INOT. SUPP. XCVII. — XCVIII. XCIX
ce qui n'était par dévoré par la pourriture, excepté un immense et magnifique Roran complet, qu'il ne voulut jamais consentir à me vendre, et qui n'aura pas lardé, sans doute, à être entièrement détruit par l'humidité du souterrain où je l'ai vu.
Mohammed Aly est fils à.^ Ibrahym-Aghâ : il est né à Cavûla en Romélie en 118S de l'hégire (1769 de notre ère, année de la naissance de Napoléon) ; il a été proclamé Pachâ le i4 Safar de l'an 1220 de l'hégire (14 mai i8o5), et confirmé par le sultan Selym III, le 12 Moharrem 1221 (le' avril 1806).
Le formulaire oflSciel des litres qu'il prend en tête de ses actes est le suivant :
« SacJét Hadderét dy-l-eezz, oii-et-temhyn , ou-én- » nasrj ou-el-feih , ou-él-mobeyn , él-hdgg Mohammed- » Aly-Bdchd ; nasr Allah âyâm-ho , ou-nachar he-n-naxr f a'iâm-ho! »
» Son Altesse, le doué de grandeur, de puissance, de » victoire , de conquête , d'intelligence , Mohammed-Aly- » Pachà ; que Dieu protège ses jours , et déploie dans la » victoire ses étendards I »
C'est par erreur que le renvoi à cette note a été indiqué page 475 du second volume de ce Recueil.
Le formulaire officiel , qui se place en tête des firmans , est très-étendu et renferme non-seulement tous les titres
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i]i\ Sultan léguant , mais encore nu grand nombre de vœux en sa faveur : ce qui les dislingue, surtout c'est le toghrâ ou chiffre du Monarque, qui est placé en tête. Du reste ces firmans, chefs-d'œuvre de la chancellerie turke , sont des modèles de calligraphie ; l'écriture en est presque toujours tracée en or et entourée des fleurs les plus élégantes et des arabesques les plus gracieusement enroulés.
Le savant voyageur espagnol Domingo Badia, qui, grâce à ses profondes connaissances des langues et des mœurs de l'Orient, a réussi, en parcourant ces contrées par ordre du prince de la Paz , à s'y faire passer pour musulman et descendant des Abbassides, sous le nom iiî' Aly^Bey-êl-Abbassy, a visité en 180G la mosquée et l'hôpital du Môristân. Yoicl le compte qu'il en rend dans la narration de son voyage.
<t La mosquée du Sultan Qaldoun n'est pas sans mérite ; » mais la chapelle séparée où se trouve le sépulcre de ce >> prince est plus belle encore : cette chapelle est terminée » par une coupole soutenue par de superbes colonnes.
» Je vis dans cette mosquée plusieurs tailleurs occupés à » coudre une immense toile en laine noire , destinée à cou- " vrir la Kaabah , ou maison de Dieu , k la Mekke : cette » toile, qui est envoyée tous les ans du Raire, est une espèce >i de camelot dont le tissu artistement travaillé forme la » profession de foi : // n'y a pas d'autre Dieu que Dieu. » Les caractères, qui ont quelques pouces de grandeur, sont » parsemés dans la toile en guise de fleurs ou d'autres des- » sins. Quand j'entrai à l'endroit où l'on travaillait, les » ouvriers me présentèrent une aiguille et du fil pour coui> drc ; comme c'est un acte pieux et méritoire , je m'cni-