LE GAIÎDIEN DU VIEUX PHARE
les mettrai dans le feu... Quia cqnul Domimim miserlcorc/i a... S ouffle^ bon vent, souffle comme le jorn* où je revenais avec Dona !"
Elle était arrivée pi'ès de la hisquine, qu'elle longea
5 en chercliant l'endroit le plus favorable. Les flancs
du navire, desséchés la veille par le cbauffage et
brillants de brai encore humide, semblaient préparés
pour rincendie ; mais il fallait que celui-ci fût assez
rapide pour surprendre le meurtrier de Donatien
30 dans son sommeil et lui rendre la fuite impossible.
La ■pâlotte revint plusieurs fois sur ses pas comme si
elle hésitait à choisir; enfin elle s'arx'êta à la poupe
-et en approcha un des tisons. Au premier contact,
le bitume s'alluma avec un léger pétillement, et la
25 flamme, suivant la couture récemment calfatée, s'é-
lanca le loner de la carène comme une lig-ne de feu.
Gcorgi ne put retenir une exclamation de joie.
" Ils brûlent ! ils brûlent !" psalmodia-t-elle en riant. . .''^ah! ah! ah!. . .sustlnui te, Domine. . .Dona W sera content."
Elle avait approché le second tison, et un nouveau cercle enflammé commençait à courir, quand un bruit de pas retentit au détour de la jetée. Occupée de son œuvre de destruction, la ijâlotte n'y prit point 25 garde. Cependant les pas approchaient. Tout à coup deux cris partirent; Georgi se retourna efî'ra^-ëe et voulut fuir. Il était déjà trop tard ; la main de maître Simon venait de la saisir.
" Que fais-tu là, malheureuse ?" s'écria le vieux so marin.
" Pardieu ! vous le voyez," dit Merlet ; " elle met le feu au navire de Bardanou."