ÉCRITE PAR LUI-MÊME
Je naquis dans la ville de Candie, en 1600. Mon père en était gouverneur, et je me souviens qu'un poète médiocre, qui n'était pas médiocrement dur, nommé Iro, fit de mauvais vers à ma louange, dans lesquels il me faisait descendre de Minos en droite ligne. 5
Mon père m'envoya, à l'âge de quinze ans, étudier à Rome. J'arrivai dans l'espérance d'apprendre toutes les vérités ; car, jusque-là, on m'avait enseigné tout le contraire, selon l'usage de ce bas monde, depuis la Chine jusqu'aux Alpes. Monsignor Profonde, à qui j'étais recom- lo mandé, était un homme singulier, et un des plus terribles savants qu'il y eût au monde. Il voulut m'apprendre les catégories d'Aristote : je l'échappai belle ! Je vis des processions, des exorcismes, et quelques rapines^ mais, en même temps, je courus risque d'être excom- 15 munie et empoisomié. Je partis, très content de l'architecture de Saint-Pierre.
Je voyageai en France ; c'était le temps du règne de Louis le Juste. La première chose qu'on me demanda, ce fut si je voulais, à mon déjeuner, un petit morceau 20 du maréchal d'Ancre, dont le peuple avait fait rôtir la chair, et qu'on distribuait à fort bon compte à ceux qui en voulaient.
Cet État était continuellement en proie aux guerres civiles, quelquefois pour une place au conseil, quelque- 25 fois pour deux pages de controverse. Il y avait plus de soixante ans que ce feu, tantôt couvert et tantôt soufflé avec violence, désolait ces beaux climats. C'étaient là les libertés de l'Eglise galUcane.
— Hélas ! dis-je, ce peuple est pourtant né doux ! 30
qui peut l'avoir tiré ainsi de son caractère ? Il plaisante, et il fait des Saint-Barthélémy. Heureux le temps où il ne fera que plaisanter !
Je passai en Angleterre : les mêmes querelles y
5 excitaient les mêmes fureurs. De saints catholiques avaient résolu, pour le bien de l'Église, de faire sauter en l'air, avec de la poudre, le roi, la famille royale et tout le parlement, et de délivrer l'Angleterre de ces hérétiques. On me montra la place où la bienlieureuse
10 reine Marie, fille de Henri VIII, avait fait brûler plus de cinq cents de ses sujets. Un prêtre ibernois m'assura que c'était une très belle action : premièrement, parce que ceux qu'on avait tués étaient Anglais ; en second lieu, parce qu'ils ne prenaient jamais d'eau bénite.
15 II s'étoimait surtout que la reine Marie ne fût pas encore canonisée ; mais il espérait qu'elle le serait bientôt, quand le cardinal neveu aurait un peu de loisir.
J'allai en Hollande, où j'espérais trouver plus de tranquillité chez des peui^les plus flegmatiques. On coupait
20 la tête à un vieillard vénérable lorsque j'arrivai à la Haye. C'était la tête chauve du premier ministre Barneveldt, l'homme qui avait le mieux mérité de la république. Touché de pitié, je demandai quel était son crime, et s'il avait trahi l'État.
25 — Il a fait bien pis, me répondit un prcdicant à manteau noir ; c'est un homme qui croit que l'on peut se sauver par les bonnes œuvres aussi bien que par la foi. Vous sentez bien que, si de telles opinions s'établissaient, une république ne pourrait subsister, et qu'il faut
80 des lois sévères pour réprimer de si scandaleuses horreurs.
Un profond politique du pays me dit en soupirant :
— Hélas ! monsieur, le bon tem])s ne durera pas toujoui's ;
ce n'est que par hasard que ce i)euple est si zélé ; le fond
de son caractère est porté au dogme abominable de la
35 tolérance ; un jour, il y viendra : cela fait frémir.
Pour moi, en attendant que ce temps funeste de la modération et de l'indulgence fût arrivé, je quittai bien vite un pays où la sévérité n'était adoucie par aucun agrément, et je m'embarquai pour l'Espagne.
