LA LETTRE DE LA FAUVETTE
Un merle, aussi noir qu'un diable, Consacra vite l'union; Un vieux capucin vénérable Donna sa bénédiction;
Puis, ensuite, au bal, sur la mousse, Vous n'avez dansé qu'avec moi, Me parlant d'une voix si douce Que je croyais mourir d'émoi.
Mais ce ne fut pas sans murmures Que nous quittâmes le festin :
En avons-nous mangé des mûres Et picoré du bon raisin !
Pour finir, vous m'avez grisée Sans pitié, monsieur l'enjôleur, En versant l'exquise rosée Dans le calice d'une fleur.
Si bien que je perdais la tête, Chancelant comme les roseaux...
C'est joli pour une fauvette Qui sort du Couvent des Oiseaux !
Comme, la nuit, je suis peureuse, Tous deux nous prîmes notre vol, Pendant que la mésange, heureuse, Fuyait avec son rossignol.
Et, ma foi, puisque j'entends dire Que j'atteins l'âge de l'amour, Comme eux deux je voudrais construire Un beau petit nid, à mon tour.
A nous aimer tout nous invite; Notre avenir sera charmant !
Allons, monsieur, venez bien vite Demander ma patte à maman.
J'aurais bien des choses à mettre; Mais, vraiment, c'est assez jaser...
Je termine donc cette lettre Et cacheté avec un baiser.
Et, tandis que mon cœur en fête De l'espoir chante la chanson, Je signe encor : Mimi Fauvette, En attendant : Mimi Pinson !
(Musique de Georges Hamel. -• o. Ondet. editeur.j