‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 61 sur 86 · COMPLAINTE D'EXIL · texte numérisé non relu

COMPLAINTE D'EXIL

Sous le ciel bleu de la Provence, O ma Bretagne! O mon pays!

A toi, toujours à toi je pense...

Sous le ciel bleu de la Provence Je soupire après ton ciel gris !

Devant la Méditerranée

Douce comme un regard d'enfant

Je songe à ta vague obstinée...

Devant la Méditerranée

Je songe à ton rude Océan !

Devant ces arbres fantastiques :

Les eucalyptus, les palmiers, Je songe à tes arbres rustiques...

Devant les géants des tropiques, Je songe à tes petits pommiers !

Devant les mimosas, les roses,

La flore de toutes saisons,

Je songe à de plus humbles choses...

Devant les mimosas, les roses

Je songe à tes pauvres ajoncs !

Devant les grandes routes blanches,

Les larges chemins poussiéreux,

Je songe aux sentiers sous les branches ;

Devant les belles routes blanches,

Je songe à tes vieux chemins creux!

Devant les demeures princières, Temples de richesse et d'amour, Je songe à tes humbles chaumières...

Devant les demeures princières, Je songe à tes clochers à jour!

L'Hiver venu, mon corps s'éloigne...

Mais mon cœur reste auprès de toi !

Que cette complainte en témoigne, Arvor : de toi plus je m'éloigne, Plus tu te rapproches de moi !

Cannes, février içoo.

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