6JC'2l *
114 VOYAGES DE SCARMEXTADO
La cour était à Séville, les galions étaient arrivés, tout respirait l'abondance et la joie dans la plus belle Baison de l'année. Je vis, au bout d'une allée d'orangers et de citronniers, une espèce de lice immense entourée de gradins couverts d' étoffes précieuses. Le roi, la reine, 5 les infants, les infantes étaient sous un dais superbe. Vis-à-vis de cette auguste famille était un autre trône, mais plus élevé. Je dis à un de mes compagnons de voyage : ' A moins que ce trône ne soit réservé pour Dieu, je ne vois pas à quoi il peut servir.' Ces indis- lo crêtes paroles furent entendues d'un grave Espagnol, et me coûtèrent cher. Cependant je m'imaginais que nous allions voir quelque carrousel ou quelque fête de taureaux, lorsque le Grand Inquisiteur parut sur ce trône, d'où il bénit le roi et le peuple. 15
Ensuite vint une armée de moines défilant deux à deux, blancs, noirs, gris, chaussés, déchaussés, avec barbe, sans barbe, avec capuchon pointu et sans capuchon ; puis marchait le bourreau ; puis on voyait, au miheu des alguazils et des gi'ands, environ quarante personnes 20 couvertes de sacs sur lesquels on avait peint des diables et des flammes : c'étaient des juifs qui n'avaient pas voulu renoncer absolument à Moïse, c'étaient des chrétiens qui avaient épousé leurs commères, ou qui n'avaient pas adoré Notre-Dame d'Atocha, ou qui 25 n'avaient pas voulu se défaire de leur argent comptant en faveur des frères hiéronj'mites. On clianta dévotement de très belles prières, après quoi on brûla à petit feu tous les coupables : de quoi toute la famille royale parut extrêmement édifiée. 30
Le soir, dans le temps que j'allais me mettre au lit, arrivèrent chez moi deux FamQiers de l'Inquisition avec la sainte Hermandad : ils m'embrassèrent tendrement, et m'emmenèrent, sans me dire un seul mot, dans un cachot très frais, meublé d'un lit de natte et d'un beau 35 crucifix. Je restai là six semaines, au bout desquelles le révérend père inquisiteur m'envoj'a prier de venir lui parler : il me serra quelque temps entre ses bras avec U!ie affection toute paternelle ; il me di* qu'il était
sincèrement affligé d'avoir appris que je fusse si mal logé, mais que tous les appartements de la maison étaient remplis, et qu'une autre fois il espérait que je serais plus à mon aise. Ensuite il me demanda cordialement si
5 je ne savais pas pourquoi j'étais là. Je dis au révérend père que c'était apparemment pour mes péchés.
— Eh bien ! mon cher enfant, pour quel péché ? parlez-moi avec confiance.
J'eus beau imaginer, je ne devinai point. Il me mit
10 charitablement sur les voies.
Enfin je me souvins de mes indiscrètes paroles. J'en fus quitte pour la discipline et une amende de trente mille réaies. On me mena faire la révérence au Grand Inquisiteur : c'était un homme poli, qui me demanda comment
15 j'avais trouvé sa petite fête. Je lui dis que cela était délicieux ; et j'allai presser mes compagnons de vo3-age de quitter ce paj^s, tout beau qu'il est. Ils avaient eu le temps de s'instruire de toutes les grandes choses que les Espagnols avaient faites pour la reUgion. Ils avaient lu
20 les mémoires du fameux évêque de Chiapa, par lesquels il paraît qu'on avait égorgé, ou brûlé, ou noyé dix milhons d'infidèles en Amérique, pour les convertir. Je crus que cet évêque exagérait ; mais, quand on réduirait ces sacrifices à cinq millions de victimes, cela
25 serait encore admirable.
