'i on sèche débarrassay. >; Lés valets ponsant qu'o s'ret putout fait, la pranguirant et la fouéttirant tôt au mitan dau poué ; gle comptiant qu'a nigerait '\ Mé pondont qu'a devallait, a disait : « Coumére l'échalle, vins à mon secou ! » L'échalle vinguit et la quene gravit en chontont : « Can, can, can, rondez-me ma boursée d'argeont. «
Tôt le monde sit ben étonné, la dame disait trejou : « Ronds-li sen argeont. » Mé le mossieu dissit : « I ne se ja si sot, n'on crérait bé qu'i ai paô de lé ; chauffez le fourc tôt à bllanc, et chetez-y quiau bagage de bayte ; i se saou crevé de lé. » Lés valets chauflirant le
' Celte calamité.
" Colère,
•^ Il s'emporta.
* Des imuéciles.
" L'esprit.
® Se promenait.
' Puits.
^ Peu importe.
" Se noierait.
fourc; mé gn'osiant pas cottay * à la quene, pasque gle ponsiant qu'ol (^tait le djiaible - qui s'était viré on lé. Le pus hardi la prondjit pre le bout de l'aie et la garrochit * dans le fourc.
Pré quielle foué, gle cré3'iant bé tretous qu'o seret fini, et que gle ne troueriant que dos sondres. Mé queme gle la garrochiant, olle avait ogu * le toms de dire: « Ah! rivère, ma gronde amie, vin à ma, i se morte! » La rivère sortit et tuit le fut. Quond gle vinguirant euvri = la goule dau fourc, gle rechtirant tôt ébobés '^ de vouer la Mouété de quene, fraîche queme potet, qui se mettit à chonter: « Can, can, can. » Le mossieu dissit à ses valets « V-z'-êtes tretous des imbéciles qui ne savez pas de ve-z-y prondre ; v'avez asseye de totes les modes ! rin n'a ruissi ; eh bé, demésis ' ol est ma qui m'on chorge, et ve peuzez crère que le meillou serat à dare. »
Au ser, quond le mossieu et la dame sirant dans leu chombre, gle dissiront à la chombrère de péchay la quene, que gle mettirant à lau pé de lèt. Me quond gli sirant couchays, et que gle velirant se mettre à Tentou à la maillocher et à l'écapouti ^ à cotsde pés, a s'écriit: « Compère le bournay, sors bé vite à mon secou ! » Le bournay vinguit, me les abayes ne sortirantpat à cha ine », a s'éparirant tretotes à la foué dans le lét, et fasirant si bé de leuz état, que le mossieu et la dame
' Toucher.
* Le diable.
* Précipita.
* Eu.
^ Quand ils vinrent ouvrir.
* Etonnés.
Désormais.
' L'écrabouir, l'écraser.
Mais les abeilles ne sortirent point une à une.
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on étiant agruzelés». Gle sautirant Lé vite au bas, iallait les vouer fenétrer pre quielle pllace 2, Glétiant queme dos onrageays. ^<. I t'au disas hé qu'ol était le djiaiblle! doune-li sen argeont. » Le mossieu courit à sen armoise, gle prondjit la boursaye, que gle garrochit^ dons la place. La quene ne sit pouet grèpe à la prendre* ; aile était bé si joyuze, qu'o n'attandit pouet qu'o sit jou : aile hobit dés mainet^ en chontant : « Can, can, can, i ai troué ma boursaye d'argeont. » A mettit ses amis tretous chaquin lavoure aile lés avait pris, on leux disant à chaquin bé grond raarci, et dés l'aubette f' a sit à la turgne ^ de ses maîtres, qui sirant bé contons de la re vouer. Gle vivirant encore bé, bé longtoms, pasque glétiant hérux et à leuz ése. Et ma, quond i lés visit tretous contons, 1 les lecliis, et on m'en revenont, passant près d'in moulaingn, i marchis sus la quoue d'ine souris :
Trit, trit, trit, Meu p'Lit conte est dit.
Clémentine Poey-Davant.
Ce conte, en patois de Foutenay, a été publié d'abord dans la Revue des provinces de l'Ouest. Nantes, 1838, puis dans la préface du Glossaire poitevin de L. Favre.
' Criblés de piqûres.
' Bondir dans la place.
* Jeta violemment.
'' Engourdi, ne se fit pas prier pour la prendre.
■' Sortit dès minuit.
*" Dès le petit 'our.
' Hutte.