Abou-Hafedh, Ebn-Ibrahym, Ebn-Edris ^ régna 2o ans
I 3. Le dernier prince de cette dynastie est Edris , second du nom, neveu à' Abou-Hafedh, et qui régna 3 ans.
Quelques auteurs ajoutent encore à cette dynastie quatre autres princes, qui le plus ordinairement forment une dynastie particulière sous le nom d'Edrissiles.
444 '^«JfEîi SUPPLÉMENTAIIIES. LVI. I.VII.
El - JMahady sigaiûe chef, conducteur , directeur des fidèles. Ce surnom est celui que prit Tomroul , pèie iï Ahd-ël-Mounieii, et sous ce titre il réunit à la fois toute raulorité spiiiluclle et ti ruporelle eu Afrique.
Cet cl-Mahady , qu'il ne faut pas confondre avec le priace du mC'iue nom qui fait le sujet de la note page 4^2 du premier volume de ce Recueil , se déclara prophète, et se mit, l'an 5i4 fîe l'hégire, à la tète d'une troupe do brigands et de vagabonds qui habitaient avec lui les montagnes de Sons el- Aqsa. Il prétendait descendre en droite ligue de Housseyrt, ûls d'Aly. Ses partisans s'augmentèrent rapidement, et, en mourant, il laissa à son ûls Abd-cl-Moumen une puissance assez considérable pour le mettre en état de fonder sa douvclle dynastie.
Abou-Aly beu-Sinâ, ou Ebn-Sinâ, est le nom sous k-qaei les Arabes désignent le célèbre médecin et philosophe dont nous avons altéré le nom en celui à'Ai>icenne. Son nom entier, avec ses surnoms , est le suivant : Abou-Aly Hous' seyn, ben-Aùd-allahf ben Sinà, cl Cheykh, él-Reys.
Il nacjuit l'an 3'jo de l'hégire (980 de notre ère), à Af sena , près de Bokhard, dans la Transoxiaue, et il mourut dans la ville de Hamaddn, l'an ,j28 (io36), âgé de 56 ans seulement.
Le plus considérable des ouvrages d'Avicenne porte le litre de Kanoun, et presque tous les médecins qui ont suivi sa doctrine ont travaillé à des commentaires sur cet ouvrage^ <lont le texte arabe a été publié à Rome en 1 SgS dans l'iniprimeiic des célèbres Médicis.
ISOTKS SLPPLÉMENTAIKES LVIII. — LIX. 44^
Ebn-Rached , ou Ebn- Roched , est le nom sous lequel les Arabes connaissent le médecin célèbre que nous nommons Averroès ., dont le nom entier est ^Aou-0«a/f'^ Mohammed, ben- Ahmed, ben-RacheJ. C'est le plus savant philo soplie et le plus habile médecin qu'aient eu les Arabes.
Il était né à Cordoue en Espagne , et il mourut l'an SgS de l'hégire (i 198 de l'ère chrétienne).
Averroès passe pour le premier qui ait traduit de grec en arabe les ouvrages d'Aristote , avant même que les Juifs en eussent fait la traduction dans leur langue. Nous n'avons eu long-temps d'autre texte d'Aristote que la version latine qui a été faite sur la traduction arabe d'Averroès , à laquelle il avait ajouté de très-amples commentaires.
La ville de Fâs , que nous nommons Fez, est située, suivant el-Bâkouy , dans le deuxième climat , à 1 8 degrés 5 minutes de longitude , et à la latitude de Sa degrés 5 minutes. Il donne les détails suivans sur cette ville :
« Fâs , grande ville du Moghreb , dans la partie occiden- >» taie du pays des Berbers : elle est habitée par une peu- >» plade arabe, et est située entre deux collines assez élevées » contre lesquelles s'appuient les maisons. Elle possède plu- » sieurs fontaines , dont les eaux vont se réunir et forment » un large fleuve appelé Mafrouch »
« La ville de Fâs est partagée en deux parties qui for- » ment comme deux villes distinctes , et entourées de mu- » railles. Le pays est très fertile ; on trouve parmi kshabitans » un grand nombre de Juifs. »
