IL ETAIT UN PETIT NAVIRE
Il était un petit navire, Il était un tout petit gâs I...
Le gâs était un petit être
Qui pleurait pour être embarqué;
Son navire : un morceau de hêtre
Qui n'avait jamais navigué...
Le gâs avait gréé lui-même
Son navire, tant bien que mal,
Puis, quand vint le jour du Baptême,
L'avait baptisé : Y Idéal !
Il était un petit navire, Il était un tout petit gâs !
Le gâs, tout le long de la grève, Suivait son navire en rêvant, En rêvant au pays du Rêve Dont on lui parlait trop souvent...
Or, un jour, la Vague démente Emporta le frêle bateau...
Sans prendre garde à la Tourmente Le petit gâs entra dans Teau...
Il était un petit navire, II était un tout petit gâs !
Et, depuis lors, sans paix ni trêve, Le navire et le petit gâs Voguent vers le pays du Rêve, L'un serrant l'autre dans ses bras ..
Du petit gâs ne faut point rire, Amis, nous mourons de son Mal :
Chaque jour un de nous chavire En courant après Y Idéal !
Pour le même petit Navire Combien meurent de pauvres Gâs!!!
(Musique de Désiré Dihau. — G. Ondet, éditeur.)
opp
:hanson des petits sapins
uvez-vous pourquoi les petits Sapins ont on a couvert la côte bretonne hantent un refrain triste et monotone orsque le Vent souffle au creux des ravins?
avez-vous pourquoi les petits Sapins, .orsque le soleil brûle leur échine, dissent échapper ces pleurs de résine J[ui font le régal de nos galopins?
3avez-vous pourquoi les petits Sapins Agitent leurs bras, choquent leurs aiguilles Quand passent, là-bas, entre les Sept-Iles, Les bateaux danois, les fiers brigantins?
Ils songent, alors, les petits Sapins, Qu'ils sont du Pays toujours blanc de neige ; Ils ont reconnu les vents de Norvège Dans les Norouas venus des lointains ;
Ils ont reconnu, les petits Sapins, Les marins Danois, beaux et téméraires...
Ils ont reconnu, surtout, leurs grands frères, Les sapins géants, dans les mâts hautains ;
Ils voudraient partir, les petits Sapins, S'en aller aussi vers les mers arctiques; Mais ils sont, hélas ! maigres, rachitiques : Les géants riraient de voir tous ces nains !
... Et voilà pourquoi les pauvres petits,
Quand \ient à souffler le grand vent d'Automne,
Chantent un Refrain triste et monotone :
C'est qu'ils ont aussi le mal du Pays!