LA LETTRE DE LA FAUVETTE
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Hier y dans Vècorce béante D'un vieux chêne fleuri de houx — Primitive poste-restante — J'ai découvert ce billet doux •
« Monsieur Pinson, propriétaire, Professeur de chant, demeurant Dans le grand jardin du notaire Sur le troisième arbre, en entrant.
Monsieur, j'ai reçu votre lettre Toute palpitante d'amour; Je suis imprudente, peut-être, En y répondant à mon tour,
Car bien des jaloux, à la ronde, Nous observent d'un œil furtif...
Que nous veut donc ce .méchant monde, Puisque c'est pour le bon motif?
Puis, si maman savait la chose, Tout serait bel et bien fini !
Sans examiner notre cause Elle me chasserait du nid.
Et je ne veux pas qu'elle pleure Surtout, surtout en ce moment!
Songez!... je ne suis pas majeure:
Il nous faut son consentement I
Je vous écris donc, en cachette, Sur la feuille d'un romarin :
La crainte me trouble la tête ; C'est pourquoi je griffonne un brin.
Et, tandis que ma plume folle Cause gaîment de Pavenir, Auprès de vous mon cœur s'envole Sur les ailes du souvenir.
Nous nous vîmes, à la vendange, Tous deux, pour la première fois, A la noce d'une mésange Avec un rossignol des bois.
Vous escortiez une hirondelle Qui n'y voyait plus que d'un œil ; Pour moi, je m'appuyais sur l'aile D'un vieux galantin de bouvreuil.
D'un commun accord, nous quittâmes Nos compagnons laids et quinteux, Et, côte à côte, nous marchâmes Sans plus nous inquiéter d'eux.