‹ Contes du cheykh êl-MohdyChapitre 34 sur 42 · WOTES SUPPLÉMENTAIRES. XJ.VI · texte numérisé non relu

WOTES SUPPLÉMENTAIRES. XJ.VI

Les mots birkél û-FyL significnl Vélnng de L'Eléphant^ et soûl la dénomiaatioa d'une des plus grandes places du Kaire. Cet emplacement , comme tous les autres de la ville qui portent ce même nom birkéh, n'était couvert par les eaux et ne devenait réellement un étan^ que pendant les moi.^de l'inondation du Nil, avec lequel il communique par le canal : le reste de l'année, il foru\e une vaste place publique employée partie à la culture, partie aux exercices du manège.

Cette place était entourée des pal.iis des principaux beys , tels que Mourad-Bey, Ibrahym-Bejr, etc.

Le mot birkéh ou birkét vient de la racine arabe barak, qui, outre sa signification de bénir, a encore pluoieurs autres sens, tels que ceux de pleui'oir, d'inonder, et dont plusieurs dérivés se rapportent à l'eau et à tout ce qui est aquatique. Parmi ces dérivés sont ceux de barkah, qui a le même sens que notre mot barque , et qui peut en être l'origine; de barrakân , qui signifie » un habit grossier et à » l'épreuve de l'eau dont se servent les pêcheurs. » Les Arabes ont porté ce mot dans la langue espagnole , qui l'a adopté sous la forme de harragan , d'où nous avons fait nousmêmes h' mot bouracan, anciennement barracan.

L'origine du nom A' étang de V Eléphant , donné à cette place , est présentée de deux manières par les habitans du Kaire. Suivant l»s uns , le nom de cette place vient de sa forme même , l'irrégularité de ses contours dessinant assez grossièrement ceux d'un éléphant ; la portion du long parallélogramme, qui forme la majeure partie de cette place, représentant le corps de l'animal , tandis que son prolongement, étroit et resserré du côté méridional, peut ressembler à une trompe par son étranglement et sa forme recourbée.

Suivant une autre hypothèse , cet étang aurait été ainsi

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nommé , parce qu'un éléphant qu'un des boys avait fait Tenir de l'Inde, et qu'il nourrissait dans son palais, avait éprouvé une si grande privation des plaisirs du bain auxquels il était habitué dans sou pays, et en avait fait un tel abus lorsqu'à sa grande joie les eaux du Nil étaient venues couvrir la place, qu'enfoncé d?ns le limon sans pouvoir se débarrasser, et sa rnasse énorme s'opposant aux secours qu'on avait voulu lui donner , il s'était noyé dans une portion pins creuse de la place qu'on m'a montrée,

A ce sujet , on me citait une île du même nom ( Gczyrclél-hyi^ l'île de l'Eléphant), formée dans les temps modernes au milieu du Nil , et ainsi nommée, non parce qu'un éléphant s'y était noyé, mais parce qu'une djerme (espèce de barque) portant le nom de cet animal y ayant été submer^ gée, elle avait servi de base et de noyau aux attérissemens successifs qu'elle avait déterminés autour d'elle.

Les académies , ou grands collèges publics , portent en arabe le nom de medresséh. On y enseigne la religion musulmane , les belles-lettres et les sciences , en commençant par les principes de la langue arabe. Les princes qui ont fondé ces académies, les ont presque toujours accompagnées d'une mosquée {gâmè) et d'un hôpital : les simples écoles publiques sont presque toujours réunies à une sebillch ou fbntaine. Ces établisseraens sont dotés de riches fondations destinées à acquérir les livres nécessaires à l'instruction, à payer les professeurs et à subvenir aux frais de la nourriture et de l'entretien des étudians. Un local y est aussi ordinairement consacré au logement des étrangers qui viennent y assiter aux leçons.

Les écrivains ara)>cs citent avec de grands éloges l'académie

^oTl•:s su pplÉme MAIRES. — xLviM. 437

de Damas, nommée Medressch el-Giakmakyéh^ parce qu'elle avait été fondée par él-Melek êl-Achraf Giakmak^ dixième sultan des Mamlouks-Circassiens d'Egypte.

Mais la plus célèbre des académies de tous les pays soumis à l'islamisme , est celle qui est établie au Kaire , dans la vaste et ancienne mosquée appelée Gdmè el-Azhar. Je crois devoir donner ici la notice de différens cours d'études qui y ont lieu journellement pour les étudians de tout âge, accourus de toutes les régions orientales et occidentales où s'étend la religion musulmane.

Les classes d'instruction s'y divisent suivant les différentes sciences qu'on y enseigne , savoir :

La lecture du Koran {él-Qordn);

L'interprétation du Koran {lefsyr el-Qordn) }

Les fondemens de la tradition (^oussoul él-hadytli) ;

Les dogmes de la religion {él-Aqâyd) ;

Les fondemens de la jurisprudence (oussoid ël-feqih) ;

L'arithmétique simple (e'//« ët-hissâb) ;

La géométrie et les hauts calculs (é'I-hendesséJi) ;

L'astronomie et l'astrologie (e'im ën-negouni) ;

La grammaire {sarf ou-nahou) ;

La rhétorique (e7/n cl-maâny oii-él-beyân) ;

La logique {el-manleq).