446 NOTES StPI'M':MK>TAlHi:S. — LX. — I.XI.
Le nom moderne de la ville que nous appelons Ceuta est formé de celui de Scbtah , que lui donnent les Arabes , et qui lui-même tire son origine de la montagne, ou plutôt du promonloirc qui est près de cette ville , et qui était connu des anciens sous la dénomination de Scpta nions. Voici un extrait de la note A'ël-Bdkouy sur cette ville qu'il place dans le troisième climat :
<< Seblah , ville du Moghreb , située au bord de la mer , » dans le paj's des Berbers. Elle est voisine d'un rocher sur » lequel la tradition raconte des merveilles , etc. •
La ville de Grenade, nommée par les Arabes Ghranatah, ou plutôt Gharnalah , a été pendant long-temps le siège d'une souveraineté musulmane. Voici ce que dit ël-Bdkouy sur cette ville qu'il place dans le cinquième climat :
•i Ghranalah est une ville grande et ancienne , qui n'est 1) pas éloignée d'ël-Beyrah (Béira). Elle est regardée comme )> une des villes les plus belles et les plus fortes de tout le >' pays A' Andalous. La signilicalion de son nom , dans la » langue du pays , équivaut à celle de Roummanch ( une » grenade ) en arabe. Cette ville est arrosée par le Faloum » (Rio de Oro) , rivière dont le sable est mêlé de grains d'or » pur ; la montagne qui l'a voisine est couverte de neige. Ce » pays |)roduit des oliviers d'une nature merveilleuse. A un » certain jour de l'année, lorsque le soleil se lève , les culti- » vateurs prennent de l'eau d'une fontaine qui est aux envi- » rons de la ville, ils en arrosent ces oliviers, et, le même •' jour, ils voient leurs fleurs paraître et se nouer, etc. »
NOTES SUPPLÉMENTAIRES. — f.XIl. — LXIII 44?
Le royaume de Grenade a été enlevé aux Musulmans, l'an 1492 de notre ère, par Ferdinand V, dit le Catholique,
La ville de Salé , que les Arabes nomment Saly et Sala , est célèbre par ses pirateries, et est située à 4o lieues à l'ouest delà ville de Fez, dont elle dépend. Sa latitude est de 34 degrés 10 minutes , et sa longitude de 6 degrés 10 minutes. Elle est bâtie sur le bord de la mer, et partagée, par la rivière de Guerou , en deux villes nommées le vieux Salé et le nojiveau Salé.
Suiv.int êl-Edryssy, il y a neuf journées ou stations de la ville de Marok à celle de Salé. Suivant Hoëst, cette distance n'est que d'environ (io heures de chemin.
Cette ville est nommée Sala par Ptoléraée , par Pline et par Pomponius Mêla , Sela par Léon l'Africain , Salé et Ce/e par Marmol, et Salée par Cardonne et Laraprière.
La Géorgie, qui correspond à l'ancienne Colchide et à l'ancienne Ibérie, est traversée par la chaîne du Caucase et partagée en trois provinces : la Miugrelie, l'Imirette et le Guriel. Ces contrées étaient bien peu connues avant les voyages de M. J. Klaproth , dont la relation si importante 90US les rapports historique , géographique et ethnologique, d'abord publiée en allemand, a été traduite par lui en français, et imprimée à Paris en iSaS.
Ce pays se divisait autrefois en Géorgie turque et Géorgie persane; maintenant il est presque entièrement à la Russie.
La ville de Teflis, sa capitale, est placée par £1 Bâkouy
448 NOTES SUPPLÉxMEMAlRES. I.XIV.
ilans le cinquième climat, k 83 degrés 5 minutes de longi tude et à 43 degrés 5 minâtes de latitude.
