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Lison, ma câline,
Quittons la colline,
Car le jour décline
Au rouge horizon,
Avant qu'il ne meure,
P rofitons de l'heure :
A notre demeure à
Viens-t'en, ma Lison ! ^
Dans la paix immense
Du soir qui commence
Monte la romance
Des petits grillons,
Et la plaine rase
Que Phébus embrase
Savoure l'extase
Des derniers rayons !
Des voix enjôleuses Sortent des yeuses :
Ce sont les berceuses Des petits oiseaux.
Et, sa porte close, La fermière Rose
soir d'été i5ç
Chante même chose Entre deux berceaux !
C'est l'Heure très pure Où dans la ramure, Passe le murmure Du grand vent calmé; L'Heure langoureuse L'Heure où l'amoureuse, Se suspend, heureuse, Au bras de l'Aimé;
C'est l'heure touchante Où tout nous enchante, Où, la cloche chante L' Angélus, au loin, Et c'est l'heure grise Où la douce brise S'imprègne et se grise De l'odeur du foin ; C'est l'Heure où tout aime Où, las du blasphème, Le Méchant, lui-même, ' Est un peu meilleur :
Le cœur se dépouille De tout ce qui souille . . .
L'Ame s'agenouille Devant le Seigneur !
Lison, ma petite, Prions-Le bien vite Pour qu'on ne se quitte De l'Eternité,
l60 CHANSONS A DIRE
Et qu'il nous convie A fuir cette vie A l'Heure ravie D'un beau Soir d'Eté. . .
(Extrait de " Chansons à Lison ". — Musique de Désiré Dihau
G. Ondet. éditeur.)