Le désir de voj^ager me pressait toujours. J'avais compté finir mon tour de l'Europe par la Turquie : nous en prîmes la route. Je me proposai bien de ne plus dire mon avis sur les fêtes que je verrais. ' Ces Turcs, dis-je
30 à mes compagnons, sont des mécréants qui n'ont point été baptisés et qui, par conséquent, seront bien plus cruels que les révérends pères intjuisiteurs. Gardons le silence quand nous serons chez les maliométans.'
J'allai donc chez eux. Je fus étrangement surpris
35 de voir en Turquie beaucouji plus d'églises chrétiennes qu'il n'y en avait dans Candie. J'y vis jusqu'à des troupes nombreuses de moines qu'on laissait prier la Vierge Marie librement, et maudire Mahomet, ceux-ci eu grec, ceux-là en latin, quelques autres en arménien. ' Lea
]]C, VnYAr;ES de SrARMEXTADO
bonnes gens que les Turcs ! ' m'écriai- je. Les chrétiens grecs et les chrétiens latins étaient ennemis mortels dans Constantinople ; ces esclaves se persécutaient les uns les autres comme des chiens qui se mordent dans la rue et à qui leurs maîtres donnent des coups de bâton pour 5 les séparer. Le grand vizir protégeait alors les Grecs. Le patriarche grec m'accusa d'avoir soupe chez le patriarche latin, et je fus condamné en plein divan à cent coups de latte sur la plante des pieds, rachetables de cinq cents sequins. Le lendemain, le grand vizir fut lo étranglé ; le surlendemain, son successeur, qui était pour le parti des Latins, et qui ne fut étranglé qu'un mois après, me condamna à la même amende pour avoir soupe cliez le patriarche grec. Je fus dans la triste nécessité de ne plus fréquenter ni l'église gi'ecque ni la 15 latine, et je m'enfuis vite en Perse.
En arrivant à Ispahan, on me demanda si j'étais pour le mouton noir ou pour le mouton blanc. Je répondis que cela m'était fort indifférent, pourvu qu'il fût tendre. Il faut savoir que les factions du mouton blanc et du 20 mouton noir partageaient encore les Persans. On crut que je me moquais des deux partis, de sorte que je me trouvai déjà une violente affaire sur les bras aux portas de la ville : il m'en coûta encore grand nombre de sequins pour me débarrasser des moutons. 25
Je poussai jusqu'à la Chine, avec un interprète qui m'assura que c'était là le pays où l'on vivait librement et gaiement. Les Tartares s'en étaient rendus maîtres après avoir tout mis à feu et à sang, et les révérends pères jésuites d'un côté, comme les révérends pères dominicains 80 de l'autre, disaient qu'ils y gagnaient des âmes à Dieu, sans que personne en sût rien. On n"a jamais vu de convertisseurs si zélés ; car ils se persécutaient les uns les autres tour à tour : ils écrivaient à Rome des volumes de calomnies ; ils se traitaient d'infidèles et de prévarica- 3ô teurs pour une âme. Il y avait surtout une horrible querelle entre eux sur la manière de faire la révérence : les jésuites voulaient que les Chinois saluassent .leurs pères et -leurs mères à la mode de Ja Chine, et les domirii-
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eains voulaient qu'on les saluât à la mode de Rome. Il m'arriva d'être pris, par les jésuites, pour un dominicain. On me fit passer, chez Sa Majesté tartare, pour un espion du pape. Le conseil suprême chargea un pre- 5 mier mandarin, qui ordonna à un sergent, qui commanda à quatre sbires du paj's de m'arrêter et de me lier en cérémonie. Je fus conduit, après cent quarante génuflexions, devant Sa Majesté. Elle me fit demander si j'étais l'espion du pape, et s'il était vrai que ce prince
10 dût venir en personne le détrôner. Je lui répondis que le pape était un prêtre de soixante-dix ans, qu'il demeurait à quatre mille lieues de sa sacrée Majesté tartarochinoise, qu'il avait environ deux mille soldats qui montaient la garde avec un parasol, qu'il ne détrônait
15 personne, et que Sa Majesté pouvait clormir en sûreté.
Ce fut l'aventure la moins funeste de ma vie. On
m'envoya à Macao, d'où je m'embarquai pour l'Europe.