« Celte ville, dit-il, est bien fortifiée, et , au-delà de son » territoire , l'islamisme n'est plus établi : elle est la capitale » du pays de Kourgistàn. On assure qu'elle a été fondée par » Khosrou-Anouchiri'dn , et reconstruite par îshaq , fils >. à'Ismayl-Moulà bcn-Ommyah : elle est arrosée par le » fleuve de Kour. Une partie seulement de ses habitans est » musulmane, le resle suit la religion chrétienne; de ma- » nière qu'on sonne les cloches d'un côté du fleuve, tandis » que de l'autre la voix des mouezzins se fait entendre. Ce » territoire produit en abondance l'arbre appelé senouhdr » (le pin) , et on y trouve une fontaine dont l'eau est très- » chaude et n'est utile que pour les bains. »
La ville de Baf^hrUld e.«t placée par êl-Bâhouy dans le troisième climat, à la latitude de 33 degrés 21 minutes , et à la longitude de 80 degrés /î minutes. Voici la notice qu'il donne sur cette ville :
<< Baghddd est la reine des villes, la ville de la paix; l'eau, »> l'air, la terre , tout ce qu'elle renferme ou qu'elle produit, >> y est meilleur que partout ailleurs. Elle a été construite » par el-Afansour : l'horoscope de sa fondation est le lever » du Sagittaire, le soleil étant au premier degré de ce signe. » On y voit le palais qu^e/- Mansorir y fit construire , et, au >i milieu de la ville , la grande mosquée, dont le dôme était " supporte par des colonnes et s'élevait à la hauteur de 80 » coudées. (îe dôme était vert, et au-dessus était placée la » représentation d'un chevalier armé d'une lance. Le som- » met de ce dôme s'est écroulé Tan Saç) de l'hégire (940 de • l'ère chrétienne) , et maintenant il n'en reste plus aucun
.NOUS SD1»PLEME^TAIRES. l.X\ . 4 |t)
» vestige. L'emplacement sur lequel la ville s'est étendue à » [occident était celui d'uu palais de Giafar fils de Yahia • êl-Barmeky^ et il est devenu une gmnde cité très-peuplée, » riche en productions , et où affluent toutes les productions » des .luties contrées. »
La ville de Bassorah ou de Rasrali. est placée par ël- Bâkouj' à la longitude de 8^ degrés 5 minutes, et à la latitude de 3o degrés 5 minutes, dans le troisième climat. ^ oici la notice qu'il en donne :
" El-Basrah est une ville célèbre, qui a été construite " par les Musulmans , nn an et demi avant ht fondation de 1' celle de Koufah. Elle est située près de la mer et est en- » tourée de palmiers et d'arbres de toute espèce. Cependant '« la terre n'y est pas bonne, et l'eau y e>t salée , parce que •• le flux remonte jusqu'à trois journées de chemin au-dessus >> de Basrah. Alors, l'eau du Tygre et de l'Euphrate, se " mêlant aux eaux de la mer, participe h leur salure et à " leur amertume. L'^s phénomènes du flux et du reflux sont >' ici remarquables. C'est près de Basrah que le Tygre et
• l'Euphrate se réunissent en un seul lit, et ne forment
• plus qu'un grand fleuve ; lorsque le courant coule du nord
• au midi, alors il prend le nom de s^ezr. Les eaux revien- » nent ensuite, et remontent du midi vers le nord ; alors le >> courant est appelé madd : ces changemens arrivent deux » fois dans l'espace d'un jour et d'une nuit. On remarque
• à Bflsrah le château blanc , qui est tout environné d'eau , «^ et qui a été élevé par Obeyd-allah-Zaya'l. •>
.|5(1 >()TIS .^UPPI,É>IKM AIHTS. — ].\\ 1. — I.XVII.
LWl.
L'expression de main blanche a un sens métaphorifiuc en arabe, et elle eni|)orte avec elle la si^rnilication tle pom-nir nccitltc ri siirnalurel d'opérer des merveilles. (jOS mois inuin hianche pourraient donc se traduire exactement par iitnm magique et miraculeuse.
Voici l'origine de cette expression :
Les Musulmans ont une très-grande vénération pom Moïse (en arabe Moussa), qui n'est pas moins célèbre parmi eux que chez les Juifs et les Chrétiens. Ils lui donnent le ;;nroom de Kelym- Allah f celui qui s'entretient avec Dieu), à cause des entretiens familiers qu'il eut avec Dieu pendant quarante nuits, comme le rapporte le second chapitre du Koran , qui contient une partie de l'histoire de Moïse.
Ils placent Moïse au temps de Manoutcheher, surnomme Fyrouz^ de la dynastie des Pichdadicns , 2^47 ans avant l'hégire, c'est-à-dire 1727 ans avant notre ère.
Les prodiges qu'il exécuta de\ant Pharaon sont décrits fort au long dans le septième chapitre du Koran , intitulé Saurai cl-Aarafy où il est dit que Dieu , en signe du pouvoir qu'il lui donna, ût paraître sa main d'une blancheur extraordinaire. Ijes Orientaux font allusion à ce passage du Koran, lorsqu'ils disent d'un médecin habile, ou de tout homme qui opère des choses étonnantes, qu'il a la main blanche de Moïse, ou même plus brièvement qu'il a la main blanche.
On sait (juc le jeu dfs échecs nous est veiui des ()rientaux, et nous avons conservé dans ce jeu plusieurs locutions orientales.