Des distributions de vivres et d'argent sont faites aux étudians éti'angers , qui peuvent aussi , s'ils le veulent , être logés dans l'intérieur des bâtimens de la mosquée.

Iskander est le nom sous lequel les Orientaux connaissent le grand Alexandre, auquel ils donnent les surnoms d'*;?soulldn ël-Roiimy eid'ël soul/ân el-Yotindny , qui signifient l'un cl l'autre Vrmpcvevr des Grecs , ou [>lul6t l'em-

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pereur grec. Ils lui donnent encore le titre de Dou-l-qai nryn qui signifie littéralement « ayant deux cornes ( bi- » cornis), » soit que cette qualification tire sa source de l'extension de son enipire embrassant l'Orient et l'Occideat , ces deux extrémités du monde étant indiquées par l'expression figurée des deux cornes ; soit peut-être aussi qu'elle ait pour origine les traces défigurées de cette ancienne prétention d'Alexandre à reconnaître j)Our son père Jupiter Aniniou , qu'on sait avoir été adoré sous la forme d'un bélier.

Au reste, les traditions orientales prétendent qu'Alexandre le-Grand n'était pas fds de Philippe, qu'elles appellent Filikous , mais de Darab (Darius) ben-Beheman , qui avait, disent-elles, épousé la fille de Philippe, et l'avait renvoyée à son beau-père, quoiqu'elle fût devenue enceinte. On ajoute qu'Alexandre , étant ainsi né dans la maison de son grandpère, en conserva le nom de fils de Philippe.

Suivant cette hypothèse, Alexandre aurait été le frère aîné du dernier Darius, surnommé Codomanus, né comme lui du premier Darius, mais d'une autre mère. Les Orientaux prétendent que la guerre , faite à la Perse par Alexandre , avait pour but de faire valoir les titres qu'il avait à cette couronne et de revendiquer son légitime héritage.

C'est en conséquence de ces traditions si contraires à l'histoire réelle, que la plupart des Orientaux font d'Alexandre le dixième et dernier roi de la dynastie des Kayanides.

Les contrées que nous comprenons sous la dénomination de l'Inde ou des Indes, sont désignées cliee les Orientaux par la double appellation de //e/ir/ oH-.S'en^, c'est-à-dire le pays de ticnd et de S nul.

Suivant Ebn êl-Oiieidy, le pays de Hend s'étend depuis

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celui de Send et de Mekrân , dans un espace de trois mois de chemin, de l'oiccident à l'orient, à partir de la ville de Kanoudj , (jiii parait être celle que nos géographes conuaisseut soiis le nom de Camboge ou Cambodge.

Le pays de Send est à l'occident de celui de Hend : il est borné à l'occident par le golfe Persique, et au midi par rOcéan-Indien ou la mer à" Oman.

Gâlinous est le nom que les Orientaux donnent au célèbre Galien, dont ils ont toujours fait la plus grande estime ; ils prétendent qu'il a composé plus de quatre cents Traités différens sur la médecine, qui presque tous ont été traduits en syriaque, en hébreu et en arabe, et ont été commentés par un grand nombre d'interprètes.

La traduction de Galien en arabe est due à Honayn ben- Ishaq. La bibliothèque royale en possède deux manuscrits, n*" 8(;6 et 930.

Abou-Kerat , Bon- lirai ou Bou-Kratis , sont les noms sous lesquels les Orientaux connaissent Hippocrate, dont les ouvrages ont été traduits de grec en syriaque, puis de syriaque en arabe, par le même Honayn ben-Ishaq.

A l'égard de Belinous , on croit communément que ce nom est celui sous lequel les Arabes ont voulu désigner Pline. Cependant les plus savans orientalistes pensent que ce nom n'est qu'une altération de celui ai Apollonius.

On n'ignore pas que la province d'Espagne, qui conserve encore le nom A' Andalousie , avait tire sa dénomination

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des f^atiJalc.t , par lesquels elle fut long-temps occupée. Cette |irovincc étant la plus méridionale de ce rovanme, est aussi la première dans laquolle abordèrent les Arabes d'Afrique , et il n'est pas étonnant qu'ils aient étendu le nom de cette province à la péninsule entière.

J'ajouterai ici que celte péninsule elle-même est appelée par les Arabes Gezyrch^ c'est-à-dire île; car la langue arabe, n'ayant pas de mot particulier pour exprimer une presqu'île , comprend les îles et les presqu'îles sous la même qualification. C'est ce que n'ont pas assez observé ceux qui, travaillant sur les géograpbes arabes, ont .souvent, d'après l'erreur où les a entraînés leur inattention , cherché dans les mers des positions qui font partie du continent; c'est ainsi que la ville d'yilger, qui n'est certes pas située dans une île, a tiré son nom A'cl-Gezayr (les îles), de.s deux îles, depuis réunies en une, qui jointes au môle forment son port.

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