COMPLAINTE D'EXIL
Sous le ciel bleu de la Provence, O ma Bretagne! O mon pays!
A toi, toujours à toi je pense...
Sous le ciel bleu de la Provence Je soupire après ton ciel gris !
Devant la Méditerranée
Douce comme un regard d'enfant
Je songe à ta vague obstinée...
Devant la Méditerranée
Je songe à ton rude Océan !
Devant ces arbres fantastiques :
Les eucalyptus, les palmiers, Je songe à tes arbres rustiques...
Devant les géants des tropiques, Je songe à tes petits pommiers !
Devant les mimosas, les roses,
La flore de toutes saisons,
Je songe à de plus humbles choses...
Devant les mimosas, les roses
Je songe à tes pauvres ajoncs !
Devant les grandes routes blanches,
Les larges chemins poussiéreux,
Je songe aux sentiers sous les branches ;
Devant les belles routes blanches,
Je songe à tes vieux chemins creux!
Devant les demeures princières, Temples de richesse et d'amour, Je songe à tes humbles chaumières...
Devant les demeures princières, Je songe à tes clochers à jour!
L'Hiver venu, mon corps s'éloigne...
Mais mon cœur reste auprès de toi !
Que cette complainte en témoigne, Arvor : de toi plus je m'éloigne, Plus tu te rapproches de moi !
Cannes, février içoo.