Mon vaisseau eut besoin d'être radoubé vers les côtes
de Golconde. Je pris ce temps pour aller voir la cour
CO du grand Aureng-Zeb, dont on disait des merveilles dans le monde : il était alors dans Delhi. J'eus la consolation de l'envisager le jour de la pompeuse cérémonie dans laquelle il reçut le présent céleste que lui envoyait le shérif de la Mecque : c'était le balai avec lequel on avait
25 balayé la maison sainte, le caaha, le beth Alla. Ce balai est le symbole du balai divin, qui balaj'e toutes les ordures de l'âme. Aureng-Zeb ne paraissait pas en avoir besoin ; c'était l'homme le plus pieux de tout l'Indoustan. 11 est vrai qu'il avait égorgé un de ses frères et empoisonné
30 son père ; vingt rajas et autant d'omras étaient morts dans les supplices ; mais cela n'était rien, et on ne parlait cjue de sa dévotion. On ne lui comparait que la sacrée majesté du sérénissime empereur de Maroc, Muley Ismaël, qui coupait des têtes tous les vendredis après la
35 prière.
Je ne disais mot ; les voj^iges m'avaient formé, et je sentais qu'il ne m'appartenait pas de décider entre ces deux augustes souverains. Un jeune Français, avec qui je logeais, manqua, je l'avoue, de respect à l'empereur des
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Indes et à celui de Maroc : il s'avisa de dire très indiscrètement qu'il y avait en Europe de très pieux souverains qui gouvernaient bien leurs États, et qui fréquentaient même les églises, sans pourtant tuer leurs pères et leurs frères, et sans couper les têtes de leurs sujets. Notre 5 interprète transmit en hindou ce discours impie de mon jeune homme. Instruit par le passé, je fis vite seller mes chameaux; nous partîmes, le Français et moi. J'ai su depuis que, la nuit même, les officiers du grand Aureng-Zeb étant venus pour nous prendre, ils ne lo trouvèrent que l'interprète : il fut exécuté en place publique ; et tous les courtisans avouèrent sans flatterie que sa mort était très juste.
■ 11 me restait de voir l'Afrique, pour jouir de toutes les douceurs de notre continent. Je la vis en effet. Mon 10 vaisseau fut pris par des corsaires nègres. Notre patron fit de gi'andes plaintes, il leur demanda pourquoi ils violaient ainsi les lois des nations.
Le capitaine nègre lui répondit : — ^ ous avez le nez long, et nous l'avons plat ; vos cheveux sont tout droits, -20 et notre laine est frisée ; vous avez la peau de couleur de cendre, et nous de couleur d'ébène ; par conséquent nous devons, par les lois sacrées de la nature, être toujours ennemis. Vous nous achetez aux foires de la côte de Guinée, comme des bêtes de somme, pour nous faire 25 travailler à je ne sais quel emploi aussi pénible que ridicule. Vous nous faites fouiller, dans des montagnes, pour en tirer une espèce de teiTe jaune qui, par ellemême, n'est bonne à rien, et cpii ne vaut pas, à beaucoup près, un bon oignon d'Égj^Dte ; aussi, cpiand nous vous 30 rencontrons, et que nous sommes les plus forts, nous vous faisons labourer nos champs ou nous vous coupons le nez et les oreilles.
On n'avait rien à réplicpier à un discours si sage. J'allai labourer le champ d'une vieille négresse, pour conserver 35 mes oreilles et mon nez. On me racheta au bout d'un an. J'avais \"u tout ce qu'il y a de beau, de bon et d'admirable sur la terre : je résolus de ne plus voir que mes pénates. Je me mariai chez moi : et je vis que c'était l'état le plus doux de la vie. 40
Page 1. 1. 1. génie, ' genius,' in its original sensé, the tutelar spirit, the ruling or protecting power over men, places, or thinge- In 1. 14 the génie is called ange, and his name Ituriel, ' the spear of God,' is that of the angel whom Miltonrepresents as discovering the présence of Satan in the Garden of Eden.
