‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 43 sur 86 · A^^A^^AA^W\AA/U · texte numérisé non relu

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Lison, ma câline,

Quittons la colline,

Car le jour décline

Au rouge horizon,

Avant qu'il ne meure,

P rofitons de l'heure :

A notre demeure à

Viens-t'en, ma Lison ! ^

Dans la paix immense

Du soir qui commence

Monte la romance

Des petits grillons,

Et la plaine rase

Que Phébus embrase

Savoure l'extase

Des derniers rayons !

Des voix enjôleuses Sortent des yeuses :

Ce sont les berceuses Des petits oiseaux.

Et, sa porte close, La fermière Rose

soir d'été i5ç

Chante même chose Entre deux berceaux !

C'est l'Heure très pure Où dans la ramure, Passe le murmure Du grand vent calmé; L'Heure langoureuse L'Heure où l'amoureuse, Se suspend, heureuse, Au bras de l'Aimé;

C'est l'heure touchante Où tout nous enchante, Où, la cloche chante L' Angélus, au loin, Et c'est l'heure grise Où la douce brise S'imprègne et se grise De l'odeur du foin ; C'est l'Heure où tout aime Où, las du blasphème, Le Méchant, lui-même, ' Est un peu meilleur :

Le cœur se dépouille De tout ce qui souille . . .

L'Ame s'agenouille Devant le Seigneur !

Lison, ma petite, Prions-Le bien vite Pour qu'on ne se quitte De l'Eternité,

l60 CHANSONS A DIRE

Et qu'il nous convie A fuir cette vie A l'Heure ravie D'un beau Soir d'Eté. . .

(Extrait de " Chansons à Lison ". — Musique de Désiré Dihau

G. Ondet. éditeur.)

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