1. 3. la haute A-'iie. The mountainous plateaus of Central Asia, the district in which civilization is thought to hâve originated.
1. 4. Scythe. The name Scythians is given vaguely to ail the nomadic tribes who wandered over Eastern Europe and the north-west of Asia.
1. 5. rOxus (pron. the s). The Amu-Daria, which now flows north-west into the Sea of Aral, but is thought to hâve formerly craptied itself into the Caspian.
1. 6. Perses is tlie name given to the ancient Persians : it is also an adjective, though Voltaire, 1. 20, employs persan as the adjective, and in p. 3, 1. 20, as a noun. The latter word is used in speaking of the inhabitants of modem Persia.
1. 8. Persépolis, the Greek name of one of the cliief cities of the ancient Persian empire, and its capital under Darius and Xerxes. Its ruins, north-cast of Shiraz. are said to be still impressive.
1. 20. Sennaar, or Shumir, ' tlie land of Sliinar ' of the Book of Genesis, is the southern part of the plain of the Euphrates and the Tigris.
1. 21. V armée indienne. Voltaire is not relating historical facts, but setting out a picturesque backgiound for Iiisallegory, which appeared during tho war of the Austrian Succession and is of course directcd against France.
1. 24. je n'en sais rien. Cf.: 'Ces multitudes s'acharnent les unes contre les autres, non seulement sans avoir intérêt au procès, mais sans .savoir de quoi il s'agit.' — Voltaire, Dict. philosophique.
1. 28. demi-drachme. A drachm was a Greek weight of about the hundrcdth part of a pound avoirdupois.
Paok 2. 1.8. Commeyit voulez-vnvs . . , , how do you oxpoct ... ?
1.17. satrapr, ' satrap ' : Iho ({rock ahbroviatioii of a Prrsian nanio for tlic goycrnor of a province; but Voltaire uses the word loosely : ef. p. 5, 1. .36, ' satrape de la loi,' and Zadig, p. 29, 1. îl, ' le premier satrape, chargé du soin de la ville.'
1.20. darique, ' daric,' a Persian gold coin of a value estimated at between twenty and twcnty-five shillings.
1. 32. r univers souffre. Voltaire always spoke bitterly about war. Cf. Micromégas, c. vii, and the Dict. philosophique : ' Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l'héroïsme sera ce qu'il y a de plus affreux dans la nature entière.'
Page 3. 1.4. faire battre leur chef. Note the construction. Leur chef is the object of battre, as in ' Ce n'était pas assez d'être un grand général pour n'être pas mis en déroute . . . car un seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général le pouvait aisément sans se commettre.'— Siècle de Lovis XI W c. IH. The author is satirizing the incompétence of the gênerais, and may hâve had in liis mind the blunders of Grammont at Dettingen three years before.
Page 4. 1. 1. Vancienne etUrée. Persépolis represents Paris. L'ancienne entrée, at the time when ci\ilization spread from Rome and Italy, was naturally from the soutli, and tlie district described is the old Faubourg Saint-Marceau in the neighbourhood of the présent Boulevard Saint-Marcel. Rousseau speaks still more stronglj' of its condition in 17.32: ' En entrant par le Faubourg Saint-Marceau je ne vis que de petites rues sales et puantes, de vilaines maisons noires, l'air de malpropreté de la pauvreté ; des mendiants, des charretiers, des ravaudeuses, des crieuses de tisane et de vieux chapeaux.' — Confession.^, i. 4.
1. 4. se ressentait. Cf. 'je me sens,' p. 6, 1. 21, and note.
1. l.'î. chaises de paille. In many French churchee strawseated chairs may be hired for a sou.
1. 19. temple, which at the présent day implies a Protestant place of worship, is hère used to kcep up the Eastern imagery.
1. 22. onagre (masc), a wild ass ; properly, the wild ass of North-West India.
1. 23. Pictaves, the Celtic tribe from which Poitou derived its name. Voltaire lias probably taken the name at random, as is his habit with proper nanies.